Courrier

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Ci dessous vous trouverez les différents courriers que les pêcheurs de la FGSP désirent publier dans un but d'information.

Préambule:

Cadre dans lequel s’inscrit la pêche à Genève.

(Situation qui a poussé les pêcheurs à lancer et déposer leur initiative (IN 108)

Le canton possède 27 km de rivières.

Seulement 800 m sont adaptés à l’exercice de la pêche soit depuis le barrage du Seujet à la Jonction du Rhône et de l’Arve. (Sortie du lac).

Malheureusement, la construction du barrage du Seujet à détruit les dernières frayères qui existaient sur ce parcours et la politique de repeuplement du département ne permet aucune reproduction naturelle.

En ce qui concerne tous les autres cours d’eaux du canton, le constat est plus qu’alarmant.

  1. Il n’existe plus aucun potentiel de reproduction naturelle.
  2. Nous ne possédons aucune installation piscicole, (pisciculture, ruisseaux d’élevage, etc. ) capable de soutenir les populations piscicoles.
  3. Nos cours d’eau sont devenus des milieux comateux et ne sont pas capables de supporter une densité acceptable de population piscicole.
  4. Les indicateurs de santé de nos rivières sont au rouge.
  5. Les débits des rivières sont de plus en plus irréguliers.
  6. Les travaux de protection contre les crues ont dégradé la vie biologique des fonds et des rives.
  7. Dans tous les projets de construction, c’est toujours la rivière qui a eu le tort de se trouver là.
  8. L’Aire est interdite aux pompages et à la pêche depuis plus de 20 ans !
  9. La Seymaz est bétonnée et atrophiée.
  10. L Hermance souffre d’étiage et de pollution.
  11. La Laire subit des assèchements en été.
  12. L’Allondon et la Versoix ont perdu une grande partie de leurs débits et sont sujettes aux pollutions chroniques des STEPS et de l’agriculture.
  13. Dans tous nos cours d’eau, la capacité d’accueil des populations piscicoles se trouve réduite presque à néant.
  14. Nos cours d’eau ont perdu plus du 90% de leurs populations piscicoles notamment suite à la gestion irresponsable des peuplements piscicoles pratiqués ces 15 dernières années.
  15. Il n’existe aucun accès aisé pour la formation et pratique de la pêche pour les jeunes et les anciens. Nous sommes donc obligés de nous expatrier.
  16. La cerise sur le gâteau est la vidange triennale du barrage de Verbois qui donne le coup de grâce en massacrant toute la population piscicole du Rhône genevois. Elle interdit toute reproduction des espèces.
  17. Etc.

Nos élus ont cautionné toutes les actions qui ont conduit à cette dégradation. Aujourd’hui, ils restent solidaires et s’opposent tous à l’initiative des pêcheurs car accepter l’initiative des pêcheurs c’est admettre les erreurs du passé.

Il faut rompre avec un affichage de bon ton qui disait " On a beaucoup travaillé, ça progresse bien, mais il y a encore à faire, certains ne sont pas prêts ". Il faut faire face aux réalités de notre temps, relever nos manches, se mettre à l’ouvrage et se tourner vers une gestion régionale de la pêche qui ne doit pas être sujette aux sautes d’humeurs de quelques privilégiés ou des gouvernements.

Courriers envoyés à la TRIBUNE DE GENEVE

6 mars 1999

Concerne : l’article de monsieur marc Bretton intitulé "  La saison de la pêche démarre sur fond de bisbilles entre mordus du hameçon " paru le 6 mars 1999 dans votre quotidien.

Le 18 avril le peuple n’a pas à trancher une vielle querelle entre associations de pêcheurs mais entre une nouvelle gestion régionale de la pêche proposée par l’initiative copernicienne des pêcheurs (elle appelle à changer nos mentalités) et un contre-projet, rétrograde, teinté de xénophobie et qui isole Genève, proposé par le Conseil d’Etat.

En effet, la Fédération Genevoise des Sociétés de pêche n’est pas la rivale d’autres associations, comme on veut le faire croire, mais bel et bien la rivale de l’Etat, qui est mis au pilori pour sa gestion piscicole catastrophique.

C’est la principale raison qui a poussé 95% des pêcheurs et 15000 électeurs à demander au peuple, par l’initiative IN 108, que la gestion de la pêche soit assurée par les pêcheurs, en proposant une nouvelle collaboration entre l’Etat et la fédération qui représente les pêcheurs genevois.

Il est naturel et heureux que dans notre démocratie des sensibilités différentes s’expriment. Si certaines d’entre-elles, ne se sentent pas représentées ou ne veulent pas être représentées par quelqu’un, il incombe à l’Etat de les représenter et ainsi garantir la protection des minorités.

Dès lors, la nouvelle collaboration entre l’Etat, représentant la population et les sensibilités concernées, et la Fédération, représentant les pêcheurs, ne peut être que profitable à la République et canton de Genève.

Malheureusement l’Etat ne veut pas de la collaboration avec les pêcheurs et il le fait clairement savoir par son contreprojet opposé à l’initiative des pêcheurs IN 108.

C’est pourtant ces derniers qui ont toujours fait tous les efforts d’élevage, de repeuplement et d’aménagements des cours d’eau genevois en plus de leur financement du fonds piscicole alimenté par le 60% du prix des permis de pêche.

L’Etat craint que l’efficacité des pêcheurs, dans le domaine qu’ils excellent, ne mette à jour les incompétences criardes de ses départements et services.

Il n’a ni les moyens, ni les idées, ni la force du bénévolat des pêcheurs. Il est dès lors compréhensible que la collaboration s’impose en lieu et place du totalitarisme actuel.

Cela impliquera que l’Etat devra aussi retrousser ses manches et se mettre à l’ouvrage aux côtés des pêcheurs, dans le cadre d’une démocratie participative.

Les centaines de pêcheurs bénévoles ont un rôle social, économique, culturel et environnemental irremplaçable puisqu’ils participent activement à la vie collective, dans l’esprit du développement durable.

Le peuple n’est pas dupe et il accordera sa confiance aux pêcheurs, le 18 avril 1999 pour le bien des générations futures.

Valerio ZUODAR, président de la FGSP

Genève, le 13 avril 1999

ZERO DE CONDUITE

Je tiens à préciser que la fédération genevoise des sociétés de pêche et ses membres ne participent à aucune " guerre des pêcheurs " et qu’ils ont toujours fait preuve d’égards et de correction depuis le début de leur initiative IN 108 (récolte des signatures) jusqu’à aujourd’hui où ils font campagne pour permettre à nos générations futures de pratiquer un sport sain et respectueux, au contact de la nature. La chancellerie, le service genevois des votations et la Police peuvent en témoigner.

Par conséquent, les personnes qui jouent toutes seules aux cow-boys, qui " tirent à vue " sur les pêcheurs et qui détruisent leur campagne d’affichage et le bien d’autrui doivent être condamnées par leurs pairs, la classe politique et la population genevoise.

Les partis politiques et les agriculteurs ne font pas campagne contre l’initiative des pêcheurs. Ils ont compris qu’ils ont été trompés car ils ont été obligés de prendre précipitamment position uniquement sur la base des arguments de M. Robert CRAMER. Ils n’ont donc pas pris connaissance des arguments des initiants et n’ont pas consulté ces derniers. Seuls les verts et les milieux qui leur sont proches agressent unilatéralement les pêcheurs. Parmi les plus virulents j’en cite deux :

  1. Monsieur John DUPRAZ, Conseiller national et agriculteur, a trompé ses pairs en les poussant à prendre position contre les pêcheurs, sans que les agriculteurs puissent prendre connaissance des arguments des pêcheurs. Pour le surplus, cet individu a soutenu et signé l’initiative des pêcheurs qu’il combat de toutes ses forces aujourd’hui. Il est vrai qu’à l’époque, il avait un autre patron ! . Il porte un tort considérable à la classe politique et à la confiance que les citoyens doivent pouvoir placer en elle.
  2. Monsieur Maxime Prevedello, à la tête de commandos organisés, a détruit pendant la nuit toute notre campagne d’affichage de proximité évaluée à FRS 85'000.-- . Cette personne peu recommandable est le président de l’AGSP et aussi membre du parti écologiste, de la commission consultative de la pêche, de Pro Natura, du WWF et maître d’école. Quel bel exemple il montre à nos enfants ! .

    Ce qui est regrettable, c’est qu’un journaliste, mieux informé que la police, a tenté de minimiser ses actes de vandalisme inacceptables et qui doivent être unanimement condamnés par la classe politique, car ils ouvrent la porte à tous les abus.

Les pêcheurs ne répondent pas aux agressions de ces personnes peu recommandables, qui rabâchent des arguments trompeurs. Elles sont d’ailleurs soutenues par les médias auxquels il faut donner un zéro de conduite car aucun ne s’est donné la peine de lire l’initiative et de rapporter à la population les arguments des pêcheurs. Ceux-ci n’ont eu qu’un infime espace pour s’exprimer car les verts et leurs proches ont mis en route un gigantesque rouleau compresseur pour écraser les pauvres petits pêcheurs qui ont osé lever le petit doigt pour dénoncer la mauvaise gestion du milieu aquatique des protecteurs de la nature et de l’Etat.

Est-ce que la population genevoise est satisfaite de la situation de ses cours d’eaux ? Est-ce qu’elle estime le peuplement piscicole abondant, diversifié et en bon état ?

La pêche peut-elle s’exercer normalement ? .

Pourquoi l’Etat avec les milieux de protection de la nature ont ignoré volontairement tout notre cheptel piscicole jusqu’à aujourd’hui ?

Est-ce qu’ils doivent continuer ainsi ?

Est-il juste de priver d’expression 99% de pêcheurs genevois ? .

Seule l’initiative des pêcheurs peut éviter cela, merci à eux d’offrir un avenir au milieu aquatique.

Pascal CHRISTIN, pêcheur parmi les pêcheurs.

Genève, le 7 avril 1999

Concerne : votre article du 31.3.1999 :  Les pêcheurs " écolos " montent au créneau.

LA PECHE : AUSSI UNE AFFAIRE D’ECONOMIES

Tout d’abord, les dirigeants du WWF-Genève devraient lire l'initiative des pêcheurs IN108 avant de crier sur les toits qu’elle accorde un monopole à qui que ce soit. Ensuite, ils devraient expliquer pourquoi, avec l’aide des soi-disant protecteurs de l’environnement, ils excluent volontairement tous les pêcheurs des commissions dans lesquelles ils ont le droit de siéger (au minimum 9 commissions cantonales).

En ce qui concerne les propos de madame MEISSNER (Pro Natura), ils relèvent de la polémique. Cette personne ne manque pas de toupet en prétendant que la FGSP s’oppose aux programmes de renaturation. Si les pêcheurs n’étaient pas intervenus, Pro Natura aurait volontairement souillé le lac à la Pointe-à-la-Bise, avec des remblais interdits par la loi fédérale. Même les politiques n’y auraient vu que du feu tant certains milieux sont habiles à jeter de la poudre aux yeux.

Par contre, la Fédération a énormément œuvré pour le programme " 10 ans pour sauver nos rivières " ainsi que pour l’obtention de son financement. Malheureusement, dès la première année, M. Robert CRAMER a enterré ce programme et pris 6 millions qui lui étaient destinés pour faire une réserve naturelle et des étangs interdits à la population, aux Teppes de Véré et du Biolay.

Nul doute que cette action, sur le dos de la collectivité, est perçue comme un remerciement aux personnes qui ont soutenu son élection.

Encore une fois, ce sont les rivières qui sont lésées et, seuls contre tous, les pêcheurs s’y opposent, comme c’est le cas lors des vidanges triennales du barrage de Verbois qui détruisent la totalité de la faune piscicole, sans que les partis politiques et les milieux de protection de la nature ne lèvent le petit doigt.

Quant au contre-projet du Conseil d’Etat, ces milieux lui accordent un soutien car il vise à renforcer une commission consultative qui, comme toutes les autres, ne peut décider quoi que ce soit, mais à l’avantage de renflouer les caisses des partis par les jetons de présence largement dispensés et pris sur les fonds publics.

C’est ce qui pousse les présidences genevoises de Pro Natura et du WWF à lancer un appel à leurs troupes car les pêcheurs ne voulant plus de commissions " alibi ", les milieux de défense de la nature risquent de perdre une partie de leurs financements comme ils ont perdu les subventions annuelles que leur dispensait largement l’Etat dans un passé encore récent. Cela avait d’ailleurs provoqué des grincements de dents entre elles et leurs directions suisses.

La pêche c’est aussi une affaire d’économies et les pêcheurs le démontrent.

Pour terminer, des extrémistes verts et défenseurs de la nature, y compris leurs dirigeants, mènent des actions de commandos organisés pour détruire systématiquement, dans tout le canton, la campagne d’affichage et de proximité qui est faite par les pêcheurs avec leurs faibles moyens et à la sueur de leur front.

Pourquoi craignent-ils à ce point que les pêcheurs puissent enfin collaborer avec l’Etat si leur initiative IN108  était acceptée par le peuple le 18 avril 1999?.

Denis AMMON

Comité de direction de l’IN 108

Opposer la tradition à l’écologie est inopportun dans les milieux de la pêche.

C’est avec ces affirmations que l’on provoque des bisbilles.

Les pêcheurs ont toujours été et sont encore les vrais écologistes de terrain.

La santé du milieu aquatique est leur principale préoccupation, car chez les pêcheurs l’écologie est une tradition.

Dès lors, prétendre que certains pêcheurs sont plus soucieux de l’environnement que d’autres est choquant et peut heurter les sensibilités.

L’initiative des pêcheurs (IN 108) propose à tous les pêcheurs, sans distinction, désireux de s’investir dans des actions en faveur du milieu piscicole, la possibilité de s’exprimer, d’oeuvrer et de décider des actions à entreprendre pour une saine gestion de leur sport favori, dans le respect de la nature.

Toutefois, cette synergie ne sera efficace que si elle est canalisée et gérée par une instance à laquelle il est reconnu les mêmes compétences que celles des fédérations françaises voisines.

L’initiative des pêcheurs propose que la Fédération Genevoise des Sociétés de Pêche soit l’équivalent des fédérations françaises avec lesquelles elle pourra mettre sur pied une gestion régionale de la pêche.

Pour cela elle doit être chargée uniquement du repeuplement et de la gestion de la pêche.

Ceci bien évidemment en collaboration avec le département ou le service concerné.

Aujourd’hui, l’Etat ne peut plus remplacer l’action et la responsabilité individuelle des pêcheurs. Il doit donc favoriser la vie associative et responsabiliser ceux qui ont le plus envie de travailler. L’initiative des pêcheurs tombe à pic pour faire passer l’Etat d’une situation de méfiance à une situation de reconnaissance et de partenariat avec les pêcheurs.

Pour cela, les pêcheurs s’en remettent au peuple le 18 avril 1999.

Philippe AMY

A quand un repeuplement sensé de nos cours d’eau ?

Le repeuplement des cours d’eau genevois est fait de manière totalement aléatoire, arbitraire, non concertée et basé sur aucune donnée statistique ou scientifique.

Ainsi, depuis plus de dix ans, le même plan de repeuplement est reconduit sachant qu’il oblige les pêcheurs à prélever des cours d’eau les derniers précieux éventuels géniteurs qui assurent la misérable reproduction naturelle de nos poissons.

Aujourd’hui, nous avons pu déterminer scientifiquement que le type de repeuplement pratiqué a en plus contribué à la disparition de nos poissons indigènes par l’introduction dans nos cours d’eau de poissons de souches non adaptées à notre milieu piscicole.

Malgré cela, l’Etat continue, comme par le passé, à pratiquer un repeuplement destructeur.

En n’admettant pas ouvertement sa responsabilité, il espère masquer ses erreurs.

Ce qui est particulièrement regrettable est qu’une poignée d’individus lui sert d’alibi pour continuer son massacre programmé de nos poissons nobles.

C’est ce qu’ils appellent conjointement "  un rempoissonnement à long terme " et pour cause, cela fait déjà dix ans qu’ils le pratiquent. Il ne reste plus que quelques années encore d’efforts pour que nos belles truites d’antan disparaissent à jamais.

Tout le monde s’accorde sur " l’érosion des prises " et l’Etat cache à la population que le pêcheur genevois ne prélève que 2,7 poissons par année de nos cours d’eau. Malgré ces constatations évidentes, rien n’est fait pour améliorer la situation.

Il faut rendre grâce au courage et à l’abnégation de la Fédération Genevoise de Sociétés de pêche qui ne veut pas se résoudre et n’accepte pas la destruction de notre cheptel piscicole.

A l’aide de l’initiative IN 108 des pêcheurs, elle souhaite acheminer l’Etat et jeter les bases d’une nouvelle collaboration avec les pêcheurs qui sera garante de remise en état du milieu piscicole et de sa population en faveur des générations futures.

Elle propose la mise sur pied d’un plan directeur régional de la pêche, seule issue pour une réhabilitation du milieu aquatique, qui échappera ainsi aux sautes d’humeurs des gouvernement et des individus.

Merci aux vrais pêcheurs qui se battent pour nos enfants.

Patrice BURNIER

Ou est le fonds de repeuplement de 200'000 francs ?

Je suis étonné du montant du fonds de repeuplement alimenté par les pêcheurs.

Par le passé, les pêcheurs géraient leur propre fond piscicole, alimenté par le 60% des permis de pêche.

Diverses modifications de la loi sur la pêche ont permis au département de faire main basse sur le fonds des pêcheurs. Depuis, son utilisation est soumise à l’approbation du département et il doit obligatoirement être réparti équitablement entre des mesures d’aménagements et le repeuplement des cours d’eau.

Actuellement, sur les 60 francs que le pêcheur doit s’acquitter pour l’obtention de son permis, 36 francs alimentent le fonds de repeuplement.

Puisque 2000 pêcheurs prennent le permis cela fait donc 72'000 francs qui sont versés par année au fonds de repeuplement dont seulement la moitié est réservée pour le repeuplement c’est à dire 36'000 francs par année. A cela, il est ajouté quelques amendes ou compensations pouvant porter le fonds à disposition pour le repeuplement au maximum à 45'000 francs.

Le Conseil d’Etat tente maladroitement de faire croire à la population qu’ils n’est pas judicieux de laisser les pêcheurs gérer ce fonds destinés aux financements des mesures d’intérêts général, bien qu’il appartienne aux pêcheurs car il est alimenté par eux. D’autre part, il laisse penser que ce fonds est considérable alors qu’il est, comme ont le constate, insignifiant.

Il est dès lors facilement compréhensible qu’avec 45'000 francs par année, il n’est pas possible de gérer correctement tout le cheptel piscicole du canton et que, par conséquent, puisque ces pauvres moyens sont mis à la disposition de la pêche, la population piscicole n’a aucun soutien et est appelée à disparaître comme cela est déjà le cas dans la plupart de nos cours d’eaux.

Il serait dès lors déraisonnable de démobiliser la vie associative et les efforts constants des pêcheurs sans lesquels le milieu piscicole serait bien plus mal en point aujourd’hui.

Merci aux pêcheurs pour leur initiative IN 108 innovante qui permettra à la population de bénéficier de l’énorme bénévolat qu’ils apportent afin de combler les lacunes de l’Etat.

Pour ma part, la seule fois ou j’ai eu connaissance d’un montant de 200'000 francs, c’est lorsque l’Etat a fait aménager un passage pour le grenouilles sous la route de Jussy l’an passé.

Il a pourtant fallu que je le croasse puisque cette somme a bel et bien été versée pour cela.

Je soumets le proverbe (pêcheur) suivant à votre réflexion : " quand les grenouilles traversent les routes, les truites sont en déroute " c’est quand même mieux que celui de Cantona avec ses mouettes non ?.

Daniel ROMAND

Genève, le 10 mars 1999

Concerne : l’article de monsieur marc Bretton intitulé "  La saison de la pêche démarre sur fond de bisbilles entre mordus du hameçon " paru le 6 mars 1999 dans votre quotidien.

Le 18 avril le peuple n’a pas à trancher une vielle querelle entre associations de pêcheurs mais entre une nouvelle gestion régionale de la pêche proposée par l’initiative copernicienne des pêcheurs (elle appelle à changer nos mentalités) et un contre-projet, rétrograde, teinté de xénophobie et qui isole Genève, proposé par le Conseil d’Etat.

En effet, la Fédération Genevoise des Sociétés de pêche n’est pas la rivale d’autres associations, comme on veut le faire croire, mais bel et bien la rivale de l’Etat, qui est mis au pilori pour sa gestion piscicole catastrophique.

C’est la principale raison qui a poussé 95% des pêcheurs et 15000 électeurs à demander au peuple, par l’initiative IN 108, que la gestion de la pêche soit assurée par les pêcheurs, en proposant une nouvelle collaboration entre l’Etat et la fédération qui représente les pêcheurs genevois.

Il est naturel et heureux que dans notre démocratie des sensibilités différentes s’expriment. Si certaines d’entre-elles, ne se sentent pas représentées ou ne veulent pas être représentées par quelqu’un, il incombe à l’Etat de les représenter et ainsi garantir la protection des minorités.

Dès lors, la nouvelle collaboration entre l’Etat, représentant la population et les sensibilités concernées, et la Fédération, représentant les pêcheurs, ne peut être que profitable à la République et canton de Genève.

Malheureusement l’Etat ne veut pas de la collaboration avec les pêcheurs et il le fait clairement savoir par son contreprojet opposé à l’initiative des pêcheurs IN 108.

C’est pourtant ces derniers qui ont toujours fait tous les efforts d’élevage, de repeuplement et d’aménagements des cours d’eau genevois en plus de leur financement du fonds piscicole alimenté par le 60% du prix des permis de pêche.

L’Etat craint que l’efficacité des pêcheurs, dans le domaine qu’ils excellent, ne mette à jour les incompétences criardes de ses départements et services.

Il n’a ni les moyens, ni les idées, ni la force du bénévolat des pêcheurs. Il est dès lors compréhensible que la collaboration s’impose en lieu et place du totalitarisme actuel.

Cela impliquera que l’Etat devra aussi retrousser ses manches et se mettre à l’ouvrage aux côtés des pêcheurs, dans le cadre d’une démocratie participative.

Les centaines de pêcheurs bénévoles ont un rôle social, économique, culturel et environnemental irremplaçable puisqu’ils participent activement à la vie collective, dans l’esprit du développement durable.

Le peuple n’est pas dupe et il accordera sa confiance aux pêcheurs, le 18 avril 1999 pour le bien des générations futures.

Valério ZUODAR, président de la FGSP

 

Courrier envoyé au journal LE MATIN

Genève, le 8 avril 1999

Concerne : votre article " Dallas-sur-Riviere " du 8 avril 1999 

Monsieur le Rédacteur en Chef,

Nous sommes choqués que vos colonnes soient uniquement ouvertes à de personnes qui polémiquent dans le seul but de discréditer l’initiative des pêcheurs IN 108 et ne laissent pas de place à l’information démocratique.

Nous sommes choqués que vous donniez la parole à des vandales qui se gaussent de leurs méfaits.

Nous sommes choqués que vous laissiez s’exprimer une personne qui n’a ni parole ni honneur, aujourd’hui président du comité contre notre initiative alors qu’il l’a soutenue par sa signature hier. Il est vrai qu’à l’époque, il avait un autre patron. Ce qui est désolant c’est qu’il a abusé de braves agriculteurs ainsi que des partis politiques. Vous trouverez ci-après la copie de sa signature en faveur de l’IN 108 des pêcheurs qu’il combat.

Enfin, nous sommes choqués que votre journal n’ait pas pris la peine de contacter les initiants pour s’informer car le contenu de son article aurait vraisemblablement été tout autre.

Nous tenons à ce qu’il soit précisé que nous ne participons à aucune " guerre des clans " et que nous avons toujours fait preuve d’égards et de correction depuis le début de notre initiative (récolte des signatures) jusqu’à aujourd’hui ou nous faisons campagne pour permettre à nos générations futures de pratiquer un sport sain et respectueux, au contact de la nature. Le service genevois des votations peut en témoigner.

Seuls les verts et les milieux de protection de la nature agressent unilatéralement les pêcheurs et ces derniers ne répondent pas à la provocation. Néanmoins, nous vous assurons que nous utiliserons toutes les voies légales pour obtenir réparation.

Est-ce que la population genevoise est satisfaite de la situation de ses cours d’eaux ? Est-ce qu’elle estime le peuplement piscicole abondant, diversifié et en bon état ?

La pêche peut-elle s’exercer normalement ?.

N’est-ce pas l’Etat avec les milieux de protection de la nature qui ont ignoré volontairement tout notre cheptel piscicole jusqu’à aujourd’hui ?

Est-ce qu’ils doivent continuer ainsi ?

99,99 % des pêcheurs répondrons qu’il est absolument nécessaire de changer cette situation catastrophique et qu’ils soutiennent l’IN 108 pour cela. Il n’existe donc pas deux visions différentes !.

Nous avons la désagréable impression que vos collaborateurs n’ont pas lu notre initiative, ils n’ont d’ailleurs pas pris la peine de venir à la conférence de presse du 29 mars 1999 à laquelle votre quotidien a été convié.

Si cela était le cas, l’article susmentionné préciserait que les pêcheurs demandent uniquement une collaboration avec l’Etat. Ceci suppose que l’Etat devra changer de partenaire en ce qui concerne le milieu piscicole. Il devra dorénavant collaborer avec les pêcheurs en lieu et place des verts et des milieux de protection de la nature qui ont largement démontré leur incompétences et leurs carences en ce qui concerne le milieu aquatique.

Tout ceci est fort bien compris par ces derniers qui voient d’un mauvais œil l’initiative des pêcheurs IN108 car les pêcheurs les accusent d’avoir confisqué la nature, d’avoir négligé les cours d’eaux et de les rendre inaccessibles à la population. Les pêcheurs défendent une pêche populaire dans une nature accessible à tous. C’est la raison pour laquelle ils dénoncent les verts et les défenseurs de la nature qui cachent la vérité à la population et font croire à des conflits de clans stériles pour rendre le débat démocratique incompréhensible et" noyer le poisson ".

La campagne des pêcheurs subit des agressions et des actes de vandalismes inacceptables de la part d’extrémistes issus de ces milieux. Par exemple, toutes les banderoles et les panneaux sur piquet qui ont été disposés sur le canton ont été détruits dès le 2ème jour de campagne par des commandos organisés. La campagne de proximité des pêcheurs n’est pas une campagne " sauvage ", elle a été préparées et faite par 30 personnes qui ont investi 4 journées de travail pour cela et qui ont obtenu toutes les autorisations légales d’affichage. (communales et cantonales).

Il est extrêmement grave que les verts et les milieux de protection de la nature détruisent cette campagne. Cela ne peut et ne doit pas être cautionné par aucune autorité ni parti politique car le débat démocratique est faussé dès le début et les pêcheurs ne peuvent réinvestir à nouveau FRS 50'000.— dans une nouvelle campagne d’affichage de proximité. Ce qui est encore plus grave c’est que des dirigeants au plus haut niveau commettent de tels actes de vandalisme.

Nous vous rappelons qu’une personne, membre de la commission cantonale de la pêche, membre du parti écologiste, membre de Pro Natura et du WWF, président d’un groupuscule de pêcheurs écolos dissidents et professeur au cycle, affirme ouvertement avoir commis ces actes condamnables. D’autres actes de vandalisme ont aussi été commis sur des véhicules portant des affiches en faveur de l’initiative des pêcheurs IN108.

Si des personnes prennent la liberté de commettre de tels actes c’est quequ’un leur a donné, ou leur a laissé croire, à l’assurance de l’impunité.

Ceci est extrêmement grave et ouvre la porte à tous les excès.

D’autre part, la destruction programmée des possibilités d’expression des pêcheurs semble être relayée par des quotidiens de la place, notamment le votre, qui comme les partis politiques, les agriculteurs et la population genevoise, sont trompés par des personnes peu recommandables qui faussent le débat démocratique.

Nous demandons que l’initiative des pêcheurs soit seulement lue correctement et non interprétée à dessein pour agresser les pêcheurs honnêtes.

Avez-vous le courage de dire à vos lecteurs toute la vérité sur l’IN 108 et son contreprojet notamment en faisant paraître leur tableau de comparaison ci joint ?

Les pêcheurs attendent de vous !

Nous vous prions de croire, Monsieur le Rédacteur en Chef, à l’expression de notre considération distinguée.

Valério ZUODAR, président de la FGSP

Résumé non exhaustif des actions entreprises par Robert CRAMER contre la FGSP.

  1. Retrait du Projet de loi sur la Pêche déposé par Claude HAEGI. (Décembre 1997)
  2. Robert CRAMER décide d’aller devant le peuple sans contre-projet à l’IN 108.
  3. Le Conseil d’Etat force Robert CRAMER à proposer un nouveau Projet de loi sur la Pêche qui sera opposé à l’IN 108. Ce dernier oeuvre afin que le nouveau PL n’abonde pas dans le sens des initiateurs.
  4. Robert CRAMER exclu les représentants de la FGSP de toutes ses commissions à l’exception de la commission consultative de la pêche dans laquelle il met la FGSP en minorité en diminuant sa représentation.
  5. N.B. Même le Tribunal Administratif reconnaît à la FGSP la qualité d’association cantonale au sens de l’art 60 de la loi sur Lpê (ATA FGSP du 29 avril 1997 et les références citées).

    Pourtant Robert CRAMER refuse de nommer les représentants de la FGSP, pour la période 1998 à 2002 dans les commissions suivantes :

    Conseil de l’environnement

    Commission constitutionnelle de la faune

    Commission consultative de la faune

    Commission des monuments, de la nature et des sites

    Sous-commission des monuments, de la nature et des sites

    Commission consultative des questions énergétiques

    Commission du Rhône

    Commission consultative des forêts

    Commission consultative de la pêche

    Commission consultative du Moulin-de-Vert

  6. Robert CRAMER a abusé de son autorité de tutelle pour faire interdiction aux SIG de signer la convention déjà paraphée et acceptée par toutes les parties y compris le gouvernement précédent et les départements concernés (DIEAR, DTP).
  7. Il a aussi abusé de son autorité de tutelle pour faire interdiction aux SIG, à la SFMCP, à la commune de Dardagny et aux propriétaires de signer une convention avec la FGSP en ce qui concerne la gestion des Eaux-Froides de Dardagny et dont le principe avait été accepté par toutes les parties y compris le gouvernement précédent et les départements concernés (DIEAR, DTP).
  8. Il a interdit la réalisation d’un étang pour la population et les pêcheurs dont le DIEAR, le DTP, les SIG, la SFMCP et la FGSP avaient établi la demande d’autorisation de construction et qui était le seul obstacle à la signature définitive de la convention.
  9. Puis, il a ordonné aux SIG de réaliser ce même étang pour le compte de son département afin de bien interdire qu’il soit utilisé pour permettre la signature de la convention.
  10. Ensuite, il a demandé au Tribunal Administratif de reprendre la procédure sous le prétexte que les parties n’avaient pas conclu d’arrangement. (Ce qui est totalement faux !).
  11. Il n’est d’ailleurs pas resté sur sa faim et a exigé de la SFMCP qu’elle fasse l’acquisition de l’étang de PASSEIRY, compris dans la convention, et qu’elle le mette encore une fois à la disposition de son département pour bien veiller à ce que les pêcheurs n’en disposent pas.
  12. Il a poussé les SIG à demander au Tribunal Administratif la levée de l’effet suspensif lié au recours.
  13. Le Tribunal Administratif à levé l’effet suspensif au recours de la FGSP.

Suite à toutes les mesures coercitives prises par Robert CRAMER contre la FGSP cette dernière a dû se résoudre à lui demander de se récuser car à l’évidence Robert CRAMER entend régler des comptes qui n’ont aucune relation avec les obligations et les pouvoirs dont il a été investi par le peuple.

En conclusion : Robert CRAMER semble déterminé à ne pas suivre les instructions du Conseil d’Etat qui s’est franchement manifesté pour une plus grande responsabilisation des pêcheurs genevois particulièrement depuis que l’IN 108 a révélé d’importantes lacunes dans ce domaine.

Il agi de manière brutale envers la FGSP et impose une attitude unilatéralement dure au possible consensus prôné par la FGSP.

Le présent sujet sera complété par toutes les mesures anciennes et nouvelles qui seront prises par M. CRAMER contre la FGSP.