La Versoix, fiche-rivière n° 2 (2éme édition)


Editorial
Il Y a cinq ans paraissait la première édition de la fiche-rivière « La Versoix ». Très vite épuisée, nous profitons aujourd'hui de sa réédition pour vous présenter une version revue et enrichie. La loi, adoptée par le Grand Conseil en 1998, a dégagé les ressources permettant de revaloriser la Versoix, ses affluents et ses nombreuses dérivations. Grâce à ces travaux, la zone alluviale a été en grande partie libérée de son corset de béton et la truite de rivière a retrouvé un habitat favorable et des sites pour frayer. Des trois obstacles s'opposant à la libre circulation du poisson, deux ont été éliminés grâce à la réfection des échelles à poissons et des travaux ont été entrepris pour supprimer le dernier. Ainsi, pour la première fois depuis bien longtemps, la truite pourra remonter du lac jusqu'aux marais de la Versoix. Malgré tout, la rivière est loin d'atteindre son potentiel piscicole et ces travaux ne suffiront pas à eux seuls. L'impact des pollutions reste très fort: il ne pourra être résolu qu'à travers des efforts transfrontaliers. Le contrat de rivières du Pays de Gex, actuellement en cours d'élaboration, doit permettre d'appréhender la rivière dans sa globalité. Il associe les collectivités françaises et suisses et doit aboutir à une série d'actions visant à restaurer et préserver de manière durable la qualité des eaux et le milieu riverain.
Rivière de montagne et de plaine, lien vivant entre le massif du Jura et le lac, trait d'union entre les bocages, bois et bourgs qu'elle traverse, la Versoix, avec ses multiples visages, reflète la diversité de notre identité régionale et la richesse de notre environnement naturel. Cette diversité est bien marquée par l'engagement de toutes les communautés qu'elle traverse, qui entendent faire de la Versoix l'image de marque de la qualité de vie de notre région.
Robert Cramer
Président du Département
de l'intérieur, de l'agriculture, de
l'environnement et de ['énergie
sommaire
- éditorial
- origine de la rivière
- richesses naturelles
- vocation piscicole
- découverte du site
- promenades
- généralités
- préhistoire 23 histoire
- une rivière en danger
- état actuel
- qualité globale
- altération et assainissement
- actions et mesures de revalorisation proposées
- glossaire
les mots suivis d'un astérisque (*) renvoient ou glossaire
La Versoix, fiche-rivière n° 2 (2éme édition)
Origine de la rivière
A l'image des autres rivières prenant naissance dans le massif du jura, la Versoix est issue des eaux d'infiltration dans les roches calcaires de la montagne. Ces eaux profitent de la porosité et des innombrables microfractures créées lors du plissement du jura. Elles retrouvent la lumière sous forme d'un chapelet de sources sur les flancs de la haute chaîne du jura. Celles de la Versoix se trouvent à Divonne, en France. Appelée Divonne, à son origine, la Versoix est longue de 22 km, dont une dizaine concernent le territoire genevois.

La Versoix avant son arrivée dans le bourg.
Toponymie
Les Gaulois comme les Romains étaient très sensibles à la force de l'eau qui surgit de terre et en connaissaient déjà certaines vertus médicinales. Plusieurs résurgences ont été ainsi divinisées et le mot doua, qui désigne la source dans l'ancien dialecte local, émerge directement du vieux fond celtique. Il rappelle, comme divonna (forme ancienne de Divonne), la puissance divine de l'eau.
Quant au nom de Versoix, Monsieur Jean-Pierre Ferrierl propose l'explication suivante: «il est possible que le nom vienne du vieux verbe français bersoier, signifiant chasser. Versoix aurait été un territoire de chasse. Il se peut aussi qu'il soit tiré du bas latin versata aqua : eau qui verse; dans ce cas, c'est la rivière qui aurait donné son nom au village. Ce nom de Versoix se retrouve dans des lieudits près de Granges dans le canton de Vaud, près de Thonon en Haute-Savoie, près de lamoura dans le département du Jura, et dans un quartier de la Chaux-de-Fonds; un affluent* de l'Isère s'appelle torrent de la Versoye. » D'autres hypothèses suggèrent une origine celte pour les deux noms Divonne et Versoix. Le premier signifierait «brillant» et le second« la rivière qui a la plus grosse source ».
«Histoire de Versoix ». Ed. Mairie de Versoix. 1942.

Les bois de la Versoix.
Richesses naturelles
« Le respect passe par la connaissance »
Professeur Gilbert Bocquet. ancien Directeur des Conservatoire et Jardin. botaniques. Genève
La Versoix et la diversité des milieux naturels qui l'accompagnent constituent un ensemble unique pour la région genevoise. Il s'agit d'un axe de haute valeur écologique et donc d'un élément majeur du réseau biologique régional.
En effet, la Versoix est une des dernières rivières genevoises à avoir gardé un cours naturel.
Elle fait le lien entre le massif du Jura et le lac et traverse une région bocagère de valeur.
Accompagnée de massifs forestiers très étendus, elle est riche en zones alluviales et marécageuses d'importance nationale.

Le cordon boisé de la Versoix
Enfin, les milieux proches du Bois d'Avault, d'Ecogia et du Nant de Braille sur Genève, du Mont Mussy sur France et le bois des Portes sur Vaud augmentent la valeur paysagère et écologique de la région.
Tous ces facteurs contribuent au maintien d'une faune riche et diversifiée alors que l'autoroute, la route de Sauverny, les chemins forestiers ouverts à la circulation, l'abondance des promeneurs et les très nombreux chiens qui les accompagnent imposent des limites à son développement.
FAUNE
Mammifères
En liaison directe avec les massifs forestiers du Jura et du canton de Vaud, les bois de Versoix sont favorables à la grande faune. Sangliers, chevreuils et même cerfs se déplacent fréquemment à travers la frontière et souffrent particulièrement de l'urbanisation qui entrave de plus en plus leur migration.
Les cerfs se déplacent sur de grandes surfaces. Les biches ont un territoire variant de 500 à 1000 hectares alors que celui des mâles peut dépasser 50 kilomètres carrés. Une petite harde est stable dans la région de la haute Versoix.
Le nombre de chevreuils s'estime à 5-8 au kilomètre carré de forêt dans le secteur de Versoix. Cette densité, modeste si elle est comparée avec d'autres régions du pays où elle peut quadrupler, permet de maintenir un bon équilibre entre chevreuils et plants forestiers.

Rare, il y a une quarantaine d'années, le sanglier connaît une nette recrudescence; ce qui ne va d'ailleurs pas sans causer de dommages aux cultures.
Le blaireau, animal aux qualités manifestes de discrétion, est néanmoins bien représenté; partageant parfois avec le renard quelques terriers des bords de la Versoix.
D'autres mustélidés fréquentent ces bois: la fouine, la martre, la belette et même le putois qui apprécie les milieux humides. La loutre, victime de la canalisation des cours d'eau et de la surfréquentation des berges, a disparu du territoire genevois.
Le lièvre subit l'influence de l'intensification des cultures, de l'urbanisation et de la prédation. En forte régression dans toute la Suisse, il est encore présent dans les zones agricoles proches de la rivière. Le retour de prairies diversifiées devrait lui être favorable.
Insectivores ayant un grand besoin d'eau, sept espèces de chauve-souris ont été observées le long de la Versoix dont la pipistrelle commune, de Nathusius et de Kuhl qui chassent sur les rives boisées. Lors de grosses chaleurs estivales, le grand murin et la noctule commune viennent également boire sur les grandes étendues d'eau. Enfin, le murin de Daubenton, espèce caractéristique des eaux courantes, chasse sur les surfaces plates au ras de l'eau.
Le retour en Suisse du castor
Le plus célèbre mammifère présent dans la région du cours d'eau est sans aucun doute le castor. Après une disparition d'un siècle et grâce à l'enthousiasme, l'habileté et la ténacité de naturalistes genevois, Maurice Blanchet, Robert Hainard et Jacques Burnier, l'on procéda à sa réintroduction en Suisse au bois du Faisan, sur les bords de la Versoix, en 1956. Bien implanté sur l'ensemble du canton, le castor laisse sur son passage des empreintes facilement observables.

Le castor fit d'emblée preuve d'ingratitude puisqu'il quitta le territoire genevois pour gagner la haute Versoix. Il fallut attendre 1974 pour constater à nouveau sa présence à l'aval.
Batraciens et reptiles
Zones alluviales, bois humides, étangs forestiers et marais accueillent batraciens et reptiles en abondance. Grenouilles rousse et verte, crapauds commun et sonneur à ventre jaune sont présents dans les bois de la Versoix. le triton alpestre est fréquent dans les plans d'eau forestiers comme l'étang des Douves ou la Combe Chapuis.
La couleuvre à collier a été observée dans les bois et les marais et la couleuvre vipérine aux abords immédiats de la rivière et des étangs. Le lézard des murailles et la vipère aspic apprécient les milieux plus ouverts et ensoleillés alors que l'orvet recherche des milieux humides et ombragés.
Oiseaux
l'embouchure de la Versoix abrite l'un des rares bancs de graviers régulièrement exondés* du Petit lac, constituant un reposoir pour les limicoles de passage et pour de nombreux canards.
Le milan noir, la buse variable et l'autour ordinaire forment le contingent principal des rapaces diurnes. Les milans apparaissent en nombre dès le début mars, affectionnant plus particulièrement les bords du lac, et nous quittent dès la mi-août.

Martin-pêcheur
La buse, toujours aux aguets le long de l'auto toute notamment, peut y être facilement observée. Quant à l'autour, il fréquente en petit nombre le massif forestier. La chouette hulotte occupe les cavités creuses de vieux chênes, tout comme les mésanges charbonnière et bleue.
Les eaux courantes de la rivière sont fréquentées par la bergeronnette des ruisseaux, le cincle plongeur, passereau gris brun au plastron blanc, capable de marcher sous l'eau, et par le martin-pêcheur qui file comme une flèche bleue avant que l'oeil n'ait pu le capturer.
Le héron cendré est en nette progression depuis une dizaine d'années tout comme le harle bièvre qui niche volontiers dans les grands arbres riverains, ce qui ne va pas sans poser de sérieux problèmes à la piscifaune de la rivière. Si la caille est de plus en plus rare dans la région, la bécasse en revanche est fréquente.
Décelables par leur bruit, les pics-verts, épeichette et épeiche pourront être entendus tandis que la sittelle et le grimpereau se laisseront apercevoir sur l'écorce des arbres du sous bois.
Insectes
La Versoix est assez riche en espèces intéressantes. le cours d'eau abrite notamment des trichoptères à fourreau qui tapissent les galets et l'abondance d'éphémères fait le bonheur des truites. Les libellules apprécient les plans d'eau et ont colonisé tous les étangs, même artificiels.

Murin de Daubenton.
FLORE
La rivière s'inscrit dans un paysage riche et diversifié. Après avoir traversé un paysage bocager caractérisé par une végétation issue de l'occupation traditionnelle du territoire, haies vives, cultures et pâturages, la rivière étale ses méandres dans les marais de la Versoix. Ils sont ceinturés par une forêt partiellement exploitée, composée de plantations de peupliers et de forêts alluviales. On trouve dans le marais tout le cortège des associations typiques des milieux humides herbacés : roselière, cariçaie*, prairie à molinies* et groupements à hautes herbes hygrophiles* .
Lorsqu'elle traverse des milieux ouverts, la rivière est accompagnée d'une ripisylve* bien développée composée essentiellement d'aulnes, de peupliers et de frênes.
La plus grande partie des bois de la Versoix est composée de chênaie à charmes, formation végétale qui occupe plus de la moitié de la superficie forestière du canton.
C'est toutefois la chênaie la moins productive, en raison de l'exploitation abusive en taillis qu'elle a subi durant des siècles, et du sol argileux très défavorable sur lequel elle se développe. La chênaie à molinies* est présente par endroits aux Grands Bois.
Au fond du vallon creusé par la rivière dans la molasse, se déposent des alluvions riches en éléments nutritifs. Le sol est meuble et bien approvisionné en eau. Ces conditions permettent l'établissement d'une forêt luxuriante dominée par le frêne et l'aulne: c'est la chênaie-frênaie hygrophile*.

Populage des marais.
Le hêtre, ou fayard, essence qui réclame des conditions très fraîches, se cantonne sur certaines pentes fortes, notamment sur la rive gauche de la Versoix, en face de la Vieille Bâtie, où l'exposition est nord-ouest.
Au printemps, on découvrira dans tout leur éclat les corolles des primevères, des anémones et des seilles.
L'absence de feuillage permet à la lumière d'atteindre le sous-bois qui se recouvre alors d'un tapis multicolore, dominé par la renoncule ficaire et l'anémone sylvie (ou anémone des bois).
Un secteur remarquable par la diversité des associations qu'il abrite est le Bois du Faisan, réserve naturelle gérée par Pro Natura Genève et classée en zone alluviale d'importance nationale.
Scille
à deux feuilles
Vocation piscicole
La Versoix est bien connue pour sa richesse piscicole en salmonidés. Avec l'Allondon, c'est une des rivières les plus prisées par les pêcheurs du canton.
La pêche était autrefois pratiquée par des professionnels qui descendaient de Divonne à Sauverny sur des bateaux à fond plat et travaillaient dans les eaux calmes et très poissonneuses des marais d'Arbère. Aujourd'hui ne subsiste que la pêche sportive, orientée essentiellement vers la recherche de truites fario (truite indigène de rivière, qui est l'espèce dominante de la Versoix et de ses dérivations) et lacustres. En effet, quelques grosses truites lacustres remontent la rivière dès le début de l'automne pour y frayer. La truite arc-en-ciel, importée d'Amérique du Nord dès la fin du siècle dernier, ne fait plus partie du cheptel piscicole de la rivière, en tout cas sur son secteur genevois. Sa mise à l'eau est maintenant interdite dans les cours d'eau de Suisse.
On trouve également dans la Versoix des ombres et des chabots, poissons moins connus du grand public.

Les truites de la Versoix (ici un spécimen mâle de lacustre) peuvent atteindre des tailles impressionnantes.
Reproduction et migration du poisson
(voir aussi «mesures de revalorisation prioritaires»)
La truite adulte ne remonte la Versoix que pour s'y reproduire. Les truites fraient en hiver, dans le courant du mois de décembre, quand l'eau est froide. Elles recherchent des zones graveleuses et peu profondes, remontant souvent dans de petits affluents* de la rivière. La truite dépose ses oeufs sur des bancs de graviers à granulométrie* bien déterminée (1 à 6 cm) dans des eaux bien oxygénées. Comme pour les saumons, les truites remontent année après année dans la même rivière, qui est probablement celle où elles sont nées (phénomène de « homing»).
Des dérivations se trouvent le long de la Versoix, dont certaines alimentaient autrefois des moulins; plusieurs d'entre elles ont été récemment réaménagées pour favoriser la reproduction naturelle de la truite.
Trois paliers importants formaient des obstacles à la libre circulation des poissons et en particulier à la remontée correcte des truites lacustres. Des travaux ont été entrepris pour les éliminer. Le premier, situé sous le pont des CFF, à 400 m de l'embouchure, existait de longue date et était équipé d'une passe à poissons dont le fonctionnement n'était pas satisfaisant. Elle a été refaite en 1995. Le second palier, plus important par la dénivellation qu'il représente, se trouve 500 m en amont. Il avait fait l'objet d'un aménagement il y a 20 ans, mais n'était opérationnel que dans de trop rares circonstances. Une nouvelle échelle à poissons a été réalisée en 1997. Le troisième obstacle, à un peu plus de 4 km de l'embouchure, dispose d'une installation de franchissement peu fonctionnelle qui doit être reconstruite en 2001.

La Versoix a trois visages. En amont des marais, elle est encore jeune, elle dévale les flancs du Jura et le courant s'accélère. Parvenue dans le secteur des marais, elle prend son temps, ralentit et se prélasse. Passé les marais, elle se réveille à nouveau et se dépêche de rejoindre le lac Léman, à la hauteur du bourg de Versoix.
Promenades
Voir la carte ci-dessous

Une grande diversité de promenades vous attendent dans tout le complexe des bois de Versoix. Les parcours les plus pittoresques longent la rivière.
Un cheminement a été créé en 1995, en aval de l'autoroute, pour découvrir les particularités de la zone alluviale* de la Versoix. 37 panneaux répartis sur 2 kilomètres de sentier mettent en évidence les richesses de la nature tout en canalisant les promeneurs. Il est primordial, pour le bien de tous, de respecter les lieux.

Le sentier nature
Temps de marche 1 à 2 heures
Transports publics: accessible par le Bourg de Versoix avec une petite marche depuis la gare CFF ou l'arrêt TPG (bus V, départ gare Cornavin). Arrêt au-dessus de la gare CFF. Suivre un bout de la route de Collex-Bossy et prendre à gauche (le sentier est fléché).
En voiture: deux possibilités de parking. Soit sur la route de CollexBossy à Versoix (rive droite de la Versoix) : parking sous le pont de l'autoroute, prendre le sentier sur la droite; soit sur la route des Fayards : parking sur la rive droite de la rivière.

Généralités
Statut* du cours d'eau
Cantonal sur tout son secteur genevois.
Communes concernées du bassin* versant
France: Divonne, Versonnex, Sauverny, Cessy, Gex, Grilly et Vesancy.
Vaud: Chavannes-des-Bois, Commugny, Chavannes-de-Bogis et Bogis-Bossey.
Genève: Versoix, Collex-Bossy, Genthod et Céligny.
Caractéristiques du bassin versant*
La Versoix prend sa source dans les Bas-Monts du Pays de Gex, sur les hauts de Divonne. De torrentielle, la Versoix se transforme en rivière calme à la sortie de Divonne.
Ses méandres marquent la frontière entre la France et le canton de Vaud, puis à Sauverny entre la France et le canton de Genève (secteur où elle reçoit son principal affluent* : l'Oudar). Sur les derniers kilomètres, son cours est situé entièrement sur territoire genevois et traverse les communes de CollexBossy et de Versoix avant de rejoindre le lac.
Hydrogéologie
Entre 500 et 800 m d'altitude s'étend le domaine des Bas-Monts, qui se traduit le plus souvent dans le paysage par une rupture de pente. Ces limites ne sont pas rigides ni toujours très nettes: ainsi, des sillons d'érosion* (ruz) qui ont entaillé le flanc du grand plissement anticlinal jurassien viennent mordre sur les Bas-Monts et se perdre en cônes d'éboulis qui dessinent dans la plaine d'amples arcs de cercle (Fenières, Villeneuve, Ecorans). L'origine des eaux de la Versoix pourrait provenir d'une fracture partant du col de Porta (nord de la Dôle) et dont le prolongement aboutit précisément aux sources de la Divonne.
C'est au contact du plan de chevauchement*, entre le calcaire et la molasse, que se situe le principal niveau de sources vers 520 m (plus ou moins 40 m) et, par là-même, l'implantation de la ligne de villages du piémont gessien qui court de Collonges à Echenevex.

Sources de la Divonne (Grande source).
La situation de ces Bas-Monts, adossés au Jura, entraîne une relative abondance des précipitations (1200 à 1400 mm contre 800 mm à Genève et plus de 2000 mm sur les crêtes) et un enneigement qui s'accroît rapidement au-dessus de 600 m. Dès le printemps cette neige fond assez vite et le régime* des sources varie considérablement, selon qu'il s'agisse d'exsurgence* de réseaux profonds, fracturés ou non, communiquant avec les crêtes ou, au contraire, de réseaux plus superficiels, filant à travers les seuls placages glaciaires. En revanche, ces eaux ont pour point commun de n'être presque pas filtrées, soit qu'elles aient traversé les couches calcaires - véritables passoires libérant en quelques semaines l'eau emmagasinée plus haut -, soit qu'elles percolent* à travers des débris «morainiques» superficiels de structure hétérogène et de faible épaisseur.
La nature avant tout graveleuse de ces terrains se traduit par une forte perméabilité qui est probablement leur caractéristique principale. Tout cela explique la très grande diversité de détail du sous-sol des Bas-Monts; un affleurement d'argiles bleues peut déterminer, à son contact, localement, la présence d'un chapelet de sources pérennes ou temporaires; le trop plein d'eau, à la suite d'un brusque redoux au cœur de l'hiver, peut s'évacuer brusquement en plein champ par une « source bouillonnante» dont l'existence sera éphémère. C'est dire si les sources du piémont sont fragiles et sensibles à la pollution.
Les marais de la Versoix sont d'origine fluvio-glaciaire* et se sont développés dans les dépressions, où les eaux de la nappe phréatique, aussi bien que celles des précipitations, ne pouvaient s'infiltrer en profondeur de par la nature argileuse du sous-sol. La rivière s'est étalée dans ces dépressions et les a inondés. Les marais se sont formés ainsi et ont poursuivi leur remplissage grâce aux fins dépôts alluviaux* charriés par la rivière.
Surface du bassin versant*
A l'exutoire*: 90,7 km2 (surface totale), dont:
France: 72,6 km2 de bassin versant représentant 80 % du bassin versant total. (L'Oudar qui prend sa source dans la forêt de l'Etau, au dessus de Gex, principal affluent* de la Versoix, possède un bassin versant représentant à lui seul 37 % de la surface totale).
Vaud: 6,5 km2 de bassin versant, dont le Creuson, représente 6 % du bassin versant total.
Genève: 11,6 km2.
Longueur du cours
Environ 22 km de la source jusqu'au lac Léman.
Débit moyen*
A la Bâtie (années 1917-1930):
Débit moyen estimé à 3,6 m3 /s
Débit médian* estimé à 3,1 m3 /s
A l'exutoire* (années 1997-2000) :
Débit moyen estimé à 3,2 m3/s
Débit médian estimé à 2,6 m3/s
Débit de crue*
A la Bâtie (surface 84,5 km2) :
Débit 10 ans estimé à 45 m3/s
Débit 100 ans estimé à 70 m3/s
A l'exutoire* (surface 90,7 km2):
Débit 10 ans estimé à 48 m3/s
Débit 100 ans estimé à 75 m3/s
Débit d'étiage* (Q347)
A l'exutoire*: estimé à 1 000 lls (1 m3/s)
Pour la Versoix, la quantification des débits d'étiage est fortement dépendante du réglage des ouvrages de prises, disséminés dans le réseau hydrographique complexe durant les périodes de basses eaux. La grande majorité du débit de la Versoix provient des sources de la Divonne dont le débit ne descend pratiquement jamais en dessous de 1000 lls.
Régime*
La Versoix a un régime du type «nivo-pluvial jurassien », c'est-à-dire qu'il est dominé par la fonte des neiges au printemps et le régime des pluies. Entre juillet et août, malgré les soutirages effectués en faveur des canaux de Crans, du Grenier et de Versoix, les débits* mensuels restent importants, ceci en raison des apports constants des sources karstiques* et, dans une moindre mesure, du soutien apporté par les marais.
Le débit* de la Versoix, grâce aux marais de Divonne, ne connaît pas de fluctuations torrentuelles comme d'autres rivières du canton. Il peut varier néanmoins, en moyenne sur une année, de moins de 1/2 m3/s à une dizaine de m3/s.
Les crues* de la Versoix sont nettement influencées par les événements pluviométriques particuliers qui se produisent sur les crêtes du Jura. De plus, l'alimentation en eau lors des périodes d'étiage* est particulièrement abondante, ce qui tend à prouver que le bassin souterrain est certainement plus étendu que le bassin topographique (réception d'eau venant de derrière le Jura).

Crue au pont de Bossy
Affluents* principaux
France: l'Oudar, le Munet.
En outre, la Versoix alimente (par prises d'eau) différents ruisseaux: le Grenier, le Brassu, le Nant de Pry.
Suisse: Le Nant de Crève-Coeur, le Creuson, le Nant de la Rebatière, le Nant de la Fontaine-de-Pissevache.
Canaux de dérivation: canal des Usiniers ou de la Papeterie, canal de Versoix, canal Estier, canal du Moulin du Pont, canal du Martinet.
Lac de Divonne
- plan d'eau aménagé en 1964
- 40 hectares de surface
- volume 900 000 à 1 000 000 de m3 - profondeur d'environ 3 mètres
- qualité de l'eau: tendance à l'excès d'azote, surtout sous forme de NH4* et réchauffement de la température
- qualité biologique* faible: uniformité de l'habitat
- temps de renouvellement: 100 jours
Le lac de Divonne est un bassin de rétention artificiel de la Versoix. Il apporte en moyenne 140 litres d'eau par seconde à la Versoix.
Usage de l’eau
Les sources de Divonne, Sergy, Chevry, Pré Bataillard offrent une eau de très bonne qualité, utilisée par ces communes du pied du Jura. Les prélèvements d'eau potable sont situés entre 20 et 60 mètres de profondeur. Leur capacité est évaluée à 8 à 10 millions de m3 par an pour une consommation de plus de 5 millions de m3. Ces prélèvements ont cependant un impact sur l'eau disponible pour la rivière, surtout en débit d'étiage.
La qualité minérale de l'eau des sources à Divonne est telle que la commune souhaiterait une mise en bouteille et la commercialisation de cette ressource naturelle.

Zone humide de Sauvemy.
Préhistoire
Le passage des glaciers
La succession des phénomènes géologiques qui a donné son aspect actuel à notre région est intimement liée à la formation de la chaîne des Alpes. En effet, les Bas-Monts ont été, au moins à deux reprises, entièrement recouverts par les grands glaciers « rhodaniens» de l'ère quaternaire (glaciations de Riss (-200 000 ans) et de Würm (-20 000 ans)) qui ont laissé, après leur retrait, des paquets de matériaux provenant principalement du Jura, mais aussi des massifs préalpins proches ou de massifs cristallins plus éloignés comme le Mont-Blanc ou l'Oberland.
On peut constater en regardant une carte hydrographique du bassin lémanique que, d'une manière générale, les profils des cours d'eau forment une courbe nord-ouest nord-est sur la rive droite du lac et sud-ouest - sud-est sur la rive gauche. Ils suivent les courbes du relief dues en large partie aux dépôts morainiques laissés là par les fontes du glacier du Rhône, qui devait former deux langues avancées sur les deux rives du lac et dessiner un golf à son emplacement actuel. Les retraits ralentis du recul glaciaire ont permis ces dépôts alluvionnaires, augmentés par le ruissellement érodant des eaux de fonte en bordure des fronts glaciaires, ce qui marqua progressivement les lits* des différentes rivières. Ce sont approximativement les courbes que nous connaissons aujourd'hui qui se sont marquées alors. Qui dit eau, dit hommes; les premières peuplades se sont installées soit au bord du lac soit sur les cours des rivières. C'est ainsi qu'en 1941, au lieu-dit de« Mariamont », Louis Blondel, archéologue cantonal, pratiqua des fouilles rapides sur un replat dominant le vallon de la Versoix et bordé du côté du plateau d'une levée artificielle de terre et d'un fossé en arc de cercle (un vallum). Il y releva quelques alignements de cailloux où il crut voir des fonds de cabanes, qu'il data, sous toute réserve, en l'absence de tout objet, de l'âge du Fer (environ 800 à 600 ans av. J.-C). En 1972 fut découvert, non loin de là, une légère levée de terre et de galets qui devait être artificielle. Etant donné le caractère exceptionnel de ce tumulus, il a paru justifié d'en conserver le souvenir autrement que par des publications. La décision fut prise d'en faire une reconstitution rendue compréhensible aux visiteurs par un écriteau explicatif. La structure de base - blocs et pavage - a été laissée en place, tandis qu'on rétablit une moitié du remplissage avec sa couverture de galets; cela permet du même coup de voir la coupe du tumulus.
Histoire
La domination romaine
Sous la pression des peuples Germains en migration, les Helvètes décident de quitter le plateau suisse où ils viennent à peine de s'installer. Ils partent alors en quête de nouvelles terres et demandent aux Allobroges la permission de traverser leur territoire. Or, depuis 118 av J.-C., l'ancien domaine allobroge est rattaché à la province romaine de Narbonnaise, et César, qui apprend la nouvelle, leur interdit formellement le passage. Les Helvètes quittent tout de même leurs villages et leurs villes qu'ils incendient. Ils traversent le Pays de Gex, puis s'engagent dans le défilé de la Cluse. Arrêtés par les armées romaines en - 58 près de Bibracte (Autun), César les contraint à regagner leurs terres et oblige les Allobroges à leur fournir du blé pour leur ravitaillement.

Le pont de Grilly (France).
Une fois la question helvète réglée, César utilise la position stratégique de la région. Il confisque les terres situées entre le défilé de l'Ecluse, la rivière Aubonne, le Jura, le Léman et le Rhône pour créer une colonie militaire, dans le but double de surveiller les agissements des Helvètes « pacifiés » et de verrouiller un passage éventuel pour les envahisseurs Germains. Il fonde ainsi, entre -50 et -45, la « Colonia lulia Equestris » avec pour capitale Noviodunum (Nyon) où il installe les vétérans cavaliers de ses armées.
Les Romains possédaient une très grande maîtrise de l'eau et un sens aigu de l'hygiène. Ils n'iront jamais prélever les eaux de surface mais construiront des aqueducs, de dimensions considérables, pour amener à leurs cités les eaux de source. Ce savoir est précieux dans une région de terrains argileux comme l'adret lémanique. Lors des défrichements indispensables à la mise en valeur des terroirs et pour faciliter l'établissement de la centuriation, les « ingénieurs » gallo-romains ont élaboré toute une infrastructure de drains, allant même jusqu'à détourner le lit* de petits ruisseaux de faible importance. Le travail le plus remarquable en matière d'hydrologie est la construction de l'aqueduc de Divonne, destiné à approvisionner la cité de Nyon en eau potable. les eaux de la Divonne (source de la Versoix) sont captées à peu près sous l'emplacement de l'actuel casino et conduites dans une canalisation souterraine jusqu'au réservoir situé en amont de la ville. Plusieurs trouvailles permettent de repérer le cheminement de l'aqueduc, tant sur le territoire français que sur celui du canton de Vaud. Le conduit, de 1,35 mètre de hauteur sur 1 mètre de large, est maçonné à la chaux et le fond est garni de grosses dalles de tuiles bien jointes. La pente est très douce jusqu'au château d'eau pour éviter les problèmes d'érosion* des parois du canal, mais s'accentue après pour obtenir la pression nécessaire à la distribution des différentes fontaines de la cité. Cet ouvrage d'art tombe probablement en désuétude avec l'abandon de la ville de Nyon, dès les IVe ou Ve siècles, après quatre cents ans de bons services1.
1. «Histoire du Pays de Gex » de A. Malgouvemé, Ed. Intersection, 1986
Du Moyen âge...
L'eau étant essentielle à la vie, tout naturellement les hommes se sont installés près de points d'eau. Au Moyen Age des châteaux se sont construits près des cours d'eau. La terre de Gex en compte une bonne dizaine: Gex, Divonne, la Bâtie (commune de Collex-Bossy), répartis sur les frontières, mais aussi à l'intérieur de la baronnie, sur la principale voie routière, le chemin du pied du Jura.

Dessin (hypothétique) du château de la Bâtie-Beauregard, construit par Guillaume de Joinville à la fin du XIIIe siècle et ayant appartenu au seigneur François Champion en 1535 (selon les relevés de L. Blondel, ancien archéologue cantonal genevois).
Le cours d'eau rassemble, dès le XIVe siècle, une économie considérable. La force de l'eau actionne un grand nombre de moulins à grains, de « battoirs » à fer, à écorce, à papier, des « martinets » ou marteaux de forge, des « foulons » à drap et des scieries. Le bourg de Divonne abrite un petit quartier sidérurgique. On y travaille notamment les épées.
Mais les autorités, dès la fin du XIVe siècle, craignent une disparition du bois, matière première indispensable. Aussi, en 1392, les habitants de Gex, avec l'accord du comte, décident de mettre à ban, pour douze années, leur forêt, les bois de Versoix, avec interdiction à toute personne « d'y faire ni charbon ni écorces ». En 1448, les défenses sont réitérées, à la suite d'abus sérieux commis dans les bois, notamment la vente à Genève des produits qu'on en retire. D'autres abus sont faits par les simples usagers, habitants des villages voisins des bois, qui fabriquent eux-mêmes les « lattes » (planches) ou les «boudrenots» (tuyaux de fontaine) dont ils ont besoin. Ils utilisent pour cela de jeunes fûts, bien droits, et participent ainsi à la mort de la forêt, qui ne se renouvelle plus.
les documents de 1392 et de 1448 constituent une première ébauche d'aménagement forestier, une première mise en sauvegarde d'une matière première longtemps consommée à tort et à travers. Les mentalités rurales sont encore hostiles à la forêt. Les animaux sauvages y abondent (loups, ours). Les chasseurs tuent environ un ours par an entre 1360 et 1450. C'est aussi le refuge des brigands, pour qui elle constitue un excellent repaire.
L'eau pure des sources du pied du Jura attire les fabricants de papier. Matière de plus en plus nécessaire, sa demande progresse avec l'essor de l'administration et notamment le formidable développement des offices notariaux, même si le parchemin de peau reste plus recherché. Contrairement aux meuniers, les papetiers sont indépendants. La seule exception connue concerne la papeterie de Versoix, propriété en 1459 du noble Nicod de Menthon, seigneur de la ville.
Nous nous devons de citer ici un château, celui de la BâtieBeauregard, édifié en 1278 par Pierre de Joinville, coseigneur de Gex avec sa mère Léonète, dame de Gex. La « Bastie » était hardiment campée sur un mamelon entouré de ravins, surplombant presque à pic le cours de la Versoix, au lieu-dit actuellement « la Vieille-Bâtie », que les propriétaires du lieu préféreraient, aujourd'hui, renommer la « Bâtie-Beauregard » pour faire honneur au haut lieu que fut la demeure. Le château était de pierres pour la base, puis s'élevait ensuite en briques, enfin il était surmonté de chemins de ronde en bois. Un pont-levis lancé sur un large fossé donnait accès à l'intérieur. Un donjon, percé tout en haut de fenêtres de guet, dominait la Versoix1.
Il fut démoli dans la nuit du 11 au 12 janvier 1590 par les Genevois qui redoutaient de voir ce poste avancé au service du duc de Savoie. Forts de quatre compagnies de gens de pied, de six canons et deux courtaux, les Genevois arrivèrent à quatre heures du matin au pied du château. les canons furent mis en action et tirèrent dix-sept coups, ouvrant une brèche dans les murs. Le seigneur du lieu, Claude de Crose, n'ayant que vingt hommes de garde, se rendit; il put se retirer avec ses armes et sa famille à Collex. Le butin des genevois fut considérable. Il fallut plusieurs jours de convois de chars pour ramener celui-ci dans la cité. Aujourd'hui, seul un arbre s'élève sur la butte rasée.
1. « La baronnie de la bastie-Beauregard ». tapuscrit de H. Borel (archives de la Mairie de Collex-Bossy).
...aux Temps Modernes
L'industrie du papier ne cesse de progresser au cours du XVIe siècle, et la Versoix alimente un très grand nombre de papeteries. On comptait cinq de ces dernières à Divonne aux XVe et XVIIe siècles; en descendant le cours de la rivière, on trouve des moulins à papier à Grilly et Sauverny, à la Bâtie, où une papeterie a fonctionné jusqu'en 1880, à Saint-loup, enfin à Versoix, où subsistait la dernière fabrique de papier du canton, qui a fermé ses portes en l'an 2000.
A noter enfin l'importance du moulin de Richelien, transformé en 1892 par Monsieur Stutzman en usine électrique et qui fut à l'origine de la distribution d'électricité dans les campagnes genevoises.

Roue à aubes de la Chocolaterie de Versoix. en 1899.
Une rivière en danger
Malgré la beauté des milieux naturels qu'elle traverse, la Versoix est une rivière en danger. Les marais s'embroussaillent, menaçant ainsi de nombreuses espèces qui apprécient les milieux humides ouverts. Les multiples zones riveraines de valeur ne sont toujours pas protégées alors que l'intensification de l'agriculture modifie le paysage bocager. De même, l'urbanisation très rapide et très forte du pays de Gex pose des problèmes en termes d'usage de la ressource en eau. Enfin, la haute valeur piscicole de la rivière est mise à mal par une pollution de l'eau toujours présente, due aux effluents* de stations d'épuration gessiennes, alors que des obstacles subsistent encore sur la route de migration des poissons. Les travaux entrepris dans le cadre de la renaturation des cours d'eau et le contrat de rivières du pays de Gex laissent cependant espérer que la Versoix retrouve des eaux claires et poissonneuses sur tout son cours dans un avenir raisonnablement proche.

Etat actuel
État du lit*
Le lit de la Versoix est naturel. Dans sa partie traversant la ville de Versoix, il est stabilisé par des traverses en béton.
Etat des berges
Naturelles, sauf à l'aval du pont CFF où elles sont canalisées. Les murets qui empêchaient la Versoix de divaguer dans la zone alluviale ont progressivement été démolis durant ces dernières années. Un projet de décanalisation des berges entre le pont CFF et l'embouchure est à l'étude.
Protections légales
La plupart des inventaires fédéraux réalisés englobent le cours de la Versoix; c'est dire l'importance écologique de cette rivière. Deux zones se distinguent par les protections légales qui les recouvrent: sur Genève, il s'agit de la zone alluviale* qui comprend la réserve naturelle du Bois du Faisan et sur Vaud, de l'ensemble du parcours frontalier de la Versoix.
A noter aussi que l'embouchure de la Versoix est inclue dans l'inventaire des zones d'importance internationale pour les oiseaux d'eau (OROEM).
La zone alluviale* des Gravines, située entre le hameau de la Bâtie et le bourg de Versoix fait partie de l'inventaire des zones alluviales d'importance nationale. En fait, la zone alluviale ne se limite pas au périmètre reconnu et des associations riveraines humides plus ou moins étendues accompagnent le cours d'eau sur la quasi totalité de son parcours genevois.
Si le cours de la rivière est relativement bien protégé du côté suisse, il ne bénéficie actuellement d'aucune protection du côté français.

Milieux annexes
Les marais de la Versoix (marais des Bidonnes, de Divonne, d'Arbère et de Prodon sur France et marais des Bidonnes, des lles et Grand Bataillard sur Suisse) couvrent la presque totalité du parcours frontalier de la Versoix. D'une superficie de 700 ha, ils forment le seul biotope de ce type dans le bassin du léman. L'aménagement dans les années soixante du lac de Divonne a amputé les marais d'une superficie de 140 ha. Les remblais provenant du creusement du lac ont quasiment comblé le marais d'Arbère et contribué à la création de la zone artisanale et de la zone sportive. Aujourd'hui, la totalité des marais situés sur Suisse sont protégés par divers inventaires d'importance nationale, ainsi que le marais des Bidonnes en France.

Les marais de la Versoix accueillent une grande diversité floristique.
Occupation des sols
Si la forêt accompagne la majeure partie du parcours genevois de la Versoix, l'urbanisation du pied du Jura a pris une ampleur considérable et on assiste à un mitage progressif du paysage.
Bassin versant* et paysage
Le bocage accompagne la rivière sur France alors que les bois dominent le parcours genevois. La ripisylve* qui accompagne la Versoix et ses affluents* contribue à structurer le paysage et à renforcer son caractère bocager *.
Crues*
Les crues de la Versoix sont « relativement modestes », bien qu'impressionnantes lorsqu'on y assiste sur place, par rapport à la taille du bassin versant*; ceci s'explique en partie par la rétention effectuée dans la région de Divonne par les anciens marais qui contribuent fortement à l'écrêtage* des crues.

La Versoix en crue vers 1910 (amont route Suisse)

….et l'érosion des berges qui peut en résulter
Des crues « importantes » ont eu lieu au début des années 90 (40 m3/s en 1991, 1992 et 1993) avec une crue majeure de 50 à 60 m3/s en 1990, entraînant des phénomènes d'érosion* tout à fait remarquables en amont du Bois du Faisan.
Erosion*
Cinq zones instables se situent au bord de la Versoix dont quatre se trouvent dans la zone alluviale d'importance nationale. D'autre part, plusieurs zones d'érosion sont présentes le long du cours d'eau, témoins de l'ampleur des crues.
Qualité globale
Qualité* physico-chimique des eaux
Sur la base des résultats des analyses réalisées régulièrement dans la Versoix, on observe que:
- de la source jusqu'à Chavannes-de-Bogis environ, la rivière peut être considérée comme non polluée.
- Le rejet de l'effluent* de la station d'épuration des eaux usées* de Divonne dégrade gravement la qualité des eaux, en particulier par des apports d'ammoniaque* et de matière* organique biodégradable: la rivière est alors nettement polluée dans ce secteur.
- Grâce à l'autoépuration* à laquelle contribuent les marais, faisant office de bassin de décantation naturel, la rivière retrouve dès Sauverny une eau faiblement polluée sur le plan physico-chimique.
- Plus en aval, en rive droite, la Versoix reçoit son principal affluent*, l'Oudar, dont les eaux sont globalement encore plus chargées en polluants, malgré les efforts entrepris sur la station d'épuration de l'Oudar. En dépit de ces apports, la pollution physico-chimique reste faible jusqu'à l'embouchure dans le lac à Versoix.
Qualité sanitaire* (microbiologique)
La qualité sanitaire est variable selon l'endroit et les saisons considérés. De Divonne jusqu'à Chavannes-de-Bogis, elle est médiocre du fait des apports d'eau de ruissellement des surfaces urbaines en périodes pluvieuses surtout.
A l'aval des rejets de la station d'épuration des eaux usées* de Divonne, la qualité sanitaire est très mauvaise: elle reste médiocre et impropre à la baignade jusqu'à l'embouchure au lac.
Qualité piscicole
Potentiellement, la Versoix est une rivière de grande valeur pour les salmonidés (truites fario et lacustres, ombres), mais le rendement de la pêche est en baisse.

Pêche à la mouche.
On y trouve la population la plus importante d'ombres du canton et une remontée significative de truites lacustres en hiver pour la reproduction. Des eaux fraîches et un débit* soutenu en été, contribuent à la valeur élevée de l'habitat, mais un charriage important de limons, lors des crues, conjugué à la pollution des eaux, ne permettent pas à la rivière d'atteindre son véritable potentiel.
La détérioration de la qualité des eaux est due, d'une part, aux rejets des STEP* de Divonne et de l'Oudar, et, d'autre part, aux eaux de l'autoroute et de la STEP de Chavannes-des-Bois (lors de fortes pluies, le Creuson charrie les eaux de l'autoroute). Conjugués, ces impacts sont très négatifs sur le développement des salmonidés, surtout lors des premiers stades de vie du poisson. Pour se développer, les oeufs des truites ont besoin de graviers non colmatés et bien oxygénés. Une fois sortis des oeufs, les alevins sont également très sensibles à la qualité et à la température de l'eau.
Qualité biologique* globale
La qualité biologique* de la Versoix est généralement bonne jusqu'à l'aval de la ville de Divonne. Elle est alors fortement dégradée par les rejets de la station d'épuration (STEP*) de cette agglomération. Grâce à son cours naturel, permettant une autoépuration* efficace, la situation redevient satisfaisante à l'entrée dans le canton de Genève (Sauverny). Entre la jonction de l'Oudar et le lac, d'importantes fluctuations de la qualité biologique, difficiles à expliquer, sont constatées.

La qualité biologique des affluents* de la Versoix est globalement préoccupante.
Les dérivations de la Versoix qui traversent l'enclave de Céligny (Nants de Pry et du Brassu) présentent également une qualité biologique bonne à médiocre selon la saison et la station. Quant au Nant de Braille, il est généralement de mauvaise qualité.

Altération et assainissement
PRINCIPALES SOURCES D'ALTÉRATION
Rejets de STEP*
Sur le cours français de la Versoix :
- STEP de Divonne, équivalant* à 15 000 habitants: une unité de déphosphatation a été mise en place en 1994. Un programme d'élimination des eaux parasites est en cours. Des travaux sont entrepris en 2001 et 2002 pour améliorer la capacité de l'installation.
- STEP de l'Oudar : la STEP, redimensionnée et complétée par une étape de déphosphatation, a été inaugurée en 1996. Equivalant à 5700 habitants.
- STEP de Vesancy : lagune réalisée en 1991. Capacité équivalant à 450 habitants.
Sur le cours suisse de la Versoix : Vaud:
- STEP de Bogis-Bossey: équivalant* à 2000 habitants, avec déphosphatation, se jette dans le Greny.
- STEP de Chavannes-des-Bois, équivalant à 625 habitants, avec déphosphatation, se jette dans le Creuson.
Genève: néant.
Habitants dans le bassin versant* : Genève: Pour les eaux usées*, les habitants des communes de Versoix et de Collex-Bossy (Le Moulin) sont raccordés à la STEP d'Aïre.
Déversoirs d'orage* Genève: néant.
Rejet ponctuel (le Brassu).
Déversements accidentels
Toutes les industries sont raccordées à une STEP*. Le stockage d'hydrocarbures à la papeterie a été assaini.
Pollution d'origine agricole et maraîchère
Pollution diffuse* liée à l'utilisation de fertilisants de synthèse.
Station de pompage et de relevage
Rejet exceptionnel du trop plein (à Versoix).
Autres déversements par les réseaux*
Rejet des eaux pluviales* des réseaux séparatifs* des communes riveraines.
Risques naturels
Glissement de terrain de : Crève-coeur, Villars, canal de Versoix à Saint-Loup, Bois de Machefer, Hameau de Machefer, la Vieille-Bâtie, le Grand-Bois.
Risques artificiels
Remblayage des anciennes gravières des Gravines avec des matériaux non contrôlés et des scories de l'ancienne usine d'incinération des déchets de Versoix.
ETAT DE L'ASSAINISSEMENT
Le réseau d'égouts
Genève: 100 % de la zone à bâtir du bassin versant* de la Versoix est en réseau séparatif* et raccordée à la STEP* d'Aïre. Seul le plateau de Richelien reste en unitaire (projet en cours pour un raccordement sur la STEP d' Aïre), le hameau de la Bâtie (installations d'épurations individuelles), ainsi que le hameau de Sauverny (projet en cours pour raccordement sur la STEP de l'Oudar en France).
Réseau d'assainissement
Genève: 5 % unitaire,
95 % séparatif.
France: en grande partie unitaire.
Assainissement individuel et collectif privé
Genève: La presque totalité des habitants du bassin versant* est raccordée à la STEP* d'Aïre. Quelques habitations isolées, qui ne sont pas raccordées, disposent de leur propre installation de traitement.
Hameau de Sauverny :
environ 45 Equivalant*-habitant
Plateau de Richelien :
environ 140 Equivalant-habitant
Exutoire* de stations de pompage
Genève: un seul ouvrage avec exutoire direct dans la Versoix.
Commune de Versoix : Station de pompage des Forains (surverse de sécurité Vx 9)

La Versoix près de Sauverny.
Résumé des actions de revalorisation

Actions permanentes
- Poursuite des travaux de mise en séparatif* des canalisations du réseau secondaire*, notamment dans la région de Richelien/La Bâtie dans laquelle subsistent des habitations individuelles non raccordées;
- contrôle des installations de stockage de produits pouvant altérer les eaux;
- contrôle des industries;
- recherche des causes de pollutions dénoncées et prise des mesures subséquentes pour les faire supprimer.
Le réseau agroécologique COLVER
Mis en place par les agriculteurs des communes de Collex-Bossy et Versoix, le réseau COLVER encourage l'implantation de surfaces de compensation écologiques (milieux proches de l'état naturel). Ces dernières valorisent le paysage et favorisent la biodiversité.
MESURES DE REVALORISATION PRIORITAIRES
Un travail considérable a déjà été entrepris. Dès le début des années nonante, de nombreux murs faisant obstacle à la libre divagation du cours d'eau en zone alluviale ont été progressivement démolis, tandis que des canaux étaient creusés et curés pour améliorer l'alimentation en eau de la zone. Le travail se poursuit encore aujourd'hui alors que la décanalisation de la Versoix en zone urbaine est à l'étude.
De gros efforts ont été fournis depuis 1998 pour améliorer la migration de la truite de rivière. Sur trois obstacles majeurs, il n'en reste qu'un seul qui pose encore problème et des travaux sont programmés. Après la réfection de la passe à poissons située sous le Pont CFF, c'est une nouvelle échelle à poissons qui été inaugurée en 1997 au barrage des Usiniers, grâce aux efforts conjugués des pêcheurs, de la Commission de la pêche et du canton. Lorsque les travaux prévus au barrage Estier auront été terminés, plus rien ne s'opposera à la remontée des truites de la Versoix du lac jusqu'aux marais de la haute Versoix.
Inscrite dans le cadre du vaste programme de renaturation des cours d'eau du canton de Genève, la loi adoptée par le Grand Conseil en 1998 a dégagé les ressources permettant de revaloriser la Versoix, ses affluents et ses nombreuses dérivations. Entre 1998 et 2000, l'ensemble des canaux et dérivations de la Versoix ont été aménagés pour permettre à la truite d'y accéder librement et des frayères ont été créées pour favoriser sa reproduction. Ces travaux étaient prioritaires pour la préservation de la truite sauvage car cette dernière choisit de préférence de petites dérivations calmes pour frayer afin de préserver sa progéniture. L'espèce est en régression dans l'ensemble de la Suisse, comme dans les pays voisins.
Enfin, pour augmenter la diversité des milieux naturels proches du cours d'eau, une zone humide a été aménagée en aval de Sauverny, alimentée par la nappe superficielle d'accompagnement de la Versoix. C'est également dans ce cadre législatif que la démolition des murets et fortin, sis en zone alluviale, a pu s'effectuer.

La Versoix urbaine.
Un plan de protection pour l'ensemble du vallon de la Versoix
Malgré un environnement encore naturel, le vallon de la Versoix montre sur territoire genevois plusieurs ruptures entraînant des déséquilibres marqués au niveau de l'aménagement du territoire et du fonctionnement du réseau écologique. S'appuyant sur une pétition du WWF-Genève, un plan de protection de l'ensemble du vallon de la Versoix sur territoire genevois est en gestation depuis 1997. Sa concrétisation sous la forme d'un projet de loi sur la protection générale et l'aménagement des rives de la Versoix est en cours d'élaboration.
Questions transfrontalières
La Versoix prenant sa source en France, une approche transfrontalière reste cependant indispensable. Le contrat de rivière du pays de Gex a été lancé en été 2000. Il associe les collectivités françaises et suisses et couvre l'ensemble des rivières du pays de Gex, dont la Versoix. Le contrat de rivières est une démarche globale de réhabilitation du milieu aquatique. Il associe l'ensemble des acteurs autour d'un même projet. Il permet d'identifier les problèmes, de définir des objectifs et aboutit à une série d'actions dans des délais déterminés. Le contrat de rivières du pays de Gex est aujourd'hui dans sa phase d'études; il doit aboutir en 2002 à un accord technique et financier qui cadre le programme de travaux pour une durée de cinq ans. Les objectifs recherchés sont multiples: il s'agit d'appréhender la rivière dans sa globalité, par le biais d'actions de préservation, de restauration et d'entretien qui s'inscrivent dans la durée (assainissement, renaturation, fonctionnement hydraulique et hydrologique).

Echelle à poissons du barrage des Usiniers.
Cette fiche-rivière a été élaborée par le Département de l’intérieur,
de l’agriculture, de l'environnement et de l'énergie (DIAE),
en particulier avec les services de "environnement suivants:
Service de renaturation des cours d'eau et des rives
Service cantonal d'hydrobiologie
Service des forêts, de la protection
de la nature et du paysage (SFPNP) Service cantonal de géologie
Service du lac et des cours d'eau
Service du traitement des eaux
Service des contrôles de l'assainissement
Avec nos remerciements:
aux Conservatoire et Jardin botaniques de la Ville de Genève, à Pro Natura, au Muséum d'histoire naturelle de Genève, aux mairies de Colley-Bossy et de Versoix, à l'Office du tourisme de Divonne, à MM Roger Borel et Thierry Sandoz.
Photographies :
divers services du DIAE. J.-C. Brutsch, Blatt lightmotif,
Peter Colbert (pp. 1, 5, 36, 47),
Mairie de Versoix, Centre d'iconographies genevoises. Fleurs: B. & A. Jetzer
Dessins de poissons:
tirés de l'ouvrage de M. Lunel, avec l'aimable autorisation du Muséum d'histoire naturelle;
de château : René Wulser;
animaliers: Pierre Baumgart.
Graphisme:
La virgule de Polo, Genève
Glossaire
A Affluent
Cours d'eau qui se jette dans un autre.
Alluvial(e)
Qui a rapport aux matières emportées et dé. posées par l'action d'un cours d'eau. Ammoniaque
Sous forme dissoute dans l'eau, l'ammoniac (NH3) se trouve majoritairement sous forme d'ions ammonium (NH4+). Il provient essentiellement des engrais agricoles et des effluents de STEP, sauf celles qui procèdent à la nitrification. L’ammoniac peut être toxique pour les poissons et la faune benthique. L’homme produit chaque jour environ 10g d'azote qui passe rapidement sous forme ammoniacale dans les eaux usées.
Argilo-limoneux
Terrain à matériaux fins constitués d'argiles et de limons, dont la fraction principale est de l'argile.
Autoépuration
Ensemble des processus biologiques, chimiques et physiques par lesquels un biotope aquatique pollué retrouve naturellement son état de pureté sans intervention extérieure.
B Bassin versant
Surface du territoire sur lequel les précipitations s'écoulent vers un cours d'eau.
Bocager
Région où les champs et les prés sont enclos par des levées de terre portant des haies ou des rangées d'arbres.
C Cariçaie
Du latin" Carex ", plante herbacée peu spectaculaire, les laîches ressemblent à des graminées.
Crue
Montée des eaux d'un cours d'eau à la suite de précipitations atmosphériques abondantes ou de la fonte des neiges.
D Débit
Volume d'eau qui s'écoule par unité de temps (1 m3/s = 1'000 litres par seconde).
Débit de crue
Débit élevé lors d'événements pouvant survenir tous les dix ans (crue décennale), tous les 30 ans ou tous les cent ans (centennale). Les crues les plus fortes se produisent lorsque des précipitations abondantes sont associées à la fonte de neige.
Débit d'étiage
Débit en période d'étiage'. En Suisse, il est défini comme le niveau atteint ou dépassé pendant 347 jours par année (Q347).
Débit médian
Débit atteint ou dépassé durant la moitié de l'année, soit 182 jours (Q182).
Débit moyen
Moyenne annuelle des débits.
Déversoir d'orage
Dans le cas des réseaux unitaires, les débits en cas d'orage deviennent trop importants pour être conduits aux STEP. Les déversoirs d'orages permettent d'évacuer ces eaux, qui contiennent un certain pourcentage d'eaux usées, vers le milieu naturel (rivière, lac).
Diffus / diffuses
(rejets, apports ou pollutions ...)
Qualifie des charges polluantes qui n'ont pas de sources géographiquement déterminées. C'est en particulier le cas de la plupart des rejets liés aux activités de l'agriculture et de l'élevage.
E Eaux usées
Elles comprennent les eaux domestiques (cuisine, lavage, toilette, matières fécales, urines...) et les eaux résiduaires industrielles.
Eaux pluviales (eaux claires)
Partie des précipitations atmosphériques recueillie par les toitures et tous les sols rendus étanches par du béton ou du bitume (parkings, chaussées, trottoirs), ainsi que l'eau qui s'écoule des fontaines publiques.
Ecrêtage des crues
Processus par lequel l'amplitude maximum
des crues est diminuée par des dispositifs de rétention (bassins artificiels).
Effluent
Eaux rejetées par une STEP ou une installation industrielle.
Equivalent-habitant
Notion utilisée pour exprimer la charge polluante d'un effluent ou la capacité de traitement d'une STEP. La capacité d'une STEP est généralement supérieure au nombre d'habitants raccordés pour tenir compte des eaux usées industrielles ou artisanales et, dans certaines zones, des périodes de pointes touristiques.
Erosion
Arrachage par l'eau des matériaux constituant le lit ou les berges.
Etiage
Baisse périodique, généralement en été, du débit d'un cours d'eau; le plus bas niveau des eaux.
Exonder
en parlant de plage émergeant selon les circonstances: décrue, étiage.
Exsurgence
Source issue d'eaux ayant comme origine unique l'infiltration (cas typique de la neige qui fond sur un plateau calcaire karstifié par exemple).
Exutoire
Lieu de déversement (d'une station d'épuration ou d'un déversoir d'orage dans une rivière, d'une rivière dans une autre ... ).
F Faune benthique
Ensemble de la faune d'invertébrés vivant sur le fond des rivières (mollusques, vers, larves d'insectes etc.).
Fluvio-glaciaire
Qui se rapporte à la conséquence du passage d'un cours d'eau et de glacier
G Gélif
Qui s'est fendu ou peut se fendre sous l'action du froid.
Granulométrie
Echelle de grosseur des grains de sable ou gravier.
H Hygrophiles
Qui aime l'humidité.
I IBGN
Indice de qualité biologique global normalisé (voir sous « qualité biologique» et sous «objectifs de qualité»)
K Karstiques
Relief particulier aux régions dans lesquelles les roches calcaires forment d'épaisses assises, et résultant de l'action, en grande partie souterraine, d'eaux qui dissolvent le carbonate de calcium.
L Lit
Creux naturel du sol, canal dans lequel coule un cours d'eau. Un lit mineur peut, naturellement ou artificiellement, être creusé dans le lit majeur. En période de basses eaux, l'évaporation est ainsi limitée.
M Matière* organique biodégradable
Cette matière, essentiellement carbonée, provient pour une part de la production interne du milieu et pour une autre part des sols et de l'activité humaine; sa teneur dans l'eau est estimée par la mesure de la quantité d'oxygène nécessaire à sa dégradation (DBO5). Un homme produit chaque jour environ 70 g de DBO5. Les STEP doivent éliminer en moyenne 90 % de la DBO5 apportée par les eaux usées.
Molinie
Graminée. Cette grande herbe qui se balance au vent porte le nom d'un botaniste chilien, G.F. Molina. A l'automne, toute la plante prend les couleurs bistre de la savane.
N Nitrification
Oxydation en nitrate de l'ammoniaque et des nitrites dissous dans les eaux.
Nival
Alimenté par la neige.

La Versoix en hiver.
P Percolation
Pénétration lente des eaux de pluie dans le sol.
Plan de chevauchement
Surface de contact entre un ensemble de terrains recouvrant un autre ensemble de terrains.
Q Qualité biologique
L’analyse de la qualité biologique exprime les effets des dégradations chimiques et physiques du milieu sur les organismes aquatiques. Elle est basée sur l'observation de la faune benthique* qui détermine un indice de qualité biologique globale normalisé de l'eau (IBGN) allant de 1 à 20 et qui permet de classer les cours d'eau en 5 catégories :
très bonne (17)
bonne (13-16)
médiocre (9-2)
mauvaise (5-8)
très mauvaise (< 5).
Qualité physico-chimique
Les paramètres physico-chimiques les plus couramment mesurés sont le pH (degré d'acidité), la conductivité, l'oxygène dissous, la DB05, ainsi que la teneur en phosphore, sulfate, chlorure, COD, calcium, magnésium et en différentes formes de l'azote. La recherche de produits antiparasitaires, de micropolluants et de métaux lourds peut compléter ces analyses.
Qualité sanitaire
La qualité sanitaire est évaluée selon des critères chimiques et surtout bactériologiques qui permettent d'apprécier si une eau peut être destinée à la baignade. Ni l'Aire ni la Drize ne répondent, et de loin, à ces critères. La qualité bactériologique et la protection piscicole font que la baignade est déconseillée dans toutes les rivières genevoises.
R Régime
Ensemble des phénomènes régissant les variations de débit d'un cours d'eau: glaciaire (qui dépend de la fonte des glaciers), nival* (alimenté par les neiges) ou pluvial (qui dépend des pluies).
Réseau ou système séparatif
Système de canalisations composé de deux réseaux distincts, l'un conduisant les eaux usées vers une STEP, l'autre conduisant les eaux pluviales vers le milieu naturel (rivière, lac).
Réseau ou système unitaire
Réseau d'égouts collectant les eaux usées et les eaux de ruissellement (nivales et pluviales) dans une même canalisation.
Ripisylves
Arbustes des rives.
S STEP
Station d'épuration des eaux usées d'origine domestique ou industrielle.
Stations de pompage ou de relevage
Installation permettant de relever des eaux, dans le cas présent des eaux usées, à un niveau suffisant pour assurer un écoulement gravitaire dans le réseau aval de canalisations.
Statut du cours d'eau
Sur sol Suisse, le propriétaire responsable de l'entretien du cours d'eau peut être le canton, une commune ou un privé. Sur sol français, la propriété des cours d'eau peut être publique ou privée et s'arrête alors au centre du lit*.
Substrat
Roche de base, couche géologique inférieure.
Fiches-rivières déjà parues:
N° 1 L'Allondon (2éme édition)
N° 2 La Versoix (2éme édition)
N° 3 L'Aire
N° 4 L'Herrnance
N° 5 La Drize
N° 6 La Laire
N° 7 L'Arve
N° 8 Le Foron
N° 9 Le Rhône
Fiches-rivières à paraître:
La Seyrnaz et ses affluents
Le Marquet - Gobé - Vengeron
Le Nant d'Avril
Pour toute information:
Renaturation des cours d'eau et des rives
1, rue David-Dufour
Case postale 206
1211 Genève 8
Tél. 022 / 327 70 84

Bassin versant* de la Versoix.

Juillet 2001