Editorial

Les hydrobiologistes sont formels: la Seymaz est le mauvais élève dans la classe des rivières genevoises. Et cela fait plus de vingt ans que ça dure! Les analyses de la petite faune aquatique réalisées depuis 1980 indiquent une certaine constance dans la médiocrité, puisque la Seymaz est systématiquement très en dessous des normes de qualité biologique.
Plusieurs éléments expliquent ce triste constat: berges canalisées, réchauffement excessif de l'eau lié à l'absence de végétation riveraine, apports de substances nutritives liées à l'agriculture. Toutefois, cette situation n'est pas irréversible. Les rivières sont des milieux extraordinairement adaptables, et elles peuvent se régénérer dans des délais rapides. Pour autant que leur soient rendues les conditions cadre leur permettant de retrouver leur dynamique.
Encouragé par une motion déposée au Grand Conseil au début de l'année 1993, demandant la réhabilitation de la Seymaz canalisée et de ses affluents enterrés, le Conseil d'Etat a lancé plusieurs études. Elles se sont concrétisées par des lois et des premières réalisations sur le terrain.
Cependant, ce n'est qu'en 2003 que le canal de la Seymaz laissera sa place à une vraie rivière, tout d'abord dans la région de la Touvière et du Chambet. Près de dix années auront été nécessaires pour concrétiser les vreux du parlement et plus largement ceux de l'ensemble de la population de ce canton. Nous n'en apprécierons que mÎeux tout le travail et toute la patience nécessaires pour aboutir au résultat d'une Seymaz revitalisée, abritant des milieux et des espèces diversifiés.

       Robert Cramer Président du Département de l'intérieur, de l'agriculture et de l'environnement

Sommaire

Origine de la rivière
Richesses naturelles
découverte du site
Promenades
Carte des promenades
Gîtes ruraux et marchés à la ferme
Généralités
Une rivière en danger
Préhistoire
Histoire
Etat actuel
Qualité globale
Altération et assainissement
Actions et mesures de revalorisation proposées
Glossaire


Les mots suivis d'un astérisque (*) renvoient au glossaire

La Seymaz, fiche-rivière no 10

"La nature ne fait jamais d'erreurs. Oui, mais pourquoi ? Peut- être précisément parce que, étant l'initiatrice, la Nature devient aussi sa référence ultime.» 
Hubert Reeves,
      Poussière d'étoiles.

  Point d'origine de la rivière

Origine de la rivière

L'origine exacte de la Seymaz a été longtemps controversée : certains documents la situaient au départ du canal de la Touvière, dans les terrains autrefois marécageux voisins des ruines du château de Rouëlbeau (commune de Meinier), d'autres publications situaient sa source dans le bois de jussy, aux Prés-de-Villette (commune de Gy). A l'occasion des travaux de renaturation entrepris en 1999, c'est la première localisation qui a été déclarée officielle; l'autre correspond en fait à la source du Chambet, principal affluent* de la Seymaz de par sa longueur.

  Anciens marais de la haute Seymaz

Toponymle (finXIX'siècle). Assez paradoxalement, le nom de Seymaz viendrait d'une langue parlée par les Celtes et signifierait « rapide, violent, puissant ».

Richesses naturelles

La région du bassin de la Seymaz était autrefois une zane marécageuse. Les grands marais (Choulex, Le Carré, Meinier, Corsinge et Sionnet) concentraient ou restituaient les eaux selon la période, régularisant ainsi le débit de la rivière. Drainés dès la fin du XIXe siècle pour laisser place à l'agriculture, des prairies humides ne subsistent qu'à la confluence de la Seymaz et du Chambet, là aù se situait le coeur des anciens marais et dans les bois de Jussy. De nouveaux aménagements viennent progressivement étoffer ces reliquats.

Les zones humides du bassin de la Haute Seymaz sont d'autant plus importantes qu'elles sont rares et clairsemées. Elle jouent un rôle de refuge pour une faune et une flore caractéristiques et sont une escale prisée par les oiseaux migrateurs.

          Flore

La végétation typique des cours d'eau manque sur l'ensemble du cours de la Seymaz. Or, elle est fondamentale pour l'établissement de la plupart des espèces animales liéès aux milieux humides. Ainsi, les anciens marais de la haute Seymaz étaient particulièrement riches sur le plan botanique avant leur assainissement. La présence de 136 espèces de plantes palustres a pu être établie (Burdet, 1975), attestant de la diversité autrefois très importante des milieux (mares et étangs, marais, zones d'interface, prairies humides, eaux courantes). La plupart ont disparu du bassin de la Seymaz suite à l'assèchement des marais.
Aujourd'hui, la tendance s'inverse, grâce à la renaturation des cours d'eau et la recréation de zones humides: des milieux naturels adéquats sont recréés, permettant le retourd'espèces qui en sont tributaires, comme la petite massette ou l'iris de Sibérie.
Les compensations écologiques encouragées par la nouvelle politique agricole suisse favorisent quant à elles le retour de plantes agrestes qui étaient devenues rares telles le bluet, le miroir de Vénus, l'épiaire annuelle, la véronique luisante, le trèfle des champs, la buglosse des champs sur les sols alluviaux graveleux, l'anthémis des champs, le grémil des champs, la renoncule des champs, le lamier hybride, la linaire élatine ou la linaire bâtarde sur des sols moyens à mi-lourds, la renoncule sarde ou le bident tripartit sur des sols anciennement inondés (extrait de Malagnou 4/95, Editions Pro Natura).

La disparition des arbres et des haies entraîne celle de nombreuses espèces, tant animales que végétales, qui leur sont associées; elle représente un appauvrissement indéniable sur le plan paysager. C'est pourquoi la préservation de ces éléments structurants, trop longtemps négligée, est aujourd'hui systématiquement prise en compte.
Le plan directeur forestier recense 14 objets auxquels il attribue des fonctions paysagères et de conservation de la nature. Ces fonctions concernent également les cordons boisés qui accompagnent la Seymaz et qui constitue une pénétrante verte dans la ville. Dans la partie urbaine, les espèces hygrophiles habituelles (saules, aulnes) ne sont que rarement presentes et aucune formation caractéristique des bords de rivière ne se rencontre. 

Les essences actuelles - non adaptées comme les marronniers, les érables ou les tilleuls - sont défavorables à la stabilité des berges. 
Ce dernier point a toute son importance, dans la mesure où les perturbations du régime hydrologique ont considérablement augmenté la fréquence des petites crues et par conséquent l'érosion.
Les saules taillés en têtard sont caractéristiques de la partie amont du bassin versant de la Seymaz. De magnifiques allées de chênes bordent chemins et allées, témoins actuels des anciennes limites de propriétés de la région. Vandoeuvres et les communes dites des Trois Chênes manifestent leur attachement à cet ambassadeur de la forêt genevoise en préservant le patrimoine existant et en replantant de nombreux jeunes sujets.

   Faune

Les prairies humides de la région intéressent particulièrement les petits échassiers, d'autant que pour le canton, c'est l'une des rares escales sur la route de migration des limicoles.

Mammifères
Si la faune sauvage a fortement régressé dans la région sous la pression humaine croissante, la fouine et le renard sont toutefois assez fréquents et savent profiter des activités anthropiques. le blaireau et l'hermine apprécient les bois des abords de la seymaz. les chauves-souris et notamment le murin de Daubenton chassent le long du cours de la Seymaz. Il arrive même qu'un chevreuil ou une biche vienne s'abreuver dans une mare. Dans la cadre de la renaturation, il sera tenu compte des besoins des espèces encore présentes dans le bassin versant de la Seymaz comme le lièvre dont les effectifs sont encore importants dans la région. Quant au castor, tout est entrepris pour favoriser son retour, si l'envie lui prend de remonter la Seymaz depuis l'Arve, où il est bien présent, ou de quitter le bassin voisin de I'Hermance qu'il fréquente. Enfin, les sangliers des bois de Jussy font aussi régulièrement des incursions dans la plaine pour le plus grand regret des agriculteurs qui redoutent les dégâts aux cultures qu'ils peuvent causer.

    Saules têtards (plaine de la Seymaz).

Oiseaux
Quatre groupes d'oiseaux fréquentent la Seymaz et ses environs : 
les nicheurs liés à la rivière dont la bergeronnette des ruisseaux, le cincle plongeur et le martin pêcheur actuellement présents;
-  les nicheurs liés aux milieux humides tels le canard colvert, le grèbe castagneux, la foulque et la rousserolle effarvatte;
-  les nicheurs liés aux espaces agricoles extensifs: caille des blés, tarier pâtre, fauvette grisette et bruant proyer;
-  les migrateurs: canards hivernants, limicoles, pipits, bergeronnettes printanières, busards, etc.

   Hibou moyen-duc.


La diversité actuelle est intéres sante et souvent liée aux conditions hydriques des milieux humides. La comparaison des données actuelles avec celles du début du XXe siècle met cependant en évidence un appauvris sement très important. Des espèces nicheuses, aujourd'hui menacées ou disparues en Suisse, se reprodui saient dans les marais de la haute Seymaz, notamment les sarcelles et le vanneau huppé. Quant aux espèces nicheuses liées aux milieux culturaux traditionnels, qui avaient en partie profité de l'assèchement des marais, plusieurs ont à leur tour disparu (notamment le tarier pâtre, le bruant zizi et le bruant ortolan), victimes de la banalisation des milieux cultivés amorcée dès 1950. Depuis, les pratiques culturales ont changé et tariers et bruants reviennent, mais il faudra attendre une amélioration conséquente de la diversité des milieux avant d'espérer leur retour en nombre.

Pour les oiseaux migrateurs, la haute Seymaz représente un site d'escale d'importance nationale. Cigognes, chevaliers, combattants, barges et busards rejoignent les hivernants, telles les bécassines des marais, pour y trouver repos et nourriture.

Les espaces ouverts de la plaine de la Seymaz sont des terrains de chasse pour des rapaces nocturnes (notamment la rare chouette chevêche et le hibou moyen-duc) et diurnes (faucons crécerelle et hobereau) qui nichent dans les environs.

   Tarier pâtre.

Reptiles et batraciens
La couleuvre à collier vit encore ponctuellement sur tout le cours et les batraciens sont bien représentés à l'amont du bassin, alors que l'inévitable grenouille rieuse se retrouve tout le long de la rivière.

Invertébrés
La diversité de cette faune, trop souvent imperceptible, représente un bon indice de qualité des milieux naturels. Très spécifiques quant au choix de leur milieu de vie, certains insectes apparaissent à la moindre amélioration de la qualité de ceux-ci b et disparaissent tout aussi vite lorsque le site subit les impacts négatifs des activités humaines. 

La population des libellules de la Seymaz fait l'objet d'un suivi régulier depuis 1997, réalisé par le laboratoire d'écologie et de biologie aquatique de l'Université de Genève pour le compte de l'Etat.

   Orthetrom brun (Orthetrom brunneum) mâle.

Mise en place tout d'abord pour mesurer l'impact des fauches tardives des talus enherbés du cours d'eau et des curages moins systématiques du lit, l'étude a ensuite été poursuivie afin d'évaluer le succès de la renaturation des milieux. Si la modification des habitudes d'entretien semblent avoir permis le maintien des populations de libellules, la renaturation a été décisive quant à leur essor. 

Plusieurs espèces de libellules fréquentent aujourd'hui les rives du Chambet et de la Seymaz; parmi celles-ci quelques-unes sont relativement communes, d'autres, en revanche, sont plus rares, voire menacées de disparition, telles le cordulegaster bidenté, l'orthetrum brun et l'orthetrum bleuissant. Une population de libellules fauves, limitée à quelques individus, a notamment été observée durant la belle saison sur le cours supérieur de la Seymaz; l'espèce se développe et se reproduit dans les eaux du Chambet.

Une douzaine d'espèces d'orthoptères (grillons, sauterelles et criquets) a été inventoriée dans les marais des Creuses et de Sionnet. Elles affectionnent les lieux frais à humides que l'on ne rencontre que dans peu d'autres sites du canton. le visiteur attentif et... à l'ouïe fine, découvrira cette charmante petite faune grâce au chant d'amour des mâles qui attirent les femelles par leurs« stridulations » (extrait de Malagnou 4/95).
On peut observer près des chênes le lucane Cerf-volant, l'un des plus grands coléoptères d'Europe, le Grand Capricorne, de même que la plus grosse des Cétoines (Potosia aeruginosa), d'un vert métallique mordoré, qui peut mesurer de 2,5 à 3 cm de long.

Poissons
Malgré la mauvaise qualité générale de ses eaux, la Seymaz abrite un peuplement piscicole relativement diversifié, essentiellement sur sa partie aval (secteur non canalisé et ombragé). Depuis 1980, 17 espèces ont été observées, dont 5 sont exotiques et indésirables (il s'agit par exemple du poisson chot, de la perche soleil ou du poisson rouge).

             
Spirlin                                          Vairon                                         Spirlin

Même si leur reproduction naturelle est encore régulièrement observée, quoique limitée par la piètre qualité de l'eau, les salmonidés comme la truite fario sont peu abondants dans la Seymaz et ses affluents. les espèces dominantes sont essentiellement les cyprinidés d'eau vive. On trouve en particulier le chevaine, le vairon, le spirlin et le blageon, ces deux dernières espèces étant d'ailleurs menacées au niveau national. La Seymaz est le dernier cours d'eau du canton à abriter une population de spirlin depuis sa disparition de la Laire. Dans la partie amont de la rivière (secteur canalisé), le peuplement piscicole est très limité, et fragile. On y trouve seulement des vairons et des épinoches.

Promenades

La Seymaz peut être suivie. sur , tout son cours, ainsi que son affluent, le Chambet, jusqu'au marais des Prés-de-Villette. Nous vous proposons deux parcours, faciles d'accès par les transports publics, à vélo ou en voiture.
Attention: les promeneurs devront être particulièrement attentifs aux zones mises à ban.

En descendant le cours de la Seymaz
Itinéraires d'accès :
Deux possibilités: TPG tram 2 ou 16 jusqu'à Chêne-Bougeries, place du Colonel-Audéoud, en face du temple de Chêne-Bougeries) (A) ou bus 9 (de la gare Cornavin en direction de Petit-Bel-Air, descendre à l'arrêt «Seymaz») (B).
En voiture, parking à l'avenue A.-M. Mirany .
Se rendre à Chêne-Bourg, prendre le chemin de la Montagne et, après les grands immeubles qui le bordent sur la droite, tourner à droite dans l'avenue Mirany. Laisser la voiture au tennis-club sur la gauche, juste après le passage du pont sur la seymaz.

De l'arrêt « Seymaz » (TPG 9) (B)
De là, prendre la rive gauche de la Seymaz et marcher dans le sens du courant. Le chemin se précise dans un passage de haie qui borde la route. Peu facile d'accès pour les poussettes, il vaut mieux opter pour le "« Kangourou" (ce sac pour porter les enfants). Bien entretenu par la commune de Chêne-Bougeries, ce sentier permet de se promener en toute liberté.

Le chemin suit un alignement d'immeubles (1-11 av. Mirany) (C), puis une passerelle vous fait changer de rive au sentier du Tuyaz (D); vous revenez par un nouveau petit pont sur la rive gauche à la hauteur des immeubles du chemin de La Montagne (E). Passée l'étape des grosses constructions, la sérénité des petits cottages se retrouve.

Vous vous enfoncez alors dans un décor de rêve. Les arbres, soumis dans leur jeunesse au courant des fortes crues*, sont tous penchés vers l'est, comme s'ils s'inclinaient au lever du soleil. En face du lieu dit "de la Fleurette", dans ce méandre du cours, la force d'un chêne centenaire marque l'extrémité d'une presqu'île et, peu avant, sur la rive voisine, se trouve un jardin orné d'une statue d'échassier. Là, un petit portail précède quelques marches descendant jusqu'à l'onde. Vous vous situez à proximité du chemin des Hutins-des-Bois. (F)
Prendre alors en direction de Chêne-Bourg en s'enfonçant progressivement dans un milieu urbain de plus en plus construit, qui prolonge le parc de jeux pour enfants. Un petit escalier a été aménagé, menant vers la rive, dans un complexe urbanisé que vous ne découvrirez qu'en débouchant sur la rue de Genève. On y trouve de multiples endroits pour se désaltérer ou se restaurer.
 
Si le temps ne vous est pas compté, poursuivre la découverte en traversant la rue de Genève pour emprunter la rue du Péage (G). Cette dernière ne fait qu'une cinquantaine de mètres et mène à un passage pour piétons. Traverser la rue du Gothard et prendre le sentier qui s'amorce par un portail. Après une rangée de garages particuliers, longer le cours tranquille de la rivière pour parvenir dans un parc agrémenté de jeux pour enfants. L'atmosphère ici est sereine. Une jolie passerelle galbée vous fera changer de rive. Remonter « La Bessonnette » jusqu'à la salle communale de Chêne-Bougeries, non sans avoir admiré, au cours de la montée, un chêne dont les branches tordues s'élancent dans toutes les directions.
Il suffit de peu d'efforts pour se retrouver, aux abords de la ville, dans un Îlot de verdure et de calme !
                           

   Massette

En remontant le cours de la Seymaz
Avec le bus TPG 33, en voiture ou à vélo, se rendre à Chevrier, petit hameau jouxtant le village de Choulex. De là commence une longue promenade dans la campagne genevoise, avec les Alpes et les Voirons comme toile de fond. Plus de trois kilomètres de chemin permettent de suivre le cours de la rivière, hélas encore canalisé. le revêtement goudronné du chemin permet à de nombreuses familles de venir patiner, de prendre la poussette ou une trottinette en toute sécurité: en effet, ce chemin est interdit aux véhicules motorisés les week-ends et jours de fête.
     La Seymaz et son cordon boisé.

A la hauteur du chemin de sionnet (K), la seymaz fait un coude à angle droit et reçoit le ruisseau« le Chambet» qui grossit son cours. Si le choix est de suivre la rivière, qui n'est plus qu'un mince filet d'eau, prendre à gauche par le petit pont. Il conduit, par le chemin de Sionnet puis, en changeant de rive au pont la Vy la Tour, par le chemin de la Touvière, au carrefour de la route de Meinier où les eaux de la Seymaz ont été remises à ciel ouvert sous forme d'une zone humide, au voisinage des ruines du château de Rouëlbeau (L). (ette maison forte, construite à proximité, trouvait ainsi son approvisionnement en eau. C'est dans ces terres que se perd la naissance de notre rivière. le retour peut se faire par la Pallanterie (bus TPG « G ») en prenant le chemin qui rejoint la route de la Capite; prendre à droite pour rejoindre la Pallanterie.

Les Prés-de-Villette
Pour les amateurs de réserve naturelle, les Prés-de-Villette, dans les bois de Jussy, sont un réservoir de curiosités (voir la rubrique« Richesses naturelles »). Pour s'y rendre, on peut se renseigner auprès de Pro Natura Genève (16, rue Chausse-Coq, 1204 Genève, tél. 022 311 10 10) et demander le numéro spécial Malagnou 2/98 "Les Prés-de-Villette" 
Attention, ce site est une réserve naturelle ! Ne pas quitter le sentier, ne rien cueillir, ne prélever aucun insecte ou autre animal.

   Les Creuses

Gîtes ruraux et marchés à la ferme

Trois adresses offrent des possibilités d'hébergement. Pour l'achat de produits de la ferme, plusieurs autres adresses sont données dans le guide Genève tourisme rural, qui répertorie 40 adresses (accueil, vente, etc.), ou encore dans le tiré à part d'Agri-Genève sur la vente à la ferme. On peut également consulter le site Internet de l'Office de promotion des produits agricoles de Genève (www.opage.ch).

Jean Rivollet
Rte de Choulex 190
1244 Choulex
Tél. +41 22 750 1766 
famillerivollet@geneva-link.ch 
Gîte rural, table d'hôtes, vente directe

Pierre et Elisabeth Schüpbach 
Rte de Lullier 40
1254jussy
Tél. +41 22 759 13 71 
Fax +41 22 759 13 72
Chambres d'hôtes, Aventure-sur- la-paille

Raymond et Anna Chollet
Rte de Bellebouche 45
1252 Meinier
Tél. +41 22 751 20 57
Chambres d'hôtes, vente directe

Jean-Jacques et Thérèse Chollet Domaine de Merlinge
85, rte de Gy
1251 Gy
Tél. +41 22 759 15 92
www.fermedemerlinge.ch
Vente directe

    
Travaux de canalisation de la Seymaz (vers 1915)

Généralités

Statut* du cours d'eau
Cantonal sur tout son cours, la Seymaz est l'unique rivière entièrement genevoise.

Communes concernées du bassin versant*
Suisse: Meinier, Choulex, Gy, jussy, Puplinge, Thônex, Vandoeuvres, Presinge, Chêne-Bourg, Chêne-Bougeries.

Caractéristiques du bassin versant* 
Les nombreux marais formaient au début du siècle le principal réservoir de la Seymaz. Au début du XXe siècle, de vastes surfaces ont été asséchées pour gagner des terres cultivables. La rivière canalisée ne devint plus qu'un mince filet d'eau sortant de son lit* lors des crues*, d'autant plus puissantes que ses eaux étaient drainées et coulaient dans son canal.

Le bassin versant de la Seymaz représente une surface totale de 38,43 km2. Il est partagé en deux sous-bassins versants :
-  un bassin rural de 30,2 km2 situé dans la partie amont du cours d'eau canalisé, 
   principalement à vocation agricole et résidentielle; sa pente est moyenne à faible.
-  un bassin urbain de 8,23 km2 situé dans la partie aval, avec une pente un peu plus forte;
   le cours d'eau est plus proche de l'état naturel, malgré quelques tronçons canalisés.

Longueur du cours
La seymaz est l'une des rares rivières du canton entièrement genevoise. Elle fait 10,8 km de longueur à l'air libre, dont 5,7 km en aval du Pont-Bochet (zone urbaine).
La « source» de la seymaz est un réseau de canalisations rurales qui n'a pas été comptabilisé dans la longueur ci-dessus. S'il l'était, la longueur totale du cours serait de 14,8 km.
Le cours d'eau est canalisé sur 5,8 km entre la « source» de la Touvière et le Pont Ladame.

Amenagements
Dans la partie urbaine, quelques 23 tronçons ont été aménagés, notamment au droit du Pont-de-sous-Ville à Chêne-Bougeries. Le cours d'eau est canalisé sur presque tout son parcours amont: le projet de renaturation de la Seymaz et de ses affluents se développe actuellement sur ce secteur. Il comprend aussi la réalisation de zones inondables.

En 1996, le Nant du Paradis a été remis à l'air libre puis ce fut le tour de la partie aval du Chamboton aux Prés-de-l'Oie, en 1999. En 2000, une canalisation de 400 mètres a été remise à l'air libre à Rouëlbeau. Une deuxième loi Seymaz a été acceptée par le parlement au printemps 2002: elle prévoit la renaturation de 2,58 km de cours d'eau canalisés.

Hydrogéologie
La Seymaz coule, pratiquement sur toute sa longueur, sur des formations morainiques würmiennes de retrait, principalement de type limono-argileuse. Entre Chevrier et l'hôpital de Bel-Air ainsi que depuis Chêne-Bourg jusqu'à son embouchure dans l'Arve, le cours de la rivière se trouve  dans des alluvions (graviers et sables limoneux) qui sont en contact avec une nappe d'eau souterraine superficielle appelée nappe de Puplinge. Il se peut alors qu'à certaines périodes, la rivière alimente la nappe située environ 2 mètres en dessous de son lit*. 

   Remise à ciel ouvert du Chambotton 
Bassin de rétention pour absorber les crues

Aucune information ne permet à l'heure actuelle de préciser la pré sen ce d'une ou plusieurs nappes souterraines caractérisées qui pour raient être à l'origine des sources.  L'origine de l'eau de la rivière pro vient vraisemblabJement d'écoule ments hypodermiques sur un bassin versant relativement important.

  Bassin de rétention lors de la crue du 8 mars 2001.

Débit moyen*
A Pont-Bochet (zone rurale) : 350 l/s 
A Villette ( exutoire) : 400 l/s

Débit médian*
A Pont-Bochet (zone rurale) : 160 l/s 
A Villette (exutoire) : 200 l/s

Débit de crue*
A Pont-Bochet (zone rurale)
débit 10 ans = 13 m3/s, débit 100 ans =21 m3/s

A Villette ( exutoire* ) : 
débit 10 ans = 15.5 m3/s, débit 100 ans = 25 m3/s

Débit d'étiage*
A Pont-Bochet (zone rurale) : estimé à 22 l/s
A Villette (exutoire*) : estimé à 40 l/s

Régime* Régime pluvial

Affluents* principaux
Le Nant de Bessinge, le Manson qui devient le Nant du Paradis dans sa partie inférieure, le Chambet, le Chamboton, le canal de Compois et le Moulanais.

Mesures hydrologiques
Une station cantonale à Pont-Bochet.
Une station cantonale à Villette.
-  Une station cantonale sur le 25 Chambet.
-  Deux pluviographes cantonaux dans le bassin versant*.

Une rivière en danger

  
La Seymaz canalisée

La gangue de béton qui enserre la Haute Seymaz entraÎne une altération du milieu, elle ne permet plus le développement d'une faune et d'une flore aquatiques diversifiées.

Une rivière vivante a besoin d'espace, elle doit posséder des berges et un lit naturels. Ainsi, les graviers peuvent servir de frayères, alors que les méandres et la végétation des berges permettent aux poissons de s'abriter. La faune liée au cours d'eau s'épanouit, tandis que le lit majeur et les zones d'expansion des crues atténuent la puissance de celles-ci. 

Retrouver une dynamique naturelle en libérant la Seymaz de son corset de béton est l'un des objectifs incontournables des travaux de renaturation entrepris dans le bassin de la Seymaz (voir aussi " Résumé des actions et revalorisation proposées").

Préhistoire

Lors de sondages pédologiques effectués dans les tourbières de Rouëlbeau et de la Pallanterie, une couche de cendres volcaniques a été décelée, provenant d'un cratère situé dans l'Eifel (env. 500 km de Genève). Il ya environ 11 000 ans, la déflagration a projeté dans l'air une énorme quantité de cendres et creusé un cratère de 4 km de diamètre à l'emplacement actuel du Laachersee en Bavière (Sud de l'Allemagne).
Au début du XIXe siècle, on a retrouvé sur la butte du Carre d'Amont les restes d'une fonderie de l'âge du bronze (1250 à 900 ans av. J.-C) .

Voici ce qu'écrivait à la fin du XIXe siècle l'archéologue Reber: "Autour de 1835, on trouvait, au nord du village du Carre d'Amont, un foyer formé par une grosse pierre plate entourée de beaucoup de charbon, d'ossements humains et d'animaux; le tout entremêlé avec des morceaux de poterie très ordinaire, noire et rougeâtre. Les objets les plus curieux qu'on ait observés sont un creuset en terre et plusieurs moules en molasse pour épingles et pour une petite faucille". 

 La Seymaz avant correction (vers 1910)

Des hommes ont donc vécu dans la plaine de la Seymaz aux temps préhistoriques. Ils avaient besoin de deux conditions pour s'établir: de l'eau et une hauteur pour voir venir le danger. Au Carre d'Amont ces deux conditions étaient réunies. On peut imaginer, s'arrêtant sur les hauteurs du village d'aujourd'hui, quel paysage de marais bordés de forêts ont pu contempler ces communautés.

Histoire

En 1754, le traité de Turin fixa la limite du Royaume de Sardaigne le long de la Seymaz. 
Jusqu'en 1816, la frontière entre Genève et la Savoie était sur la Seymaz (et non sur le Foron comme aujourd'hui). Le passage de la rivière était commandé par un pont la hauteur de la rue du Péage à Chêne), flanqué, du côté de Chêne-Bourg, d'une maison d'un étage qui abritait la douane sarde. Le pont actuel de roche blanche a été construit en 1811 sous le régime français, probablement par l'ingénieur en chef du département du Léman, Nicolas Card. 
Le Chemin du Vieux-Pont s'écarte à la perpendiculaire de la rue du Vieux-Chêne pour rejoindre la Seymaz et un ancien pont. Il nous offre un goût de ce que pouvait être jadis l'ensemble du village. Tout comme le formidable pousse-roues qui marque son entrée, le pavage de boulets de la petite voie est un vestige exceptionnel pour le canton, et on peut encore observer la rigole centrale pour l'écoulement des eaux. 
Au-delà du chemin Naville, on peut découvrir un étonnant vestige de l'ancien tracé de la route de Malagnou. Il marque l'endroit où le chemin abordait la pente abrupte en serpentant pour atteindre le niveau de la Seymaz, traversée par une planche, puis par un pont, probablement en bois, remplacé à son tour, en 1824 par un "nouveau pont"
Le mur de pierres traditionnelles qui accompagnait le premier virage sur la gauche subsiste encore, en deux parties distinctes. Ce vestige rappelle l'époque où "la voie communale reliant Malagnou à Thônex et Chêne-Bourg" gagne en importance: en raison de l'encombrement de la route de Chêne, on procède en 1878 à la rectification de la rampe du Vallon et à l'élargissement du pont du même nom qui traverse la Seymaz. (Voir "Guide des chemins historiques du canton de Genève". Yves Bischofberger et Anita Frei. DAEL. Ed. Slatkine 1998).

Les marais de la Haute Seymaz et le château de Rouëlbeau
Au XIVe siècle, le premier château de « Roillebot » a été élevé en bois, d'après des archives retrouvées tout récemment à Rome et confirmées par les fouilles entreprises en 2001, où l'on a retrouvé des traces certaines de cette première construction, à savoir un sceau en plomb du pape Innocent IV et des carreaux d'arbalète. 


Les fouilles de Rouëlbeau

Ce château a été construit au milieu de vastes marais envahissant toute la campagne environnante. La période était troublée et les conflits fréquents. C'est sans doute peu après 1340 que la « Bastie de Roillebot » fut construite, en pierre cette fois, mais surmontée d'un chemin de ronde en bois, flanqué d'une tour à chaque angle. La « Bastie » était entourée de murs d'une épaisseur de 2,25 mètres. Parfois, après de fortes pluies ou au printemps, après des hivers particulièrement rigoureux, le château émergeait de ces eaux comme un petit Mont-Saint-Michel, dont les brumes stagnantes masquaient la base.

Des légendes courent encore sur ce château. L'une est dite « de la Dame blanche» : ce serait la première épouse d'Humbert de Cholex, répudiée par son mari, qui espérait toujours le voir revenir à elle. Elle apparaissait les nuits sans lune sur la seule tour encore dressée après la destruction du château. (voir « Contes et légendes de Genève », Jean-claude Mayor. Ed. Slalkine 1991). La seconde serait un chat noir aux yeux de braise qui ravirait l'âme de celui qui oserait s'en approcher.

   Vues anciennes des ruines de Rouëlbeau

Citons la tragique histoire de Claude et Jenon Dexert qui, en 1567, furent condamnés à mort. S'entendant mal avec leurs voisins, vivant un peu en retrait près des marais, il furent accusés de sorcellerie. Un procès fut ouvert, et, soumis à la torture, ils avouèrent avoir rencontré le diable (voir « Communes genevoises, passé et présent sous le méme angle ». J.-C. Mayor. Ed. Slatkine 1984.). 
Les anciens du pays disent encore qu'un tunnel partirait du château pour s'en éloigner en cas de siège. Mais dans une campagne aussi marécageuse, on voit mal comment ce tunnel ne serait pas une citerne pleine d'eau.

Le château a été détruit par les bernois en 1536, lors des premiers mouvements de la réforme.
Au début du XXe siècle encore, les marais de la plaine de la Seymaz étaient vastes. En hiver, solidement gelés, les gens de toute la région venaient y patiner. Cependant, dès le printemps, la nature reprenait ses droits. Le marais de Sionnet et le marais entourant les ruines du château de Rouëlbeau étaient alors à peine séparés.

Un texte tiré de Malagnou 4/95 décrit bien les paysages d'autrefois : "Ces marais plus ou moins inondés par tes pluies mais presque asséchés en été étaient nappés de roseaux et d'herbes rudes, ponctués de sautes têtards, étoilés de mares, cernés de haies et de boqueteaux. Sur leurs bords, des enfants menaient paître du bétail. Les paysans des alentours venaient faucher la "bâche", litière pour leurs bêtes, ou émonder* les saules; certains pêchaient des poissons ou des grenouilles. L'abondance des oiseaux y attirait les braconniers, les chasseurs et les collectionneurs d'oeufs " 

Les richesses naturelles d'antan sont connues en partie grâce à Robert Poncy (1875-1955). Ce naturaliste autodidacte a laissé des documents sur la flore et la faune et des publications éparses traitant surtout des oiseaux d'eau. D'autre part, le botaniste Hervé Burdet s'est attaché à retracer l'histoire ancienne des marais de la Seymaz, du lac postglaciaire à la steppe contemporaine. les marais n'avaient pas bonne réputation à l'époque. 
Dans l'imaginaire populaire, les marais ont toujours inspiré la crainte. On leur attribue souvent des pouvoirs maléfiques, à cause de leur apparence (plaine de plantes hautes empêchant un repérage facile, brume) ou de leur odeur nauséabonde (dégagement de méthane, odeurs de décomposition).

Ils exhalaient des miasmes, disait-on, et ils ne produisaient rien. Les nombreux animaux, trop agiles pour être visibles, donnaient sujets à toutes les interprétations les plus fabuleuses. C'était aussi un repère d'hommes qui se cachaient pour diverses raisons et donnaient, par ce fait, mauvaise réputation à ces lieux. Assécher ces terres et les couvrir de cultures devint donc une mission d'importance nationale pour les ingénieurs du XIXe siècle. Entre 1915 et 1925, les grands marais sont assainis afin d'enrayer le dépeuplement des villages et d'augmenter les rendements agricoles.

A la suite de cette opération, la Seymaz se retrouve canalisée sur plus de 5 km de parcours alors que ses affluents sont enterrés. Paradoxalement, seul le tronçon aval situé en zone urbaine est resté plus naturel. Quelques décennies seulement après ces aménagements, la disparition de la couche d'humus laissa réapparaître la craie lacustre imperméable (cette couche provient d'une sédimentation importante formée lorsque les eaux du léman recouvraient la plaine). Les inondations se firent de plus en plus nombreuses, nuisant à la productivité des récoltes.

En 1980, l'AGPN (Association Genevoise pour la Protection de la Nature, aujourd'hui Pro Natura Genève) acquit une parcelle de 5 hectares au coeur des marais, sujette aux inondations, afin de faire renaître de manière saisonnière une zone inondée favorable à l'avifaune. La roselière* des Creuses avec
ses mares temporaires et ses petits bosquets de saules est ainsi devenue une escale d'hivernage très appréciée par les oiseaux migrateurs. Dans ce prolongement, un accord a été passé en 1994 entre un agriculteur et l'AGPN: il a permis d'introduire une pratique agricole extensive favorable à la nature, sur 11 hectares, à la confluence de la Touvière et de la Seymaz, en face de la parcelle Pro Natura. Des haies et des prairies fleuries ont été plantées et un plan d'eau aménagé, favorisant le retour de nombreuses espèces, parfois très rares.

Le corset de béton de la Seymaz se détériorant, des discussions s'engagèrent afin de déterminer l'avenir du cours d'eau. Politiques, agriculteurs, collectivité publiques et milieux associatifs évoquèrent diverses solutions, parfois contradictoires. De tentatives en échec émergea enfin la Charte Seymaz en novembre 1998, une structure de concertation réunissant tous les milieux intéressés, qui fut chargée d'accompagner le projet tout au long de sa gestation. Dès lors, des études furent engagées et des accords trouvés, ouvrant la voie aux travaux (voir aussi« Résumé des actions et revalorisation proposées » ).

 
Le chantier de remise à l'air libre de la Seymaz à Rouëlbeau (août 2000)

 « Il aura fallu plusieurs millénaires pour qu'en décompositions successives, l'humus émerge du marais. Il n'aura fallu que quelques années pour faire de cet humus une terre nourricière par l'ingéniosité et les forces conjuguées de quelques uns. C'était l'époque des années 20 où l'agriculture pionnière et conquérante cherchait de nouvelles terres pour nourrir une population à l'équilibre alimentaire précaire et plus incertain qu'aujourd'hui. Quelques décennies auront suffit à montrer la fragilité de certaines conquêtes puisqued'innondations en affaissements, la culture d'une partie de ces terres devint peu à peu aléatoire. 


Remise à l'air libre de la Seymaz à Rouëlbeau (septembre 2000)

Cette courte victoire pour une revanche patiemment attendue. La nature peu à peu reprenait ses droits, le marais retrouvait ses vieilles habitudes et ses amours d'antan. Quelques tentatives de remblayage n'y feront rien, car il faut le dire aussi, les temps avaient changé. Le progrès technologique et l'abondance qu'il engendre autorise l'abandon d'une conquête autrefois décisive. En effet, la réorientation de la politique agricole amorcée dans les années 80 et mise en perspective pour l'avenir, prône désormais des pratiques plus respectueuses de l'environnement. De productiviste qu'elle fût, l'agriculture d'aujourd'hui s'oriente vers plus d'écologie. » Voici ce qu'écrivait en 1995 Alexis Corthay, agriculteur dans le bassin de la Seymaz, dans Malagnou 4/95.

Travaux
La Seymaz a fait "objet d'importants travaux de tout temps .

Travaux de drainages et de génie civil
1909-1914 Premiers travaux de drainage.
1915-1924 Canalisation de la Seymaz entre la Touvière ( « source » ) et le Pont Ladame, 
                 
soit sur un tronçon de 5,8 km.
                  Drainage de la presque totalité de la zone agricole, 
                 
en particulier des marais de Rouëlbeau et de Sionnet.
1961
Curage lourd du fond du lit qui accompagne l'assainissement et la mise en séparatif* des eaux.
1980 Recalibrage du secteur allant du pont SNCF à la route de Genève afin d'éviter les débordements épisodiques.
1981 Reconstruction du tronçon canalisé entre Pont Bochet et Pont Ladame.
1983 Réaménagement du tronçon à l'aval du pont du Gothard.

Les travaux de renaturation
1996
Nant du Paradis: remise à ciel ouvert du secteur canalisé (mesure de compensation liée aux améliorations foncières de la région de
Presinge).

 
Trois étapes de la remise à ciel ouvert du secteur canalisé du Nant du Paradis (1996)

Avril 1999 Aménagement du radier* sous la route de Florissant (au pont de Sierne) afin d'améliorer le passage de la faune piscicole.
Août 1999 Prés-de-l'Oie: aménagement d'un bassin d'expansion des crues de la Seymaz.
Juillet 2000 Création d'une zone humide à l'est des ruines de Rouëlbeau.
2002 Remise à ciel ouvert d'une canalisation sous forme d'un fossé humide, au nord-est des ruines de Rouëlbeau.

Le programme de renaturation de la Seymaz s'appuie sur deux lois déjà votées par le Grand Conseil, l'une datant de 1998 et l'autre de 2002.
Les objectifs de la première loi (L 7852) étaient précis :
-  poursuivre les études globales nécessaires à la renaturation de l'ensemble du tronçon canalisé;
-  acquérir les terrains permettant de dégager l'emprise nécessaire à la renaturation;
-  réaliser la mise à ciel ouvert de la rivière à Rouëlbeau, sur une parcelle propriété de l'Etat.
Des amendements relatifs à la gestion des eaux, à l'assainissement des terres agricoles et à des travaux d'améliorations foncières accompagnaient cette loi aujourd'hui mise en oeuvre. l'acquisition des premières parcelles a été réalisée au printemps 2002.

La deuxième loi (L 8522) propose des travaux sur près de 2,58 km, impliquant la démolition du canal et l'élargissement du cours de la rivière, afin qu'une végétation caractéristique du site puisse être implantée.
Les travaux s'étaleront entre 2002 et 2004 (voir aussi « Résumé des actions et revalorisation proposées» ).

 

   Creuse. avec les Voirons.

Etat actuel

État du lit* et des berges
Sur le tronçon omont canalisé, le lit du cours d'eau est composé d'une cunette* en béton et de talus enherbés; le canal en béton est localement fortement dégradé.
La pente du canal étant très faible (O, 7), les vitesses d'écoulement le sont également: de l'ordre de 0,2 m/s par temps sec et de l'ordre de 1,4 m/s lors de crues*. Ces faibles vitesses favorisent l'envasement, ce qui provoque une prolifération de plantes aquatiques engendrant une obturation du lit mineur en période d'étiage. Sur ce tronçon, les berges sont constituées de talus enherbés, aucune végétation importante du type ligneux ne pouvant être tolérée afin de garantir l'écoulement des crues. l'entretien y est donc important.
Le tronçon aval, bien que traversant la zone urbaine, est resté principalement naturel, localement protégé par des ouvrages (murs en particulier).

Protections légales
Les ruines du château de Rouëlbeau furent le premier site classé du canton, en 1921. A la confluence de la Touvière, du Chambet et de la Seymaz se trouve le site protégé des Creuses, géré comme une réserve naturelle par Pro Natura Genève. Il faut remonter le Chambet jusqu'aux bois de Jussy pour trouver la réserve du Pré Bordon, et celle du bas marais d'importance nationale des Prés-de-Villette.

Occupation du sol
Jusqu'au milieu du XIXe siècle, dominait une zone de marais, qui ensuite a laissé place à une agriculture extensive, remplacée finalement par une agriculture de rendement. Cela a été possible grâce à la mise en place d'un réseau très important de drainages, de canaux ou de collecteurs d'évacuation qui ont permis une bonne maîtrise de l'eau. Il est à noter que la région de la Haute Seymaz est entièrement destinée à l'agriculture, ce qui est rare sur le canton.


Le Chambet en crue

Les cultures céréalières sont prépondérantes sur la région Arve et Lac.
On trouve de la vigne sur le coteau de Choulex et dans les terrains vallonnés entre Presinge et Gy; cette zone comprend aussi quelques vergers. La production maraîchère, la floriculture et les pépinières occupent les plaines du bassin de la Haute-Seymaz, peu chargées en cailloux. Les terrains de cette région permettent une bonne production agricole: ces terres anciennement marécageuses sont en effet fertiles. Toutefois, les inondations, fréquentes, bouleversent souvent les cultures. Quelques exploitations ont du bétail, mais celui-ci est rare et en diminution.

Environ 20% des terrains riverains de la Seymaz et du Chambet sont exploitées en surfaces de compensation écologique (SCE). Il s'agit soit de grandes parcelles consacrées à la nature (ancien marais de Sionnet, les Creuses, Prés-de-l'Oie), soit de parcelles exploitées de manière extensive (prairies fleuries).

Crues*
Les crues importantes de la Seymaz sont provoquées par des pluies de longue durée, en hiver, sur une couverture neigeuse ou sur des sols saturés en eau.
Les fortes crues de la Seymaz provoquent des débordements quasi généralisés, particulièrement dommageables dans les zones urbanisées (Chêne-Bourg, Chêne-Bougeries, Villette).
Le taux d'imperméabilisation* moyen sur l'ensemble du bassin est de 9 %. Sur le bassin urbain, à l'aval du Pont Bochet, il pourrait passer de 14 à 25% environ selon les prévisions d'aménagement. Cette urbanisation augmenterait le débit* de crue d'environ 60% à Villette pour les pluies orageuses.
Lors de crues relativement courantes, la seymaz déborde dans la zone de Sionnet (anciens marais), qui joue alors le rôle de rétention et permet d'éviter leur propagation trop rapide vers l'aval.

Deux crues importantes ont été relevées pour la seymaz : celle de 1888 et la dernière grande crue, qui date du 28 janvier 1979 (70 mm de pluie en 24 heures à Jussy et débit* de pointe d'environ 20 m3/s au Pont- Bochet). Une crue moins importante a eu lieu en décembre 1982.

Vue aérienne de la région de Sionnet (1999). 

érosion*
Le tronçon amont canalisé n'est pas sujet à érosion, mais le canal en béton est très abîmé.
Les berges naturelles de l'aval présentent en revanche des traces marquées d'érosion, qui prouvent que la situation n'est pas stable et que des augmentations de débits* ont eu lieu dans les dernières décennies.

Qualité globale

Qualité physico-chimique* des eaux 
La qualité physico-chimique actuelle de la Seymaz et de ses principaux affluents* (Chambet et Manson) est régulièrement surveillée.
Des séries d'analyses effectuées en 1992, 1995 et 1996 sur ces cours d'eau ont montré que, globalement, les eaux étaient faiblement polluées pour la Seymaz dans son ensemble, sans évolution notable au cours du temps. Cependant l'eutrophisation* de l'eau est notable: les concentrations en azote nitrique (nitrates) sont fortes en automne et hiver surtout.
Cette observation et la présence de concentrations relativement élevées d'autres paramètres chimiques comme le carbone organique dissous, le potassium, les chlorures ou le cuivre, en bonne partie apportés par le lessivage des sols agricoles, montrent l'importance de la pression de l'agriculture sur le bassin versant de la Seymaz dans la partie située en amont du pont Bochet.

De plus, la présence de pesticides divers, en particulier d'herbicides, résidus des traitements des cultures, a été mise en évidence par les analyses. Bien que présentes en faible concentration, ces substances peuvent induire une pollution chronique dommageable pour la biologie du cours d'eau.

Le lessivage des zones urbanisées et les nombreux déversoirs d'orage apportent aussi une charge polluan te significative et sont en grande partie responsables de la mauvaise qualité sanitaire du secteur aval.

Qualité sanitaire* (micrabiologique)
Médiocre à mauvaise sur tout le cours de la rivière.

Qualité piscicole*
Le secteur canalisé amont est très pauvre en poissons (quelques vairons et épinoches) car le milieu est hostile (manque de refuges, température de l'eau trop élevée, débit* très réduit en été).
Le secteur aval possède une bonne diversité d'espèces de poissons, mais les conditions sont toutefois difficiles pour la survie des truites. De plus, le lit* et les berges de la rivière sont détériorés par des rejets polluants accidentels fréquents et par l'existence de débits très faibles en été.

   
Zone humide de Rouëlbeau (2002)

Qualité biologique* de la Seymaz et de ses affluents
Sur la base des 44 analyses de faune benthique* effectuées en 1996 sur 11 stations différentes, il s'avère que la qualité biologique globale est mauvaise en toutes saisons et en toutes stations (IBGN * moyens entre 4.3 et 7.5 sur un maximum de 20).
Parmi les causes principales, il faut citer la qualité de l'eau (pollution chronique d'origine essentiellement agricole, pollutions ponctuelles du secteur urbain et réchauffement excessif de l'eau), mais aussi les variations artificielles des débits (crues violentes, étiages sévères) et le bétonnage du lit dans la partie amont du cours d'eau.

Rejets polluant la Seymaz (Petit Bel Air) .

Altération et assainissement

Rejets de STEP
Aucune station d'épuration ne rejette ses eaux dans la Seymaz. Le réseau d'égout des communes situées dans le bassin versant* de la rivière est raccordé à la STEP de Villette, d'une capacité de 50 000 équivalents-habitants* , qui rejette ses eaux dans l'Arve. Cette STEP traite les eaux usées* provenant de Chêne-Bougeries, Chêne-Bourg, Choulex, Cologny, Gy, Meinier, Presinge, Puplinge, Thônex, Vandoeuvres et Veyrier.

Déversoirs d'orage*
Dans les zones de construction encore assainies en régime unitaire*, on dénombre les ouvrages suivants (avec exutoires directs dans la Seymaz):

Communes

Meinier                   1 déversoir
Vandoeuvres           2 déversoirs
Chêne-Bougeries     7 déversoirs
Chêne-Bourd         12 déversoirs
Thônex                  1 déversoir

Soit un total de 23 points de pollution potentielle

Les déversoirs d'orage sont des sources potentielles de pollution par déversements occasionnels ou accidentels. Dans la partie située en aval de Belle-ldée et équipée en unitaire*, une partie des eaux usées mélangées aux eaux pluviales* peut se déverser dans la rivière par les déversoirs d'orage* en cas de fortes pluies, provoquant une pollution momentanée.
Le système séparatif* permet d'éviter ce type d'impact. Il peut toutefois arriver qu'une anomalie sur le réseau provoque le déversement d'eaux polluées directement à la rivière. Lorsqu'une anomalie est constatée, le Service du contrôle de l'assainissement intervient rapidement pour en déceler les causes et faire prendre les mesures réparatrices appropriées.

Autres rejets
Aux rejets potentiels des déversoirs d'orage s'ajoutent des pollutions accidentelles ou diffuses provenant du trafic motorisé (hydrocarbures) et de l'agriculture (pesticides). En effet, les activités agricoles de la région sont relativement importantes (grande culture et, dans une moindre mesure, viticulture et culture maraîchère). Dans sa partie amont, la Seymaz est donc affectée par les pollutions diffuses liées à l'utilisation de fertilisants (azote, phosphore), aux rejets directs d'eau de lavage des légumes (avec leurs déchets) ainsi que par des pollutions accidentelles liées à l'utilisation de pesticides (mortalité piscicole très importante en 1984).

ETAT  DE L'ASSAINISSEMENT

Réseau d'assainissement des eaux 
Les eaux usées* sont acheminées vers la STEP de Vilette par le collecteur primaire qui longe la Seymaz et qui se prolonge jusqu'au village de Gy.

Pour les eaux pluviales, les habitants des communes de Meinier, Choulex, Puplinge, Presinge, jussy, Vandoeuvres, Chêne-Bourg, Chêne-Bougeries et Thônex (partiel) sont raccordés à la Seymaz.

En amont de Belle-ldée, le réseau est séparatif* à 95% et les eaux claires sont évacuées directement vers la rivière. En aval de Belle-ldée (zone de caractère suburbain), le réseau est à 70% unitaire* et à 30 % séparatif. Le réseau unitaire* est équipé de déversoirs d'orage qui permettent d'éviter un engorgement du réseau primaire* d'eaux usées en cas de fortes pluies.

Assainissement individuel et collectif privé
La presque totalité des habitants du bassin versant* est raccordée à la STEP de Villette. Quelques habitations isolées situées sur le territoire des communes de Choulex (hameau de Bonvard), jussy, Meinier, Presinge, Puplinge et Vandoeuvres ne sont pas raccordées et disposent de leur propre installation de traitement.

    le Chambet

   Vue aérienne du Chamboton.

Résumé des actions 
et mesures de revalorisation proposees

Une première intervention importante a été la remise à ciel ouvert d'un tronçon du Nant de Paradis en 1996. Une deuxième étape a été la mise à ciel ouvert du Chamboton aux Prés-de-l'Oie, puis une troisième, la création d'une zone humide par mise à ciel ouvert du collecteur de drainage en amont du point d'origine de la Seymaz (Rouëlbeau). Les interventions qui suivront sont en discussion et sont contenues dans un projet de loi demandant l'ouverture d'un crédit permettant la réalisation de travaux importants.

Un projet ambitieux
En 1998, le Grand Conseil a adopté la première loi relative à la renaturation de la Seymaz. La remise à ciel ouvert du collecteur à Rouëlbeau a été réalisée en été 2000 sous la forme d'une zone humide de 2,5 hectares. En mai 2002, le Grand Conseil a accepté une deuxième loi relative à la Seymaz. Cette deuxième phase du projet s'applique à six tronçons de la rivière pour une distance totale de 2,58 km. Ces tronçons sont situés sur la Seymaz, le Chambet, le Chamboton et le Nant du Paradis. Les travaux impliquent la démolition du canal et l'élargissement du cours d'eau ainsi que la surélévation des terres alentours.

Ce projet, dans l'optique d'une politique globale de l'eau sur le bassin de la Seymaz a pour objectif d'assurer :

-  la réhabilitationdu cours amont de la Seymaz et de ses affluents*.
la création d'aménagements de surfaces de compensation écologique dans la plaine de la haute Seymaz.
-  le rétablissement d'un régime hydrologique plus proche de l'état naturel (crues* et étiages*).

Le projet de renaturation de la Seymaz représente bien plus qu'une opération liée uniquement à une rivière: celui-ci aura une forte influence sur la biodiversité de l'ensemble de la région Arve et lac.

l'objectif de l'Etat de Genève est de renaturer la Seymaz tout en mettant en oeuvre une gestion des terres adaptée aux problèmes hydrologiques.

Cette fiche-rivière a été élaborée
par
le Département de l'intérieur,
de l'agriculture et de l'environnement (DlAE), 

en particuJier avec les service suivants :

-  Service de renaturation des cours d'eou et des rives
-  Service cantonal d'hydrobiologie 
Service des forêts, de la protection
  
de la nature et du paysage
Service cantonal de géologie 
Service du lac et des cours d'eau 
Service du traitement des eaux 
Service des contrôles de l'assainissement

Remerciements: 
ProNatura Genève, pour les extraits de textes (Malagnou 4/95)

Centre d'iconographies genevoises
Mairies de Meinier et Vandoeuvres

Photographies: 

divers services du DIAE
Centre d'iconographies genevoises
Lightmotif-Blatt
B & R Jetzer
ProNatura Genève/François Dunont 

Edmond Pongratz
Charles Poncy
Dessins: 

Pierre Baumgart; dessins de poissons tirés de l'ouvrage de M, Lunel, 
avec l'aimable autorisation du Museum d'histoire naturelle
Graphisme: La virgule de Polo, Genève

 GLOSSAIRE 

A Affluent
   
Cours d'eau qui se jette dans un autre.

B Bassin versant
   
Surface du territoire sur laquelle les précipitations sont drainées vers un cours d'eau

C COD (carbone organique dissous) 
  
Carbone lié à la matière organique dissoute, biodégradable ou non. 
  
Il provient pour une part de la production interne du milieu et pour une autre part de l'activité humaine. 
   Confluence
   
Lieu où deux cours d'eau se rencontrent (On parle d'embouchure pour l'arrivée d'un cours d'eau dans un lac ou la mer).
   Crue
   
Montée des eaux d'un cours d'eau à la suite de precipitations atmosphériques abondantes ou de la fonte des neiges.
   Cunette
   
Rigole pratiquée à la base d'un égout ou d'un canal pour améliorer l'écoulement des eaux et l'entraînement des particules solides.

D DBO (Demande biochimique en oxygène)
  
Paramètre donnant une estimation de la teneur en matière organique biodégradable
  
par la mesure de la quantité d'oxygène nécessaire à sa dégradation. 
  
Un homme produit chaque jour environ 70 g de DBO5.
   Débit
  
Volume d'eau qui s'écoule par unité de temps (1 m3/s = 1000 litres par seconde).
   Débit de crue
  
Débit élevé lors d'événements pouvant survenir tous les dix ans (crue décennale), 
  
tous les 30 ans ou tous les cent ans (centenale). 
  
Les crues les plus fortes se produisent lorsque des précipitations abondantes sont associées à la fonte de neige.
   Débit d'étiage (Q347)
  
Débit en période d'étiage. En Suisse, il est défini comme le niveau atteint ou dépassé pendant 347 jours par année (Q347).
   Débit médian (Q182)
  
Débit atteint ou dépassé durant la moitié de l'année, soit 182 jours (Q182).
   Débit moyen
  
Moyenne annuelle des débits.
   Déversoir d'orage
  
Dans le cas des réseaux unitaires, les débits en cas d'orage deviennent trop importants pour être conduits aux STEP. 
  
Les déversoirs d'orages permettent d'évacuer ces eaux, qui contiennent un certain pourcentage d'eaux usées, 
  
vers le milieu naturel (rivière, lac):

E Eaux usées
   
Elles comprennent les eaux domestiques ( cuisine, lavage, toilette, matières fécales, urines...) 
  
et les eaux résiduaires industrielles. 
   eaux pluviales (eaux claires)
   
Partie des précipitations atmosphériques recueillie par les toitures et tous les sols rendus étanches par du béton 
  
ou du bitume (parkings, chaussées, trottoirs) ainsi que l'eau qui s'écoule des fontaines publiques.
   effluent
   
Ce qui s'écoule d'une source naturelle (cours d'eau issu d'un lac ou d'un glacier par exemple) 
  
ou d'une installation (eaux rejetées par une STEP, un ensemble d'habitations, une industrie...). 
   emonder
   
Couper l'extrémité des rameaux d'un végétal (arbres et arbustes).
   equivalent-habitant
   
Notion utilisée pour exprimer la charge polluante d'un effluent ou la capacité de traitement d'une STEP. 
 
(La capacité d'une STEP est généralement supérieure au nombre d'habitants raccordés pour tenir compte
 
des eaux usées* industrielles ou artisanales et, dans certaines zones, des périodes de pointes touristiques.)
   erosion
   
Dégradtion des roches, des rives, par l'action de l'eau (ou du vent).
    etiage 
   (voir Débit)
   eutrophisation
   
Processus d'enrichissement d'un milieu aquatique en éléments nutritifs (phosphates et nitrates surtout)
  
conduisant à une production excessive en matières organiques par les algues et les autres plantes.
G
Glaciaire 
  
Relatif aux glaciers, à l'ère des glaciers. 

I IBGN
 
  Indice de qualité biologique global nonnali sé (voir aussi sous «qualité biologique» et  sous «objectifs de qualité» )
 
évalué de O à 20  tel que :
       Qualité                          IBGN
      
très bonne                 17 à 20 
      
bonne                       13 à 16 
      
médiocre                     9 à 12 
      
mauvaise                    5 à 8 
      
très mauvaise              <    5  

   Imperméabilisation
   Le taux d'imperméabilisation est la proportion de surface construite empéchant le sol d'absorber les eaux de pluie.
   IPC (indice de pollution chimique)  
  
Pararmètre intégrateur qui regroupe en un seul chiffre les valeurs des quatre paramètes chimiques 
  
d'appreciation de la qualité des eaux (DBO5, COD, NH4+' Psol).  
  
La valeur de chaque paramètre est normalisée en la divisant par la valeur d'appréciation la plus basse  
  
(limite de la classe eau non polluée). 
  
l'IPC est la moyenne des quatre valeurs ainsi normalisées (voir le tableau ci-dessous). 
 

 

Appréciation DBO5    COD  Ammonium P soluble IPC
  mg/l mg/l (NH4+)mg  N/l mg  P/l  
Non polluée - de 1,8 - de 1,3 - de 0,04  - de 0,03  - de 1,5
pollution faible 1,8 à 3,0 1,3 à 2,0 0,04 à 0,15 0,03 à 0,10 1,5 à 3,1
pollution nette 3,0 à 5,0 2,0 à 3,5 0,15 à 0,4 0,10 à 0,3 3,1 à 8,0
pollution forte + de 5.0 + de 3,5 + de 0.4 + de 0,3 + de 8.0

L Limicole
   
Qui cherche sa nourriture dans la vase.
   Lit
   
Creux naturel du sol, cana! dans lequel coule un cours d'eau. 
  
Un lit mineur peut, naturellement ou artificiellement, être creusé dans le lit majeur. 
  
En période de basses eaux, l'évaporation est ainsi limitée.
N NH4+ (ammonium)
   
Sous forme dissoute dans l'eau, l'ammoniac (NH3 se trouve majoritairement sous forme d'ions ammonium (NH4+).
  
Il provient essentiellement des engrais agricoles et des effluents de STEP, sauf celles qui procèdent à la nitrification.
  
L'ammoniac peut être toxique pour les poissons et la faune benthique. 
  
L'homrne produit chaque jour environ 10 g d'azote qui passe rapidement sous forme ammoniacale dans les eaux usées.
   NO3-(nitrate)
   Espèce chimique ayant essentiel!ement pour origine les engrais agricoles 
  
et directement ou indirectement les effluents de STEP. 
  
C'est un engrais pour les plantes aquatiques et les algues.
O Objectifs de qualité
   
Les principaux paramètres utilisés en France pour juger de la qualité de l'eau et fIxer des objectifs de qualité sont:

Critère: 1A 1B 2 3 HC
Qualité: Excellente Bonne Moyenne Médiocre Hors classe
DBO5 (mg 02/l) < 3 3 à 5 5 à 10 10 à 25 > 25
DCO  (mg 02/l) < 20 20 à 25 25 à 40 40 à 80 > 80
NH4+ (mg N/l) < 0,08 0,08 à 0,4 0,4 à 1,5 1,5 à 6,2 > 6,2
IBGN < 17 16 à 13 12 à 9 8 à 5 < 4

    Ordonnance fédérale (ODEU) 
   l'ordonnance fédérale sur le déversement des eaux usées du 8 décembre 1975  
  
fixe en particulier les objectifs suivants en matière de qualité physico-chimique pour les eaux courantes: 
  
DBO5 < 4 mg O2/l, COD < 2 mg C/l, NH4+ < 0,5 mg N/l, NO3 < 25 mg/l.   
  
Le 1er janvier 1999 est entrée en vigueur l'ordonnance sur la protection des eaux (OEaux)  
  
dont les objectifs sont légèrement différents.  
  
Pour des raisons de cohérence avec les autres fiches, l'utilisation de l'ODEU a été maintenue.
   
P Piscicole
   
Qui a rapport aux poissons.
   P soluble (phosphore soluble)
   
Forme du phosphore qui a essentiellement  pour origine les engrais agricoles et les effluents de STEP 
  
sans déphosphatation.  
  
C'est un engrais pour les plantes aquatiques et les algues. 
  
L'homme produit chaque jour environ 1,5 à 2 g de phosphore. 

Q Qualité biologique
   
L'analyse de la qualité biologique exprime les effets des dégradations chimiques et physiques  
  
du milieu sur les organismes aquatiques.  
  
Elle est basée sur l'observation de la faune benthique qui dérermine un indice de qualité biologique globale 
  
normalisé de l'eau (voir IBGN) allant de 1 à 20 et qui permet de classer les cours d'eau en 5 catégories. 
  
  
Qualité physico-chimique
   
Les paramètres physico-chimiques les plus couramment mesurés sont le pH (degréd'acidité), la conductivité, 
  
l'oxygène dissous, la DBO5*, ainsi que la tneur en phosphore, sulfate, chlorure, COD, calcium, magnésium 
  
et en différentes formes de l'azote.  
  
La recherche de produits antiparasitaires, de micropolluants et de métaux lourds peut compléter ces analyses. 

   Qualité sanitaire
   
La qualité sanitaire est évaluée selon des critères chimiques et surtout bactériologiques qui permettent  
  
d'apprécier si une eau peut être destinée à la baignade.  
  
La qualité bactériologique et la protection piscicole font que la baignade est déconseillée 
  
dans toutes les rivières genevoises.

R Radier
  
Dalle de fond d'un canal.
 

   Régime
   
Ensemble des phénomènes régissant les variations de débit d'un cours d'eau:  
  
glaciaire (qui dépend de la fonte des glaciers),  
  
nival (alimenté par les neiges)  
  
ou pluvial (qui dépend des pluies). 

   Réseau primaire (Etat)
   
Collecteurs principaux conduisant les eaux usées aux STEP. 

   Réseau secondaire (Communes)
   
Canalisations des eaux usées reliant les habitations ou industries au réseau primaire et 
  
les eaux pluviales vers le milieu récepteur.

   Réseau privé
  
Canalisations de petit diamètre partant des éviers, WC, baignoires, etc., 
  
raccordées au réseau secondaire des égouts.

   Réseau ou système séparatif
   
Système composé de deux réseaux distincts, l'un conduisant les eaux usées vers une STEP,
  
l'autre conduisant les eaux pluviales vers le milieu naturel (rivière, lac).

   Réseau ou système unitaire
   
Réseau d'égouts collectant les eaux usées et les eaux de ruissellement (nivales et pluviales)
  
dans une même canalisation.   

   Roselière
   
Lieu où poussent des roseaux.

S Séparatif
 
  Voir sous réseau.

   STEP
  
Station d'épuration des eaux usées d'origine domestique ou industrielle.

   
   Statut du cours d'eau
   
Sur sol suisse, le propriétaire responsable de l'entretien du cours d'eau peut être le canton, 
  
une commune ou un privé. 
  
Sur sol français, la propriété des cours d'eau peut être publique ou privée 
  
et s'arrête alors au centre du lit*.

U Unitaire
   
(voir réseau).

Bassin versant de la Seymaz.

Fiches-rivières déjà parues:
N° 1 L'Allondon (2e éd., épuisé) 
N° 2 La Versoix (2e édition)
N° 3 L'Aire
N° 4 L'Hermance
N° 5 La Drize (épuisé)
N° 6 La Laire
N° 7 L'Arve
N° 8 Le Foron
N° 9 Le Rhône
N°10 La Seymaz

Fiches-rivières à paraître :
Le Marquet - Gobé - Vengeron 
Le Nant d'Avril
L'Aire (2" édition)

 
Département de l'intérieur, de l'agriculture et de l'environnement

Pour toute information
Renaturation des
cours d'eau
et des rives
1, rue David-Dufour
Case postale 206
1211 Genève 8
Tél. 022 327 70 84

 
Genève et région

Septembre 2002