
Editorial
Des rivières vivantes! Cela signifie maintenir ou retrouver
une qualité de l'eau suffisamment bonne pour restituer aux cours d'eau leur diversité
biologique et leur rôle écologique.
Qu'il s'agisse du lit de la rivière, des rives ou des zones d'inondation, l'objectif du projet de «Renaturation» est de restaurer ce milieu naturel.
Fini les cours d'eau rectilignes devant évacuer le plus rapidement possible l'eau des rivières. Désormais, la gestion hydrologique
doit assurer une alimentation régulière des rivières afin que la vie puisse s'y développer
sans être perturbée par la sécheresse ou par des arrivées massives d'eau. C'est grâce à la subtile connaissance du milieu naturel que, tout à la fois,
l'on recrée un paysage et l'on protège les populations des inondations dues aux crues.
Afin de tenir compte de l'ensemble du bassin versant des cours d'eau genevois, une collaboration franco-genevoise s'est organisée. Des accords
conjoints, dits «contrat rivière», sont donc signés pour que la renaturation
d'un cours d'eau soit effective de part et d'autre de la frontière.
Très tôt, la santé des rivières a été une préoccupation devant l'ampleur du développement urbain (Camille Martin architecte et archéologue, 1877-1928) :
«Parmi les tâches qui s'imposent à ceux qui ont mission de préparer le développement
des villes, celles d'assurer la conservation des sites est l'une des plus importantes et des plus difficiles à accomplir. ...Les vallons de l'A ire, de la Drize et de la
Seymaz, méritent aussi d'attirer le promeneur qui veut s'éloigner de la
ville sans emprunter les routes bruyantes et poussiéreuses. On a déjà commencé à protéger ces réserves naturelles et à les rendre plus accessibles au public, mais il y aurait encore beaucoup à faire
dans ce domaine, si l'on voulait tirer parti des ressources que fournit le territoire genevois...
...Nous espérons susciter de nouveaux défenseurs des beautés naturelles de notre pays. Ceux qui connaîtront mieux les richesses que nous possédons, aimeront peut-être davantage cette terre privilégiée et ils uniront leurs efforts pour faire respecter sa beauté.»
Ces phrases sont plus que jamais d'actualité...
Robert Cramer
Président du Département de l'intérieur, de l'agriculture, de l'environnement
et de l' énergie
L'Hermance
Située dans un cordon boisé plus ou moins dense, entrecoupée par endroits de terres agricoles, serpente I'Hermance, dont l'une des particularités est
dans le fait d'être presque entièrement frontalière avec la France voisine.
Le paysage du bassin versant de I'Hermance est davantage structuré par l'occupation des sols que par le relief modéré. Ce dernier, peu marqué, donne à ce territoire un caractère calme. Les champs de vision sont vastes et débouchent sur une
toile de fond constituée des massifs suivants:
.au Sud Est: le massif des Voirons et les Préalpes du Chablais
.au Sud Ouest: le Salève
.au Nord et à l'Ouest: le Jura.
L'importante couverture forestière est une des composantes principales du site. Elle forme une unité homogène occupant le centre du bassin versant et permet une liaison visuelle transfrontalière.
Les zones d'habitation sont regroupées et l'agriculture très présente joue un grand rôle dans ce paysage à dominance rurale et résidentielle.
La faible complexité du paysage lui confère une très forte lisibilité et une organisation immédiatement perceptible par tous, dégageant un esprit de tranquillité.

Découverte du site

Le sentier que nous vous proposons permet une agréable promenade dans un vallon bien méconnu, mais non dépourvu de charme. Sans parler de celui qu'imprime au site chaque saison, la rivière nous apporte calme et repos. Le fait d'y surprendre le passage furtif d'un martin-pêcheur, d'entendre le chant d'une sittelle ou le tambourinement d'un pic, d'observer l'incessante quête de nourriture d'une truite gobant les insectes quise hasardent sur la surface d'une eau dont le murmure du ruissellement complète harmonieusement l'éventail sonore qul vous environne.
La flore des berges et sous-bois
réserve bien des surprises à l'oeil attentif, ne serait-ce que par la beauté de quelques orchidées heureusement discrètes.
plusieurs papillons forestiers ou de lisières tels le sylvain azuré et le grand sylvain du peuplier.
Les marais et les prairies humides marécageuses sont également d'une grande richesse. Dans ces dernières, 230 espèces végétales ont été recensées, dont une bonne trentaine d'espèces rares et dix espèces protégées :
l'oenanthe fistuleuse ou la calamagrostide lancéolée par exemple.
On doit, hélas, aussi noter des points noirs: décharges d'ordures ménagères ou de déchets organiques et épandage de lisier d'une porcherie.
A l'extérieur de la zonecentrale boisée
Cette zone, qui entoure la précédente, est essentiellement cultivée (céréales, petits fruits, vigne ...) ou urbanisée. Les boisements y sont peu nombreux et dispersés. Leur intérêt est surtout paysager, mais également faunistique (oiseaux, reptiles) en assurant refuge et site de nidification et de nourriture (baies). Le long de l'Hermance, un tronçon se montre particulièrement favorable au développement de diverses populations de libellules.

Histoire
L'eau minérale d'Hermance
On découvrit en 1899 à Hermance une source d'eau minérale qui fut exploitée dès 1902. Une société par actions, la
«Société des eaux minérales du bassin de l'Hermance» fut constituée en 1934 afin de mieux gérer l'exploitation de
la source. On pouvait donc commander dans les cafés suisses et savoyards de l'eau d'Hermance au même titre que
l'eau d'Henniez ou d'Evian. La société fut dissoute en 1954. C'est, à notre
connaissance, la seule source d'eau minérale à Genève qui fut exploitée commercialement.
Cours d'eau
1956-1958: Réalisation de travaux de correction en aval du pont Neuf et sur le cours inférieur, en aval du pont d'Hermance (douane), ainsi que reconstruction du pont des Golettes.
Travaux de correction du Pont des Soupirs au Pont Neuf au début des années soixante.
Bassin versant*
Avant les années soixante, il n'y avait pas d'assainissement centralisé sur territoire genevois. Les effluents* des immeubles étaient évacués, après traitement dans des fosses septiques, dans les réseaux de collecte (souvent des drainages, en zone suburbaine) lesquels se déversaient dans les cours d'eau et le lac.
Le bassin versant* s'est fortement urbanisé dans la région de Douvaine. Divers projets laissent craindre que l'évolution négative constatée ces dernières années (débits très faibles en été, voire zones d'assèchement complet) s'amplifie encore à ravenir. De nombreux marais ont été supprimés en amont (France).
Généralités
Statut* du cours d'eau
Cantonal sur tout son cours suisse. Privé sur le cours français.
Principales communes concernées du bassin versant*
France: Ballaison, Bons-en-Chablais, Chens-sur-Léman, Douvaine, Loisin,
Suisse: Anières, Gy, Jussy, Hermance.
Surface du bassin versant*
A l'exutoire*:
42,5 km' dont 37 km' de bassin versant français
Longueur du cours
L'Hermance prend sa source au niveau de la RN 206 entre Machilly et Loisin. Elle naît principalement des eaux de ruissellement de surface. Son cours, environ 13,5 km dont 6,5 km à la frontière entre la Suisse et la France, est à l'air libre.
Cours endigué ou canalisé
Le cours est endigué du Pont des Golettes (km 5,8) au Pont des Soupirs (km 9,1), soit sur 3,3 km.
Débit moyen*
Débit médian* estimé à 110 l/s
Débit de crue*
A l'exutoire :
Décennale: 40 m3/s Centennale
: 64 m3/s
Débit d'étiage*
A l'amont de la STEP (à proximité de l'exutoire*) : estimé à
13 1/s
Régime* Régime pluvial.
Affluents* principaux
Le ruisseau de Tuernant, qui fait près de Machilly la frontière entre Suisse et France et reçoit le ruisseau des Châtaignières venant entièrement de Suisse (Jussy).
Le ruisseau des Mermes ou, dans sa partie amont, ruisseau de Tholomaz. Le Marnoz, qui reçoit lui-même les eaux du Nant Courbe.
Le Crépy, appelé plus en aval ruisseau de Chamburaz.
Etat actuel
Etat du lit et des berges
Le lit et les berges sont naturels sur la majeure partie du cours de I'Hermance. Le secteur allant du Pont des Soupirs à Veigy, au Pont des Golettes, a été fortement remanié.
Sur 3,3 km, les berges sont des talus de pente 1/1 avec des aménagements en pied de berges pouvant être des blocs ou des plaques en ciment
verticales.
Les secteurs d'érosion* des berges et e glissements sont nombreux, mais surtout marqués dans la partie aval,
du pont des Golettes au lac.
Occupation des sols
Les terres agricoles occupent la majorité du bassin versant (55%). Viennent ensuite de grandes étendues boisées (35 %). Le tissu urbain et industriel représente 10 % de la surface.
Les zones réservées, dans la partie française, pour le développement urbanistique futur sont situées en périphérie du bâti existant.
Hermance recalibrée dans Veigy, perte de diversité

Bassin versant* et paysage
Vallon boisé où se côtoient aire forestière et zone agricole, le bassin versant de l'Hermance a un rôle paysager
important.1l est peu ou pas urbanisé dans l'ensemble. Depuis le 10 janvier 1979, il bénéficie du statut de périmètre de site protégé sur territoire genevois.
Rupture de berge
Crues*
Les crues sont susceptibles de créer des inondations au niveau du village d'Hermance, comme cela s'est produit ces dernières années. L'évolution du bassin versant (urbanisation, suppression des marais, ...) pourrait encore aggraver le phénomène, mais un projet de protection contre les crues
à la hauteur du village est à l'étude, ainsi que des dispositifs de régulation
à l'amont.
Erosion*
Sur les tronçons non protégés, des érosions de berges sont apparentes
Erosion des berges
Qualité biologique* globale
La qualité est I A (excellente) de la source au ruisseau de Combet.
Elle est ensuite de qualité 3 (mauvaise) jusqu'au Marnoz.
Concernant les affluents, la qualité biologique est particulièrement mauvaise dans le Chamburaz en période d'étiage*. EIle est un peu meiIleure dans le rnisseau de Tholomaz et dans la partie amont du Marnoz, mais est à nouveau très mauvaise à l'aval du Nant Courbe dont la dégradation est accentuée par les rejets de la STEP de Veigy.
Qualité biologique* globale 1989/92 :
Secteur
qualité
Chevrens mauvaise
Emhouchure au lac mauvaise
La mauvaise qualité est due au fait que I'Hermance subit des rejets polluants d'origine diffuse*, essentiellement agricole (nitrates, phosphates, phytosanitaires) et des rejets ponctuels (STEP de Veigy et d'Hermance, rejets d'eaux usées de Veigy, écoulements
de lisier ...).
Qualité sanitaire*
La qualité est mauvaise sur tout le cours. L'effluent* de la STEP d'Hermance est chloré en été afin d'éviter de contaminer la plage.
Qualité piscicole
En France, la gestion piscicole de I'Hermance est assurée par l'Association pour la pêche et la protection du milieu aquatique du Chablais genevois (APPMACG). En Suisse, la gestion
est cantonale. La coordination entre
les deux pays a débuté en 1995 et porte pour l'instant sur les aspects réglemen- taires (taille minimale de capture à
25 cm pour les truites de I'Hermance). La gestion coordonnée des repeuple- ments piscicoles se fera dans un deuxième temps.
Chevaine Truite Fario Vairon
![]()
L'Hermance est en première catégorie piscicole (critère français), dite à salmonidés dominants.
La qualité piscicole de I'Hermance est «moyenne» dans la partie aval (km 0,0 à 5,8) : présence de truites fario, de vairons (nombreux), de chevaines, de gardons, remonte de truites lacustres. La qualité est «quasi nulle» en amont du km 5,8 (partie canalisée).
Le Marnoz n'est plus aleviné car il s'assèche en été.
Le Nant Courbe est faiblement aleviné (environ l'O00alevinsdefarioen 1996). 10'000 alevins de truites fario ont encore été immergés dans le Chamburaz en 1996. La quantité sera revue à la baisse en raison de problèmes de pollution et d'un assèchement estival dans la partie amont.
Environ 10'000 alevins de fario ont été déversés par l' APPMACG dans I'Hermance, du ruisseau des Mermes au Marnoz.
Ces opérations de rempoissonnement ont en principe lieu chaque année.
Le canton de Genève repeuple l'Hermance en truitelles fario (environ 5'000 préestivaux et environ 1'000 truitelles d'un an), ainsi qu'en truitelles lacustres (préestivaux et/ou estivaux). Comme sur l'ensemble du canton, le repeuplement en truites «portion» n'est plus pratiqué depuis 1995.
Des pêches électriques de sauvetage sont pratiquées presque chaque été pour déplacer les poissons piégés par le manque d'eau (secteur en amont des «sources» où le peu d'eau qui reste coule sous les cailloux).
Problèmes:
. débit très faible en été (nul à
certains endroits car l'eau passe sous les cailloux),
. chloration de l'exutoire de la STEP d'Hermance qui stérilise le bas de la rivière,
. montée rapide des eaux lors de pluies.
Qualité physico-chimique* des eaux
L'objectif fixé en France pour la qualité des eaux de 1'Hermance est IA de la source au Pont Neuf et IB en aval de ce dernier. En ce qui concerne la qualité physico-chimique des eaux, cet objectif peut être considéré comme atteint dans la partie amont.
En Suisse, cette qualité est jugée en fonction des objectifs fixés dans roDEu* (voir glossaire) :
Objectifs ODEU* respectés dans plus de 10 échantillons sur 12 en 1993 (actuellement sans changement majeur) :
Secteur DBO5* COD* NH4+* NO3-*
Chevrens oui non oui oui
Hermance oui non oui non
Embouchure Lac oui non non non
Pollution chimique*
indice de pollution chimique IPC* (voir glossaire) :
Secteur
Pollution
paramètre déclassant
Chevrens
faible
COD*
Hermance
douane
faible
COD*
Embouchure au lac
nette
NH4+*, COD
Les sources de pollution sont en particulier dues à l'agriculture {pollutions diffuses*) et aux effiuents de stations d'épuration.
Etat de l'assainissement
Le réseau d'égouts
L'essentiel du réseau est en séparatif. Côté suisse, l'achèvement de la mise en séparatif du réseau est atteinte avec les récents travaux de séparation des eaux du hameau de Chevrens.
Stations d'épuration (STEP) *
La STEP de Veigy, d'une capacité de 2'800 équivalents-habitants", a été mise en service en 1976. Son effluent s'effectue dans le Nant Courbe peu avant sa confluence" avec le Marnoz. La STEP d'Hermance, 800 équivalents-habitants, a été construite en 1961. Elle est localisée à environ 200 mètres en amont de l'embouchure au lac. Monniaz dispose d'une station d'une capacité de 100 équivalents- habitants, suffisante pour traiter les rejets des habitants du village.
Ses rejets vont dans le ruisseau des Châtaignières, affluent du Ternant.

Assainissement individuel et collectif privé
Sur une population totale de 5'341 habitants dans le bassin versant de I'Hermance en 1996, on peut estimer notamment sur territoire français à 74% le taux de raccordement à un système collectif d'assainissement. 26%, soit environ 1'400 habitants, sont assainis de manière individuelle ou, dans certains cas, ne le sont pas du tout.
Activités agricoles
Grandes cultures, élevage, cultures maraîchères et viticulture. Le principal rejet agricole provient d'une porcherie qui compte 2'000 places de porcs adultes. Le système de lagunage rustique de traitement du lisier dans
les parcelles voisines doit être revu.
Des fosses de stockage et la mise en place d'un plan d'épandage sont prévus.
Activités industrielles
Néant côté suisse. Les rejets industriels de la zone artisanale de Douvaine se font dans le réseau du Syndicat à vocation multiple du Bas-Chablais (SIVOM) et sont traités à Thonon.
Pollution d'origine agricole et maraîchère
Pollution diffuse* liée à l'utilisation de fertilisants de synthèse (azote, phosphore). Zone viticole en France (Crépy), déversements accidentels de produits phytosanitaires (arrivée par le Chamburaz).
Rejets de STEP
Malgré une bonne qualité des rejets, la STEP de Veigy n'est pas sans influencer négativement le Nant Courbe dont le débit est trop faible, comparé à celui de la STEp, pour permettre une dilution suffisante.
La qualité des rejets de la STEP d'Hermance est bonne également. Ils aggravent néanmoins la pollution de
la rivière par une augmentation de la teneur en ammoniaque. De plus, pour des raisons sanitaires, les rejets de la STEP d'Hermance sont chlorés de Pâques à septembre afin de supprimer la pollution bactérienne parvenant au lac et exposant la plage d'Hermance située à l'embouchure. Le chlore résiduel détruit la faune benthique* et gêne le poisson qui transite entre le lac et I'Hermance.

L'embouchure de l'Hermance

Déversoirs d'orage*
Dans les zones de construction équipées en réseau unitaire et à l'entrée des stations d'épuration, des rejets par les déversoirs d'orage peuvent se produire lors de fortes pluies, voire même de pluies moyennes.
Déversements accidentels
Des déversements accidentels, liés aux diverses activités artisanales
rencontrées dans la région, sont possibles.
Autres déversements par les réseaux
Rejets des eaux pluviales des réseaux séparatifs du secteur de la douane
d' Anières, des villages de Chevrens et d'Hermance.
Suivi de la rivière
Financée par le Syndicat à vocation multiple du Bas-Chablais (SIVOM) et l'Etat de Genève, l'étude globale du bassin de l'Hermance a été réalisée par la société HYDRETUDES.
La phase 1 de l'étude, le diagnostic de la situation actuelle, a confirmé le mauvais état de ce cours d'eau, aussi bien sur les plans qualitatif que quantitatif.
La phase 2, actuellement terminée, conduit à proposer des scénarios et actions en vue d'améliorer la situation. A ce titre, on peut citer quelques actions et mesures de revalorisation de premières priorité et importance :
. Suppression des STEP d'Hermance et de Veigy et raccordement des eaux nsées à la nouvelle STEP de Douvaine. Coût: 5 millions de francs suisses,
en ce qui concerne la STEP d'Hermance.
Réalisation: printemps 1999.
. Assainissement de Chens-Ie-Pont et interventions pour supprimer les déversements d'eaux usées dans les cours d'eau.
. Mise en place d'aménagements pour lutter contre les crues à Hermance.
Glossaire
Cette tiche-rivières a été élaborée avec le concours :
- Département de l'intérieur, de l'agriculture, de l'environnement et de l'énergie (DIAE)
- Service cantonal d'écotoxicologie (DIAE)
- Division de la protection des eaux (DIAE)
- Service Inf-eau-déchets (DIAE) -Service cantonal de géologie (DIAE)
- Service du lac et des cours d'eau (DIAE)
- SIVOM du Bas-Chablais -Direction départementale de l'Agriculture et des Forêts de Haute-Savoie.
Affluent
Cours d'eau qui se jette dans un autre.
Bassin versant
Surface du territoire sur lequel les précipitations s'écoulent vers un cours d'eau.
Buse (busage)
Tuyau, généralemeut en béton, utilisé pour assurer l'écoulement souterrain d'un ruis- seau à travers une route, une voie ferrée etc.
Capacité d'auto épuration
Pouvoir d'une rivière de dégrader les matières organiques et d'assimiler ou de détruire des polluants industriels ou domestiques qui y sont déversés, Un cours naturel et l'agitation de l'eau en surface (cascades, chutes, etc.) favorisent ce processus dans lequel les micro-organismes jouent un rôle
important.
COD (carbone organique dissous)
C'est le carbone lié à la matière organique dissoute, biodégradable ou non. Il provient pour une part de la production interne du milieu et pour une autre part de l'activité humaine.
Confluent
Endroit où deux cours d'eau se joignent (confluence: fait de confluer).
Correction
Modification du tracé d'un cours d'eau conservant au lit, contrairement à la
canalisation, un aspect plus ou moins naturel.
Crue
Montée des eaux d'un cours d'eau à la suite de précipitations atmosphériques abondantes ou de la fonte des neiges.
DBOs (Demande biochimique en oxygène)
Paramètre donnant une estimation de la teneur en matière organique biodégradable par la mesure de la quantité d'oxygène nécessaire à sa dégradation. Un homme produit chaque jour environ 70 g de DBO5.
DCO (Demande chimique en oxygène)
Paramètre donnant la teneur en matière organique oxydable par voie chimique (oxydation par le permanganate de potassium).
Débit
Volume d'eau qui s'écoule par unité de temps (l m3/s = 1'000 litres par seconde).
Débit de crue
Débit élevé lors d'événements pouvant survenir tous les dix ans (crue décennale), tous les 30 ans ou tous les cent ans (centennale). Les crues les plus fortes se produisent lorsque des précipitations abondantes sont associées à la fonte de neige.
Débit d'étiage*
Débit en période d'étiage.. En Suisse, il est défini comme le niveau atteint ou dépassé pendant 347 jours par année (Q347).
Débit moyen
Moyenne annuelle des débits.
Débit médian
Débit atteint ou dépassé durant la moitié de l'année, soit 182jours (QI82).
Déversoir d'orage
Dans le cas des réseaux unitaires, les débits en cas d'orage deviennent trop importants pour être conduits aux STEP .Les
déversoirs d'orages permettent d'évacuer ces eaux, qui contiennent un certain
pourcentage d'eaux usées, vers le milieu naturel (rivière, lac).
Diffus/diffuses (rejets, apports ou pollutions ...)
Qualifie des charges polluantes qui n'ont pas de sources géographiquement déterminées. C'est en particulier le cas de la plupart des rejets liés aux activités de l'agriculture et de l'élevage.
Eaux usées
Elles comprennent les eaux domestiques (cuisine, lavage, toilette, matières fécales, urines...) et les eaux résiduaires industrielles.
Eaux pluviales (eaux claires)
Partie des précipitations atmosphériques recueillie par les toitures et tous les sols rendus étanches par du béton ou du bitume (parkings, chaussées, trottoirs), ainsi que l'eau qui s'écoule des fontaines publiques.
Effluent
Ce qui s'écoule d'une source naturelle (cours d'eau issu d'un lac ou d'un glacier par exemple) ou d'une installation (eaux rejetées par une
STEP, un ensemble d'habitation, une industrie...).
Equivalent-habitant
Notion utilisée pour exprimer la charge polluante d'un effluent ou la capacité de traitement d'une
STEP La capacité d'une STEP est généralement supérieure au nombre d'habitants raccordés pour tenir compte des eaux usées industrielles ou artisanales et, dans certaines zones, des périodes de pointes touristiques.
Erosion
Arrachage par l'eau des matériaux constituant le lit ou les berges.
Etiage
Baisse périodique, généralement en été, du débit d'un cours d'eau; le plus bas niveau des eaux.
Exutoire
Lieu de déversement (d'une station d'épuration ou d'un déversoir d'orage dans une riviére,...).
Faune benthique
Ensemble de la faune d'invertébrés vivant sur le fond des riviéres (mollusques, vers, larves d'insectes etc.).
Galerie de décharge
Ouvrage permettant de prévenir les inondations en conduisant les eaux de crues vers un milieu, le Rhône dans le cas de l'Aire, ayant la capacité de les recevoir.
IBGN
Indice de qualité biologique global normalisé (voir sous «qualité biologique» et sous «objectifs de qualité»)
IPC (indice de pollution chimique)
Paramètre intégrateur qui regroupe en un seul chiffre les valeurs de quatre paramètres chimiques d'appréciation de la qualité des eaux (DBO5' COD, NH4 + , P sol). La
valeur de chaque paramètre est normalisée en la divisant par la valeur d'appréciation
la plus basse (limite de la classe eau non polluée). L'IPC est la moyenne des quatre valeurs ainsi normalisées.
Appréciation
DBOs* COD*
Ammonium(NH4+)* Psoluble*
IPC*
mg/L
mg/L
mgN/L
mgP/L
pollution
non polluée inférieur à inférieur à inférieur à inférieur à inférieur à
1,8 1,3 0,04 0,03 1,5
faible
1,8à3,0 1,3à2,0
0,O4àO,15
0,03àO,10 1,5à3,1
nette 3,0 à 5,0 2,Oà3,5 0,15àO,4 0,10àO,3 3,là8,0
forte. plus de 5,0 plus de 3,5 plus de 0,4 plus de 0,3 plus de 8,0
Limnimètre
Système de mesure du niveau de l'eau dans un lac ou un cours d'eau. L'estimation des débits des cours d'eau est basée sur cette mesure.
Lit
Creux naturel du sol, canal dans lequel coule un cours d'eau. Un lit mineur peut, naturellement ou artificiellement, être creusé dans le lit majeur. En période de basses eaux, l'évaporation est ainsi limitée
Lixiviation, lixiviats
Les lixiviats sont les eaux, chargées de certains produits solubles, résultant d'une lixiviation, soit le lavage d'un mélange de solides (p. ex. une décharge).
NH4 + (ammonium)
Sous forme dissoute dans l'eau, l'ammoniac (NH3) se trouve majoritairement sous
forme d'ions ammonium (NH4 +).
Il provient essentiellement des engrais agricoles et des effluents de STEP, sauf celles qui procèdent à la nitrification*. L'ammoniac peut être toxique pour les poissons et la faune benthique. L'homme produit chaque jour environ lOg d'azote qui passe rapidement sous forme ammoniacale dans les eaux usées.
Nitrification
Oxydation en nitrate de l'ammoniaque et des nitrites dissous dans les eaux.
Nival
Alimenté par la neige
NO3- (nitrate)
Espèce chimique ayant essentiellement pour origine les engrais agricoles et les effluents de STEP. C'est un engrais pour les plantes aquatiques et les algues.
Objectif de qualité
Les principaux paramètres utilisés en France pour juger de la qualité de l'eau et
fixer des objectifs de qualité sont :
1A
1B
2
3
Hc
Excellente Bonne Moyenne Médiocre Horts classe
DBO5*(mgO2/L) <- 3
3à5 5à 10
10à25
> 25
DCO*(mgO2/L) <-20 20à25 25à40 40à80 < 80
Ammoniaque
(NH4+)*(mgN/L) <- 0,08
0,08 à 0,4 0,4àl,5
I,5à6,2 <
6,2
IBGN* <- 17 16àl3 12à9 8à5 <- 4
ODEU
Ordonnance fédérale sur le déversement des eaux usées du 8 décembre 1975 qui fixe en particulier les objectifs suivants en matiére de qualité physico-chimique* pour les eaux courantes: DBO5 < 4 mg o2n,
COD < 2mgC/I, NH4+ < 0,5 mg Nn, NO3 < 25 mg/l.
P soluble (phosphore soluble)
Forme du phosphore qui a essentiellement pour origine les engrais agricoles et les effluents de STEP sans déphosphatation. C'est un engrais pour les plantes aquatiques et les algues. L'homme produit chaque jour environ 1,5 à 2 grammes de phosphore.
Qualité biologique
L'analyse de la qualité biologique exprime les effets des dégradations chimiques et physiques du milieu sur les organismes aquatiques. Elle est basée sur l'observation de la faune benthique* qui détermine un indice de qualité biologique globale normalisé de l'eau (lBGN) allant de I à 20 et qui permet de classer les cours d'eau en 5 catégories: très bonne (17-20), bonne (13- 16), médiocre (9-12), mauvaise (5-8) et très mauvaise
(<- 4).
Qualité physico-chimique
Les paramètres physico-chimiques les plus couramment mesurés sont le pH (degré d'acidité), la conductivité, l'oxygène
dissous, la DBOS*' ainsi que la teneur en phosphore, sulfate, chlorure, COD,
calcium, magnésium et en di\Iérentes formes de l'azote. La recherche de produits
antiparasitaires, de micropolluants et de métaux lourds peut compléter ces analyses.
Qualité sanitaire
La qualité sanitaire est évaluée selon des critères chimiques et surtout bactériolo. giques qui permettent d'apprécier si une
eau peut être destinée à la baignade.
La qualité bactériologique et la protection piscicole font que la baignade est
déconseillée dans toutes les riviéres genevoises.
Régime
Ensemble des pbénomènes régissant les variations de débit d'un cours d'eau : glaciaire (qui dépend de la fonte des glaciers), nivaÎ (alimenté par les neiges)
ou pluvial (qui dépend des pluies).
Réseau ou système séparatif
Système de canalisations composé de deux réseaux distincts, l'un conduisant les eaux usées vers une STEP, l'autre conduisant les eaux pluviales vers le milieu naturel (rivière, lac).
Réseau ou système unitaire
Réseau d'égouts collectant les eaux usées et les eaux pluviales* dans une même canalisation.
STEP
Station d'épuration des eaux usées d'origine domestique ou industrielle.
Stations de pompage ou de relevage
Installation permettant de relever des eaux, dans le cas présent des eaux usées, à un niveau suffisant pour assurer un écoulement gravitaire dans le réseau aval de canalisations.
Statut du cours d'eau
Sur sol suisse, le propriétaire responsable de l'entretien du cours d'eau peut être le canton, une commune ou un privé. Sur sol français, la propriété des cours d'eau peut être publique ou privée et s'arrête alors au centre du lit.
Taux d'imperméabilisation
Proportion de la surface rendue imperméable par la construction de routes ou de bâtiments et qui a ainsi perdu les capacités de rétention d'eau d'un sol naturel.
Bassin versant de l'Hermance
Pour toute information Direction de l'environnement 2, rue de l'Hôtel-de- Ville Case postale 3918
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Fiche-rivières No 4/Novembre 1998
DIAE
Département de l'intérieur, de l'agriculture, de l'environnement et de l'énergie
Fiches-rivières déjà parues N°l. L'Allondon, épuisée N°2.
La Versoix , épuisée N°3. L'Aire
N°4. L'Hermance
Fiches-rivières à paraître
La Drize
l' Arve
Le Foron
La Laire
Le Marquet -Gobé -Vengeron Le Nant d'Avril
Le Rhône
La Seymaz et affiuents
Rivières vivantes
10 ans pour sauver nos rivières ?