Le Foron

Photo de couverture, le Foron au lieu-dit « Les Verchères ».

 

 Face à l'extraordinaire dynamisme du bassin franco-genevois, nos rivières représentent les maillons d'un tissu hydrographique dense et complexe, mis à mal par des années d'une urbanisation galopante. A l'instar de nombreux autres cours d'eau transfrontaliers, le Foron nous renvoie en permanence l'image de nos actions quotidiennes et révèle ainsi la nécessité d'agir dans le respect des équilibres naturels.

Dans cette optique, les autorités françaises et genevoises mènent une réflexion globale afin de définir, ensemble, les bases d'un programme contractuel de gestion de l'écosystème, qui vise à améliorer la qualité de l'eau, prévenir les risques d'inondation et restaurer les berges et le lit de la rivière.

La ressource en eau constitue la principale richesse de notre région tant au niveau des volumes disponibles que sur le plan de la diversité des milieux aquatiques. Afin de préserver ce capital inestimable, il convient de tirer un enseignement des erreurs commises dans le passé en s'efforçant désormais de mesurer les impacts du développement socio-économique sur le milieu naturel et d'en limiter au maximum les effets négatifs. Il importe également de s'interroger sur la place à donner à la rivière et d'imaginer en parallèle des solutions concertées, adaptées et durables. C'est à ces conditions, et sous réserve d'un engagement

collectif, que les générations futures pourront hériter d'un patrimoine de qualité.

Renée Magnin

Présidente du Comité de rivière du Foron

 

L' histoire de notre région a voulu que la frontière franco-suisse soit placée sur la rive droite du Foron, contrairement aux autres rivières limitrophes qui délimitent, par leur milieu, les deux territoires. Le cours du Foron est donc entièrement français et longe le territoire suisse sur un peu plus de 8 kilomètres; seul 10% de son bassin versant provient du canton de Genève.

Dans un souci commun de remédier aux problèmes de débordement du Foron, d'instabilité des berges et de protection des riverains, les autorités françaises et suisses se sont unies, dès 1975, pour œuvrer de façon concertée à l'aménagement et à l'entretien de ce cours d'eau.

Poursuivant ces mêmes objectifs et désirant mieux tenir compte de l'impact environnemental des interventions sur les cours d'eau, les communes concernées du département de la Haute-Savoie et "Etat de Genève ont signé, en 1997, un protocole d'accord transfrontalier pour la revalorisation des rivières du genevois. Ce dernier constitue un engagement politique permettant de coordonner et réaliser des actions d'envergure nécessaires au maintien et à l'amélioration de la qualité des eaux des rivières. Comme c'est le cas pour chaque rivière du bassin genevois, le Foron fait l'objet d'un contrat de rivières, moyen indispensable pour parvenir à ce but.

La revitalisation d'une rivière demande l'implication de tous les acteurs locaux: population, associations, entreprises agricoles et industrielles, collectivités privées et publiques; nous sommes tous amenés à nous investir pour rendre à nos cours d'eau le reflet de leur aspect originel.

Prendre conscience que la qualité de notre environnement est entre nos mains et que nous en sommes les premiers dépendants et bénéficiaires. Sensibiliser! Tel est le but premier de la publication des fiches-rivières : informer pour mieux agir afin que nos enfants vivent dans une région sillonnée de rivières vivantes.

     Robert Cramer

Président du Département

de l'intérieur, de l'agriculture, de

l'environnement et de l'énergie

 

sommaire

 

- éditoriaux

- origine de la rivière

- richesses naturelles

- découverte du site

- promenades

- carte

- généralités

- une rivière en danger

- histoire

- état actuel

- qualité globale

- altération et assainissement

- actions et mesures de revalorisation proposées

- glossaire

les mots suivis d'un astérisque (*) renvoient au glossaire

 

Le Foron, fiche - rivière n° 8

 

Origine de la rivière

 

Le ruisseau de Coudray prend sa source à 1480 mètres d'altitude sur le flanc ouest des Voirons, et prend le nom de Foron de Ville-la-Grand à la sortie du Marais de Grange-Vigny près de Machilly.

Sur les communes de Ville-la-Grand, Saint-Cergues, Juvigny, et Gaillard, il prend le patronyme du territoire traversé puis, marquant sur 8 km la frontière naturelle entre la France et la Suisse, par le haut de sa berge droite, il va se jeter dans l'Arve en amont du pont de Sierne, à l'altitude de 390 mètres.

 

Le Marais à la Dame à Brens. près de Machilly.

 

Richesses naturelles

 

Sur les trois-quarts amont du bassin versant*, les zones humides, en particulier l'enchaînement des marais à la Dame et de Grange­Vigny, forment des maillons écologiques remarquables au coeur du vallon du Foron. le lac de Machilly ainsi que le flanc boisé des Voirons constituent des ensembles de grand intérêt paysager, faunistique et floristique.

Roselière, aulnaie glutineuse, saules cendrés sont des refuges de nombreuses espèces ornithologiques*: colvert, sarcelle d'hiver, ralidés (poule d'eau et râle d'eau), bruant des roseaux, locustelle tachetée, rousserolles verderolle et effarvatte, busard Saint-Martin en hiver sont des hôtes réguliers de ces lieux.

 

Des espèces particulières sont également observables chez les insectes, reptiles et amphibiens.

Pour les mammifères, le renard, l'hermine, le chevreuil, le sanglier sont bien présents, tout comme le castor.

 

L'image de la roselière* ou de la cariçaie* baignée de calme est trompeuse. Elle masque un milieu dynamique, en évolution permanente. Le devenir de la plupart des marais de plaine est de s'embuissonner progressivement, avant de disparaître sous une forêt dense plus ou moins sèche. On parle alors d'atterrissement. Un marais n'est donc qu'une étape transitoire dans le processus naturel conduisant d'un milieu humide pionnier (un étang, un bord de rivière, etc.) à un milieu forestier plus évolué (une aulnaie par exemple). Le stade de marais héberge une diversité biologique élevée; celle-ci se réduit en revanche avec la progression du couvert forestier.

Si la disparition des marais par recouvrement forestier paraît inéluctable, comment se fait-il que nous ayons aujourd'hui encore la chance d'admirer des roselières et des cariçaies* bien préservées? En fait, la nature s'est dotée d'outils performants pour remanier sans cesse les paysages. Les crues des rivières et des lacs, les fluctuations naturelles des nappes phréatiques ou les tempêtes de vent sont autant de forces créatrices qui faisaient autrefois naître ça et là de nouveaux marais!.

 

1. Ces deux derniers paragraphes sont tirés de la. brochure « Le Malagnou » n° 2. pp. 14-15 éd. 1998. Pro Natura Genève.

Agnon élégant (Ischnura elegans).

 

Notre environnement est fragile, respectez-le!

 

- Le Foron ne peut pas être suivi sur la totalité de son cours. Nous vous proposons de découvrir la région des sources, de le longer dans son vallon entre Saint-Cergues et Juvigny ou encore de se faufiler vers l'Arve et s'approcher de son embouchure.

 

Corridor boisé du Foron à Marsaz.

 

Promenades

 

Se munir d'une pièce d'identité.

Avant de partir, procurez-vous les cartes qui peuvent vous être utiles:

- carte IGN (françaises) N° 3429 ET TOP 25 (au 1/25 000)

- plan touristique de la Commune de Saint-Cergues - Les Voirons (mairie de Saint-Cergues, tél. 04 50 43 50 24).

 

Sur les flancs des Voirons

Voir le plan touristique de Saint-Cergues.

Les sources des affluents du Foron se situent sur les flancs des Voirons dans un paysage surplombant le bassin du Lac Léman. De magnifiques promenades sur les chemins forestiers, dans les bois touffus, entrecoupés de prairies, traversent la réserve naturelle des Voirons. Il est possible de monter jusqu'à la crête des Voirons depuis Saint-Cergues puis de la suivre par un sentier de randonnée qui porte bien son nom: Le Balcon du Léman.

 

Juvigny - Saint­Cergues, depuis Caro-douane et retour

(env. 2 h.30)

Promenade possible à vélo ou à cheval.

Les distances indiquées sont calculées depuis l'arrêt du bus TPG «Cara-Douane ».

Accès à pied: Bus TPG ligne C (Malagnou-Monniaz), arrêt« Cara­-Douane » (arrêt sur demande).

Attention: le dimanche, pas de bus Saint-Cergues - Annemasse.

En descendant à l'arrêt<< Cara­Douane » des TPG (A), remarquez l'aspect peu commun du Salève, sur votre droite (voir photo page 25).

Suivre la route en direction de « Petit Carra» (constatez, en passant, que le nom du village gagne un « r »... de campagne peut ­être !). A la douane de Ville-la-­Grand (300 m) (8), prendre à gauche sur Juvigny; la route se resserre dans le village (bien marcher sur la gauche de la route pour voir les véhicules arriver en face). A la hauteur de l'indicateur du village « Carra » (900 m) (C), prendre à droite et descendre dans un sous-­bois en direction de la voie ferrée, dans le vallon du Foron. Prendre à gauche, le long de la ligne de chemin de fer; au croisement de la route, remonter le coteau jusqu'à la ferme de Marsaz (D), contourner la propriété par le haut et tourner à droite, dans une sorte d'arrière-cour. Le chemin pédestre reprend au fond, sur la gauche, en direction de« Crêt» (2,2 km). Au village, reprendre un bout de route en descendant. Prendre à la deuxième bifurcation sur la gauche (ne pas suivre l'allée des Acacias), remonter dans le village par la route principale jusqu'aux vignes (E) (3 km). Un chemin caillouteux semble se perdre dans les champs, mais il est bien marqué et fait un coude à gauche pour rejoindre la route de « La Renfile » (F) (3,5 km). Suivre la route sur 200 m; au croisement, descendre sur Juvigny jusqu'à la place de l'Eglise (3,7 km); prendre à gauche, suivre la route jusqu'à la reprise du chemin pédestre sur la gauche (G) (3,9 km), qui rejoint le bord du Foron. Un petit pont de béton (5 km) nous fait traverser la rivière, puis le chemin croise la route « Les Cartines - la Plantaz » (H). (Option: de là, en traversant à nouveau la rivière, il est possible de suivre le Foron jusqu'au «Moulin ».)

Tout droit, le chemin longe la voie ferrée jusqu'à la gare de Saint-Cergues. Au passage à niveau, traverser les voies, un café-restaurant (fermé le lundi jusqu'à 17 h. et le mercredi) se trouve juste devant le ruisseau de la Chandouze, qui rejoint en ce lieu le Foron (I) (6,4 km). Remonter la route de Saint-Cergues jusqu'à la route nationale (J), la traverser prudemment et poursuivre jusqu'à Saint-Cergues.

 

Le cordon boisé du Foron près de Juvigny. et les flancs des Vairons.

 

 

A la sortie du Marais de Grange- Vigny.

 

Au croisement, prendre à gauche sur 700 m; là, se trouve l'arrêt des cars SAT (Thonon - Annemasse) (K) (8,1 km).

Ce car vous conduira à la gare routière d'Annemasse1. De là, plusieurs lignes de transports publics annemassiens peuvent vous ramener à la douane de Moillesulaz, où vous pourrez prendre le tram 12.

 

Fossard - Bois de Vernaz - confluence* Arve et Foron2

(env. 30 min)

Accès à pied: Bus TPG N° 8 (Rive ­Veyrier), arrêt« Pont-de-Sierne ». Traverser la route et prendre le bus TPG n° 34 (Veyrier - Choulex), des­cendre à l'arrêt « Fossard » (L). Franchir la frontière au hameau de Fossard, et suivre la rive gauche du Foron dans le sens de son cours. Sur ce segment, se trouve le « Pont de l'Escalade »3 (M); le ruisseau est fortement endigué*, à cause des crues* qui ont pu survenir dans le passé. Poursuivre jusqu'à la vue des serres des horticulteurs. (Attention: une barrière - souvent ouverte - vous indique que là commence une propriété privée; respecter ces indications). Pour rejoindre la confluence du Foron (0), suivre« Bois de Vernaz », «Station d'épuration ». Peu avant d'arriver à ces installations, prendre à droite en direction des serres où vous parvenez aux parkings (P1, P2) (N) de la« zone de loisirs de Vernaz ».

Accès en voiture: comme ci-dessus, et laisser votre véhicule en P1 ou P2 (N).

A l'orée des bois de Vernaz, débute la zone de loisirs de la ville de Gaillard et plusieurs options de promenades. Laissez-vous guider par les panneaux didactiques.

 

Confluence du Foron

En suivant le cours de l'Arve pendant dix minutes, retrouver le Foron à sa confluence (0). De l'autre côté de l'Arve se trouve une ancienne drague et, droit devant, le pont de Sierne est en vue.

1. Rappel: pas de car le dimanche.

2. Voir aussi la fiche-rivière « L'Arve ».

3. Voir Histoire (faits historiques).

 

Généralités

 

Statut* du cours d'eau

Le Foron est un cours d'eau d'appartenance privée sur la totalité de son parcours.

Les 8 derniers kilomètres de son cours (frontière naturelle) comprennent 6 postes frontière: les douanes de Cornières, Mon Idée, Pierre-à-Bochet, Moillesulaz, Vallard et Fossard.

Contrairement à l'usage général qui veut que le milieu du cours d'eau marque la limite de propriété, la frontière se situe, dans ce contexte, au sommet de la berge côté suisse. Cette particularité locale, selon laquelle le lit vif du Foron est entièrement français, remonte au 16 mars 1816 (date de signature du Traité de Turin).

En effet, l'article premier du traité stipule: « ... Quant aux rivières et ruisseaux qui, d'après les changements de limites résultant du Traité de ce jour, déterminent la nouvelle frontière, le milieu de leur cours servira de limite, en exceptant le Foron, lequel appartient en entier à Sa Majesté1 et dont le passage ne sera assujetti à aucun droit ».

Communes concernées du bassin* versant

France: le bassin versant du Foron s'étend sur le territoire de 8 communes françaises: Bons-en-­Chablais, Machilly, Saint-Cergues, Cranves-Sales, Juvigny, Ville-la-­Grand, Ambilly, Annemasse2 et Gaillard.

Genève: Presinge, Puplinge et Thônex.

 

1. Le roi de Sardaigne.

2. La commune d'Annemasse n'est pas riveraine du Foron. Toutefois. une petite partie de son territoire se situe sur le bassin versant du Foron.

 

Surface du bassin* versant

(Les surfaces du bassin versant naturel sont agrandies par des réseaux de collecteurs urbains formant ainsi un bassin versant artificiel).

France: 36,4 km2.

Genève: 3,1 km2.

 

Longueur du cours

Pour un parcours total d'environ 20 kilomètres, le Foron matérialise, par le haut de sa rive droite, la frontière entre la France et la Suisse sur 8,280 km (de Cornières jusqu'à sa confluence avec l'Arve).

Aménagements

Dès les années 90, un chenal d'écoulement en béton armé a été créé au niveau du hameau de la Charrière (Saint-Cergues).

Sur le tronçon franco-suisse, le cours d'eau est généralement endigué, avec des aménagements plus ou moins durs de protection contre les crues inférieures ou égales à une période de retour de 30 ans.

 

Bruant des roseaux.

 

Débit* moyen

A Cornières (station hydrométrique): estimé à 0,25 m3/s

A la confluence* de l'Arve: 0,28 m3/s

 

Débit* de crue

A Cornières: débit 10 ans estimé à 25 m3/s

                   débit 100 ans estimé à 70 m3/s

A la confluence de l'Arve: débit 10 ans estimé à 45 m3/s

                                     débit 100 ans estimé à 88 m3/s

Débit* d'étiage (Q347)

A Cornières: estimé à 0,03 m3/s

A la confluence de l'Arve: 0,04 m3/s

 

Régime*

Le Foron est un cours d'eau de régime pluvial*, qui subit une légère influence nivale* due aux Voirons.

 

Affluents* principaux

France: les ruisseaux et torrents de Borringes, du Dard, de Boëge, de Chez Fournier, du Panfonex et de la Chandouze (qui reçoit les ruisseaux du Loty, du Ouat et d'Armiaz) dont les longueurs additionnées représentent 23 km de cours.

Genève: le Campex

 

Une rivière en danger

D'une certaine manière, on peut considérer que le Foron est victime de sa situation privilégiée au coeur du bassin franco-genevois. Situé dans une région frontalière extrêmement attrayante, le bassin versant* du Foron subit en quelque sorte les effets quotidiens d'une pression urbaine grandissante (impacts sur la qualité des eaux, dénaturation du milieu, accroissement du ruissellement, disparition des zones naturelles d'expansion des crues*, etc.).

 

 

 Les crues menacent fréquemment le Foron.

 

Histoire

 

Aménagement

France: sur la partie amont, une série d'opérations de drainage a été réalisée dans les années 40 afin, notamment, d'accroître les surfaces cultivables en bordure du cours d'eau (sur la commune de Bons-en-Chablais au lieu-dit Brens, en bordure du ruisseau du Coudray par exemple). Des aménagements similaires ont vu le jour sur d'autres communes (entre autres Juvigny) dans les années 70.

Des aménagements ont été réalisés sur certains affluents* du Foron au cours de la décennie 90. Ce fut notamment le cas sur le Panfonex où deux plages de dépôt destinées à piéger les sédiments et les pierres en transit ainsi qu'un chenal d'écoulement en béton armé ont été réalisés au niveau du hameau de la Charrière (Saint­Cergues) .

Sur la partie urbaine, le Syndicat Intercommunal d'Amélioration du Foron (SIAF) consacre son budget d'investissement au recalibrage du Foron afin de limiter les conséquences dommageables des crues*. Les travaux ont été effec­tués entre 1978 et 1985, ciblant le pont de Cornières à Ville-la-Grand, le secteur du pont Noir (Ambilly, Gaillard), le clos du Roy à Gaillard, le secteur Cornières à Ville-la-­Grand et les Corceillons à Ambilly, le secteur Moillesulaz à Gaillard et à partir de 1993 à la douane autoroutière de Vollard: doublement hydraulique des ponts de Souville et de l'Escalade, réalisation de seuils en enrochement entre Fossard et Vallard.

Genève: les autorités françaises et genevoises se concertèrent dès 1975 sur les améliorations qui pouvaient être apportées. Sur la commune de Thônex, à Pierre-à-Bochet, des endiguements furent construits en 1978, 1980-82 et 1997-99. Sur la commune de Puplinge, dans le secteur Cornières - Mon-Idée, des corrections et un endiguement furent exécutés en 1978-79 et 1982-83. Partout où cela fut possible, la rive et la berge furent laissées intactes. Le cours fut rectifié sur 70 m sous la rue de Genève pour permettre un maximum de débit.

 

Faits historiques

   Si le Foron est déjà cité dans certains écrits moyenâgeux sur des documents de possessions seigneuriales de Savoie, il ne faut pas confondre ce Foron et celui de La Roche, dans un fait historique qui relate qu'un contingent de soldats, venus aider le duc de Savoie dans son intention de reprendre la ville de Genève en décembre 1602, aurait passé une soirée hivernale à côté d'un pont, attendant les ordres avant de s'avancer sur Genève. Pourtant, l'un des ponts du Foron de Gaillard se nomme bien « le pont de l'Escalade ».

 

 

Le ruisseau du Coudray recalibré.

 

D'après les différents récits, les troupes du Duc de Savoie auraient été rassemblées à La Roche, puis à Bonneville et à Bonne. Le Duc en personne aurait assisté au défilé d'une partie de ses troupes au pont d'Etrembières. Elles semblent s'être partagées en deux corps d'armée qui marchèrent sur Genève des deux côtés de l'Arve, l'un par Gaillard, Pinchat et Carouge, l'autre par Villette et Champel. Il se peut donc qu'un contingent se soit arrêté près du pont du Foron de Gaillard.

En 1780, le roi de Sardaigne fait construire un pont sur le Foron à Moillesulaz puis en 1785 un autre pont à Ambilly, lieu stratégique pour le transfert du sel qui, à l'époque, avait un poids économique considérable puisqu'il était chargé de maintenir le cours des monnaies savoyardes dans les cantons suisses et à Genève.

 

Etat actuel

 

État du lit et des berges

France: sur la partie amont, malgré ses différents aménagements, le Foron conserve globalement un aspect naturel du fait notamment du cordon végétal qui le borde sur une grande partie de son tracé.

La partie aval, quant à elle, offre un visage beaucoup plus artificiel. Les quelques sections de berges boisées ou enherbées s'intercalent timidement entre les ouvrages de génie civil.

Genève: la partie aval du passage sous douane de Thônex peut être inondable lors de très fortes crues (centenales); des travaux sont prévus pour remédier à ce problème.

 

Occupation des sols

France: sur la partie amont, le bassin versant est encore fortement dominé par les zones agricoles et forestières alors que la pression urbaine est largement plus significative sur la partie aval.

Genève: la majeur partie est en zone villas, le reste en zone boisée, prairies, zone maraîchère et vignoble.

 

Bassin* versant

L'amont du bassin versant du Foron est à dominante rurale. L'activité agricole est essentiellement constituée par les exploitations laitières, les cultures céréalières ou l'élevage de bovins et de porcs.

La partie aval contraste par son développement industriel. Les sociétés sont implantées en majorité dans les zones industrielles de Ville-la-Grand et d'Annemasse.

Genève: voir « occupation des sols ».

 

Paysage

Le Foron s'inscrit dans un petit vallon boisé dès les sources, s'épenchant en quelques marais puis générant son cordon boisé jusqu'à l'entrée des agglomérations. Ce petit vallon est nettement marqué de sa courbe au pied nord­ouest des Voirons.

 

Crues*

Outre 1831 (crues dommageables signalées, routes coupées), quelques dates sont restées en mémoire: juillet 1930, novembre 1952, février 1960, juin 1974, janvier 1979, juillet 1980, juin 1982, octobre 1988, juin 1990, septembre 1993, novembre 1996.

Les différentes études hydrologiques réalisées dans le passé ont permis de mettre en évidence des crues rurales et urbaines, différentes selon la nature du terrain. L'urbanisation du territoire a accru l'ampleur et la fréquence des crues. De plus, les constructions en bordure du cours d'eau ont augmenté sérieusement les risques liés aux problèmes naturels d'inondation.

 

Erosion*

1904: les ruisseaux de la Chandouze, le Panfonex, du Dard et de Boëge occasionnent chacun des dégâts aux habitations, aux routes et aux champs.

1909, 1930: des coulées boueuses atteignent le plateau de Chamenard (Commune de Machilly).

1974: le Panfonex charrie des matériaux, endommageant ainsi le hameau de la Charrière.

1981: le glissement de la Chandouze se déclenche et occasionne de forts transports solides sous forme de boues torrentielles qui empruntent le lit de la rivière.

1985: un violent épisode pluvieux provoque des débordements de la plupart des affluents avec inondations et engravements aux hameaux de « chez Fournier » et des« Fontaines» (Saint-Cergues).

 

 

Le Foron à l’entrée du lac de Machilly.

 

Qualité globale

 

Qualité* physico-chimique des eaux

Une campagne d'étude sur la qualité des eaux du Foron et de ses principaux affluents a été lancée en automne 1998.

Pour résumer, l'étude met en lumière deux aspects majeurs:

-         l'hydrobiologie déclasse le Foron sur une grande partie de son cours;

-         la qualité physico-chimique permet quasiment d'atteindre les objectifs de qualité.

La qualité globale de l'eau atteint un niveau 2 (médiocre) sur la partie amont et 3 (mauvaise) sur la partie aval. D'importants efforts restent donc à produire afin d'atteindre les objectifs de qualité des eaux assignés par la Mission Interservices de l'Eau (MISE) en 1996, soit à 1 A à l'amont et 2 à l'aval.

 

Qualité sanitaire*

   La qualité de l'eau du Foron ne permet pas la baignade.

Localement, la présence de plusieurs espèces de poissons, notamment en amont, témoigne d'une eau pas encore trop atteinte. La situation s'améliore grâce à la prise de conscience des autorités et aux actions menées depuis une dizaine d'années.

 

Secteur

DBO5 *

          COD*

NH4+*

      NO3-*

Brens - amont fruitière

1 B (bonne)

1,85 mg/l

normal

normal

St Cergues - Moulin des Marais

2 (médiocre)

3,66 mg/l

normal

normal

Juvigny - 100 m aval centre équestre

1 B (bonne)

3,29 mg/l

normal

normal

Ville-la-Grand - 50 m amont Parc du Foron

1 A (très bonne)

2,62 mg/l

normal

normal

Ambilly - aval pont SNCF

1 B (bonne)

2,71mg/l

normal

normal

Gaillard - bout de la rue de Sousville

1 B (bonne)

2,46 mg/l

normal

normal

 

 

Confluence du Foron et de l’Arve.

 

Qualité* biologique globale 1995 (Qualité selon IBGN*)

 

Station

Qualité

Brens - amont fruitière

2 (médiocre)

St Cergues - Moulin des Marais

1 B (bonne)

Juvigny - 100 m aval centre équestre

2 (médiocre)

Ville-la-Grand - 50 m amont Parc du Foron

3 (mauvaise)

Ambilly - aval pont SNCF

3 (mauvaise)

Gaillard - bout de la rue de Sousville

3 (mauvaise)

 

 

Pollution chimique

 

Secteur

pollution

paramètres déclassants

Brens - amont fruitière

faible

% O2

St Cergues - Moulin des Marais

moyenne

DCO /  DBO5

Juvigny - 100 m aval centre équestre

faible

% O2

 Ville-la-Grand - 50 m amont Parc du Foron

nulle

-

Ambilly - aval pont SNCF

faible

DBO5

Gaillard - bout de la rue de Sous ville

faible

DBO5

 

Qualité* piscicole

Suite à une lente dégradation du milieu survenue dès le début des années 60, le Foron n'est aujourd'hui plus aussi poissonneux et ne bénéficie plus auprès des pêcheurs de l'attrait qu'il suscitait encore largement dans les années 50. Toutefois, bien que plusieurs problèmes demeurent, l'AAPPMA1 du Chablais-Genevois qui assure la gestion piscicole du cours d'eau, reconnaît un certain progrès. «Aujourd'hui la situation s'améliore doucement et grâce aux efforts d'assainissement et d'alevinage, les habitués réussissent, dans quelques secteurs redevenus sauvages, d'honnêtes paniers» (AAPPMA du Chablais-Genevois, 1998). Par ailleurs, un certain nombre de frayères* (truite fario) ont été repérées sur la partie amont.

 

1. Association Agréée de Protection de la Pêche et du Milieu Aquatique.

 

Les espèces les plus fréquemment rencontrées dans le Foron sont: la truite fario (présente également dans la Chandouze), le vairon, et quelques chevaines. Localement et occasionnellement le gardon et le goujon (provenant du lac de Machilly) ont été observés ainsi que quelques ombres communs venus de l'Arve. En outre, la présence d'écrevisses (américaines) a été constatée dans le Foron.

NB. Le Foron et la Chandouze bénéficient d'un alevinage régulier en truite fario.

Le lac de Machilly abrite quant à lui brochets, carpes, perches, gardons, rotengles, goujons, etc.

 

Altération et assainissement

 

PRINCIPALES SOURCES D'ALTÉRATION

Pollution d'origines agricole et maraîchère

 

L'étude de la qualité des eaux de 1998 a permis de relever deux sources majeures d'altération:

- à l'amont: apports d'eaux usées* domestiques et/ou agricoles.

- à l'aval: (voir déversements accidentels).

 

Rejets de STEP

France: néant.

Genève: rejet des effluents de la STEP de la Louvière (capacité nominale 75 équivalent-habitant*) dans le Campex qui se jette dans le Foron.

 

Déversoirs* d'orage

France: le rejet des eaux pluviales de la zone industrielle de Ville-la-­Grand est estimé a un équivalent* de 425 habitants.

Genève: un déversoir subsiste sur le territoire de la commune de Thônex pour régler les systèmes unitaires desservant les communaux d'Ambilly et le lieu-dit « Les Sillons ».

 

Déversements accidentels

A l'aval: pollutions chroniques et/ou accidentelles en provenance des zones industrielles (notamment de Juvigny).

 

ÉTAT DE L'ASSAINISSEMENT

 

Le réseau d'égouts

France: réseau* unitaire sur 60 à 70 % des installations, le reste en réseau* séparatif. Les réseaux unitaires sont progressivement supprimés au profit des réseaux séparatifs.

 

 

La STEP de la Villette.

 

Genève: le taux de raccordement en système séparatif est de 100 % pour les communes de Puplinge et Presinge et d'environ 85 % pour la commune de Thônex. A terme, les réseaux unitaires subsistants devront disparaître au profit d'équipements séparatifs.

 

Stations d'épuration (STEP*)

France : néant (sur le bassin du Foron les rejets de la STEP du bois de Vernaz à Gaillard s'écoulent dans l'Arve).

Genève : STEP de la Louvière. Le fonctionnement de cette petite installation est satisfaisant, (les effluents* de la STEP de la Villette, toute proche, se rejettent dans l'Arve).

 

Assainissement individuel et collectif privé

France : la majeure partie de la population du bassin versant est raccordée au réseau collectif d'assainissement. La Commune de Bons-­en-Chablais est quant à elle raccordée au réseau du Bas-Chablais (milieu récepteur = Léman).

Les collecteurs du SIVMAA1 aboutissent à la toute nouvelle station d'épuration du Bois de Vernaz (Gaillard) dont la capacité est actuellement portée à l'équivalant* de 80'000 habitants (milieu récepteur = Arve).

 

1. Syndicat à Vocation Multiple de l’Agglomération Annemassienne.

 

Le taux de raccordement au réseau d'assainissement de la plupart des communes françaises concernées est proche de 100 %.

Sur certaines communes rurales (notamment Saint-Cergues, Cranves-Sales), une partie de la population est équipée d'un système d'assainissement individuel (fosses septiques).

A terme, les réseaux de type unitaire* devront disparaître au profit d'équipements séparatifs.

Genève: l'ensemble de la population du bassin versant des communes de Thônex, Puplinge et Presinge, à l'exception du hameau de la Louvière, est raccordé à la STEP de la Villette dont la capacité est de 50'000 équivalant habitants (milieu récepteur: Arve).

 

Activités agricoles

A l'amont: exploitations laitières, élevages bovin et porcin, cultures céréalières, vignobles.

A l'aval: maraîchage (essentiellement sur la commune de Gaillard).

Genève: agriculture, maraîchage et vignoble.

 

Activités industrielles

A l'amont: artisanat (bâtiment et travaux publics, mécanique, électricité, métaux).

A l'aval: les différentes branches de l'industrie sont plus largement représentées au sein notamment des zones industrielles de Ville-la-­Grand et d'Annemasse en bordure de la RN 206.

 

 

Le vallon du Foron. Ses vignes. Annemasse et le Salève.

 

Résumé des actions

       et mesures de revalorisation proposées

 

PLAN D'ACTION

Intégrés dans le périmètre d'action du Protocole d'accord transfrontalier pour la revalorisation des rivières du Genevois, le Foron et ses affluents font l'objet d'une attention grandissante de part et d'autre de la frontière. Actuellement à l'étude, le programme d'actions devra déboucher sur un contrat de rivières transfrontalier. Pour l'heure, l'engagement et le suivi des études sont assurés par le Comité de rivière et le Comité technique de pilotage (constitués respectivement le 20 avril et le 16 juin 1999) qui associent tous deux les différents partenaires français et suisses (élus, administrations, professionnels, associations).

 

ACTIONS PERMANENTES

Entretien régulier

Dans le but de programmer les actions dans la durée, un suivi d'entretien a été défini. L'intérêt d'un contrat de rivières passe notamment par le suivi régulier de la rivière (berges et lit) et de ses annexes (affluents, zones humides, corridor végétal).

Par ailleurs, l'ensemble des actions est accompagné d'une campagne de communication afin de sensibiliser les riverains et les usagers de la rivière.

Afin d'améliorer la qualité biologique et physico-chimique de la rivière, il faut:

- neutraliser les rejets industriels qui altèrent la qualité de la rivière de manière chronique,

- poursuivre la politique de raccordement et d'extension des réseaux d'assainissement afin de limiter au maximum les rejets domestiques directement dans le cours d'eau,

- améliorer le traitement des déversoirs* d'orage,

- développer les réseaux* séparatifs.

 

MESURES DE REVALORISATION PRIORITAIRES

Protection des lieux habités contre les crues*

Pour assurer un niveau élevé de protection contre les crues et préserver la sécurité des personnes et des biens par rapport aux risques d'inondation, il est indispensable de:

- gérer les crues par la création d'un bassin d'amortissement* en amont du secteur fortement urbanisé et par la réalisation d'ouvrages de protection et de gestion des matériaux solides le long des affluents* à régime torrentiel,

- maîtriser l'urbanisation et le ruissellement des eaux pluviales* en milieu urbain,

- conserver et redonner un espace de liberté au cours d'eau (lorsque les conditions le permettent).

Les actions entreprises dans ce but devront être étudiées en relation avec les orientations souhaitées en matière de réhabilitation et de renaturation du cours d'eau afin de favoriser un développement harmonieux de l'ensemble du milieu. Ces actions nécessitent une prise en compte globale de la rivière et de ses affluents.

 

MESURES COMPLÉMENTAIRES

Restauration et renaturation du lit et des berges, mise en valeur du milieu aquatique.

Afin de redonner au Foron des fonctions et un aspect plus naturels, les élus s'engagent à:

- réhabiliter les milieux annexes (zones humides, forêts ripisylves*) en tenant compte de leur dynamique naturelle,

- aménager et/ou renaturer le lit et les berges afin de promouvoir une meilleure insertion du Foron dans son environnement urbain et rural (privilégier les techniques de génie végétal),

- valoriser le patrimoine paysager, faunistique et floristique du bassin versant.

 

Cette fiche-rivière a été élaborée par le Département de l'intérieur,

de l'agriculture, de l'environnement et de l'énergie (DIAE),

 en particulier avec les collaborations suivantes:

Cellule Renaturation des cours d'eau et des rives

Cellule paysage

Service cantonal d'écotoxicologie (Ecotox)

Service Inf-eau-déchets

Service des forêts, de la protection de la nature et du paysage (SFPNP)

Service cantonal de géologie

Service du lac et des cours d'eau

Service des contrôles de "assainissement

et avec le concours:

Muséum d'histoire naturelle

La Direction départementale de l'Agriculture et des forêts de Haute-­Savoie

Le Comité de rivière du Foron

Photographies: Comité de rivière du Foron, Ecotox, SFPNP, Cellule de renaturation, insectes: B, & A, Jetzer

Dessins: René Wulser. Dessins de poissons tirés de l'ouvrage de M. Lunel, avec l'aimable autorisation du Muséum d'histoire naturelle.

Graphisme: La virgule de Polo, Genève

 

Glossaire

 

A Affluent

   Cours d'eau qui se jette dans un autre.

B Bassin versant

Surface du territoire sur laquelle les précipitations s'écoulent vers un cours d'eau.

Bassin d'amortissement

Surface de terrain prévue pour recevoir les excédents d'eau et les libérer régulièrement à débit réduit (épandage).

Busé

Tuyau, conduite généralement de gros diamètre.

C Cariçaie

Du latin « Carex", plante peu spectaculaire, en français les laîches, ressemblant à des graminées. Le terme officiel est: la prairie à laîche.

COD (carbone organique dissous)

   C'est le carbone lié à la matière organique dissoute, biodégradable ou non. Il provient pour une part de la production interne du milieu et pour une autre part de l'activité humaine.

Confluence

Endroit où deux cours d'eau se joignent.

Crue

Montée des eaux d'un cours d'eau à la suite de précipitations atmosphériques abondantes ou de la fonte des neiges.

D DBO5 (Demande biochimique en oxygène)

Paramètre donnant une estimation de la teneur en matière organique biodégradable par 1 la mesure de la quantité d'oxygène nécessaire à sa dégradation. Un homme produit chaque jour environ 70 g de DBO5.

Débit

Volume d'eau qui s'écoule par unité de temps (1 m3/s = 1000 litres par seconde).

Débit de crue

Débit élevé lors d'événements pouvant survenir tous les dix ans (crue décennale), tous les 30 ans ou tous les cent ans (centennale). Les crues les plus fortes se produisent lorsque des précipitations abondantes sont associées à la fonte des neiges.

Débit d'étiage (Q347)

Débit en période d'étiage. En Suisse, il est défini comme le niveau atteint ou dépassé pendant 347 jours par année (Q347).

Débit médian (Q182)

Débit atteint ou dépassé durant la moitié de l'année, soit 182 jours (Q182).

Débit moyen

Moyenne annuelle des débits.

Déversoir d'orage

Dans le cas des réseaux unitaires, les débits en cas d'orage deviennent trop importants pour être conduits aux STEP. Les déversoirs d'orage permettent d'évacuer ces eaux vers le milieu naturel (rivière, lac).

E Eaux usées

Elles comprennent les eaux domestiques (cuisine, lavage, toilette, matières fécales, urines...) et les eaux résiduaires industrielles.

Eaux pluviales (eaux claires)

Partie des précipitations atmosphériques recueillie par les toitures et tous les sols rendus étanches (parkings, chaussées, trottoirs), ainsi que l'eau qui s'écoule des fontaines publiques.

Effluent

Ce qui s'écoule d'une source naturelle (cours d'eau issu d'un lac ou d'un glacier par exemple) ou d'une installation (eaux rejetées par une STEP, un ensemble d'habitations, une industrie...).

Endiguer

Limiter un cours d'eau par des murs de pierre sur chaque rive.

Epandage

Extension des eaux de crue sur des terres (marais, étang).

Equivalent- habitant

Notion utilisée pour exprimer la charge polluante d'un effluent ou la capacité de traitement d'une STEP. (La capacité d'une STEP est généralement supérieure au nombre d'habitants raccordés pour tenir compte des eaux usées industrielles ou artisanales et, dans certaines zones, des périodes de pointes touristiques.)

Erosion

   Dégradation des roches, des rives, par l'action de l'eau (ou du vent).

F  Frayère

Lieu où les poissons déposent leurs oeufs et les fécondent.

I IBGN

Indice Biologique Global Normalisé (voir aussi sous « qualité biologique» et sous « objectifs de qualité») évalué de 0 à 20 tel que:

 

   Qualité               IBGN

  très bonne        17 à 20

         bonne       13 à 16

     médiocre         9 à 12

     mauvaise        5 à 8

très mauvaise  <= à 4

 

           IPC (indice de pollution chimique)

 

 

 

 

 

-

Appréciation

DOD5

COD

Ammonium

P soluble

IPC

 

mgll

mgll

(NH4+) mg N/l

mg P/l

 

non polluée

- de 1,8

- de 1,3

- de 0,04

- de 0,03

- de 1,5

faible

1,8 à 3,0

1,3 à 2,0

0,04 à 0,15

0,03 à 0,10

1,5 à 3,1

nette

3,0 à 5,0

2,0 à 3,5

O,15 à O,4

0,10 à 0,3

3,1 à 8,0

forte

+ de 5,0

+ de 3,5

+ de 0,4

+ de 0,3

+ de 8,0

 

 

 

 

 

 

 

IPC (indice de pollution chimique)

Paramètre intégrateur qui regroupe en un seul chiffre les valeurs des quatre paramètres chimiques d'appréciation de la qualité des eaux (DBO5, COD, NH4 +, Psol). La valeur de chaque paramètre est normalisée en la divisant par la valeur d'appréciation la plus basse (limite de la classe eau non polluée). L'IPC est la moyenne des quatre valeurs ainsi normalisées (voir le tableau ci-dessus).

L Lit

Creux naturel du sol, canal dans lequel coule un cours d'eau. Un lit mineur peut, naturellement ou artificiellement, être creusé dans le lit majeur. En période de basses eaux, l'évaporation est ainsi limitée.

M Mise en séparatif

Séparation des eaux usées (polluées) des eaux claires (non polluées).

 

N NH4+ (ammonium)

Sous forme dissoute dans l'eau, l'ammoniac (NH3) se trouve majoritairement sous forme d'ions ammonium (NH4+). Il provient essentiellement des engrais agricoles et des effluents de STEP, sauf celles qui procèdent à la nitrification. L'ammoniac peut être toxique pour les poissons et la faune benthique. L'homme produit chaque jour environ 10 g d'azote qui passe rapidement sous forme ammoniacale dans les eaux usées.

Nival, e

Qui a rapport à la neige ou à la fonte des neiges.

N03 -(nitrate)

Espèce chimique ayant essentiellement pour origine les engrais agricoles et les effluents de STEP. C'est un engrais pour les plantes aquatiques et les algues.

 

O 0bjectifs de qualité

Les principaux paramètres utilisés en France pour juger de la qualité de l'eau et fixer des objectifs de qualité sont:

 

Critère:

1A

1B

2

3

HC

Qualité:

Excellente

Bonne

Moyenne

Médiocre

Hors classe

DB05 (mg O2/l)

<3

3 à 5

5 à 10

10 à 25

> 25

OCO (mg O2/l)

<= 20

20 à 25

25 à 40

40 à 80

> 80

NH4+ (mg N/l)

<= 0,08

0,08 à 0,4

0,4 à 1,5

1,5 à 6,2

> 6,2

IBGN

>= 17

16 à 13

12 à 9

8 à 5

<=4

 

Ordonnance fédérale (ODEU)

L'ordonnance fédérale sur le déversement des eaux usées du 8 décembre 1975 fixe en particulier les objectifs suivants en matière de qualité physico-chimique pour les eaux courantes: DBO5 < 4 mg 02/l, COD < 2 mg C/l, NH4+ < 0,5 mg N/l, NO5 < 25 mg/l.

Le 1er janvier 1999 est entrée en vigueur l'ordonnance sur la protection des eaux (OEaux) dont les objectifs sont légèrement différents.

Pour des raisons de cohérence avec les autres 1 fiches, l'utilisation de ODEU a été maintenue.

   Ornithologique

    Relatif aux oiseaux.

P Piscicole

Qui a rapport aux poissons.

Pluvial, e

Qui a rapport à la pluie.

p soluble (phosphore soluble)

Forme du phosphore qui a essentiellement pour origine les engrais agricoles et les effluents de STEP sans déphosphatation. C'est un engrais pour les plantes aquatiques et les algues. L’homme produit chaque jour environ 1,5 à 2 grammes de phosphore.

Q Qualité biologique

L’analyse de la qualité biologique exprime les effets des dégradations chimiques et physiques du milieu sur les organismes aquatiques. Elle est basée sur l'observation de la faune benthique qui détermine un indice de qualité biologique globale normalisé de l'eau (voir IBGN) allant de 1 à 20 et qui permet de classer les cours d'eau en 5 catégories.

Qualité physico-chimique

Les paramètres physico-chimiques les plus couramment mesurés sont le pH (degré d'acidité), la conductivité, l'oxygène dissous, la OB05, ainsi que la teneur en phosphore, sulfate, chlorure, COD, calcium, magnésium et en différentes formes de l'azote. La recherche de produits antiparasitaires, de micropolluants et de métaux lourds peut compléter ces analyses.

Qualité sanitaire

La qualité sanitaire est évaluée selon des critères chimiques et surtout bactériologiques qui permettent d'apprécier si une eau peut être destinée à la baignade. La qualité bactériologique et la protection piscicole font que la baignade est déconseillée dans toutes les rivières genevoises.

R Régime

Ensemble des phénomènes régissant les variations de débit d'un cours d'eau: glaciaire (qui dépend de la fonte des glaciers), nival (alimenté par les neiges) ou pluvial (qui dépend des pluies).

Réseau primaire (Etat)

Collecteurs principaux conduisant les égouts aux STEP

Réseau secondaire (Communes) Canalisation des eaux usées reliant les habitations ou industries au réseau primaire, et les eaux pluviales vers le milieu récepteur.

Réseau privé

Canalisations de petit diamètre partant des éviers, WC, baignoires, etc., raccordées au réseau secondaire des égouts.

Réseau ou système séparatif

Système composé de deux réseaux distincts, l'un conduisant les eaux usées vers une STEP, l'autre conduisant les eaux pluviales vers le milieu naturel (rivière, lac).

Réseau ou système unitaire Réseau d'égouts collectant les eaux usées et les eaux de ruissellement (nivales et pluviales) dans une même canalisation.

Ripisylves

Arbustes des rives.

Roselière

Lieu où poussent des roseaux.

S Station d'épuration (STEP)

   Station d'épuration des eaux usées d'origine domestique ou industrielle.

Statut du cours d'eau

Sur sol suisse, le propriétaire responsable de l'entretien du cours d'eau peut être le canton, une commune ou un privé. Sur sol français, la propriété des cours d'eau peut être publique ou privée et s'arrête alors au centre du lit.

T Trentennal

       Qui peut avoir lieu tous les trente ans environ.

Vue sur l"ouest du lac de Machilly.

 

Fiches-rivières déjà parues:

N° 1 L'Allondon (2éme édition)

N° 2 La Versoix (épuisée)

N° 3 L'Aire

N° 4 L'Hermance

N° 5 La Drize

N° 6 La Laire

N° 7 L'Arve

N° 8 Le Foron

 

Fiches-rivières à paraître:

Le Rhône

La Seymaz et ses affluents

La Versoix (réédition)

Le Marquet - Gobé – Vengeron

Le Nant d'Avril

 

Pour toute information: Service cantonal d'écotoxicologie

23, avenue Sainte-Clotilde Case postale 78

1211 Genève 8

Tél. 022 / 781 01 03

 

 

Bassin versant* du Foron.

 

Nov. 2000