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Le désastre écologique qui a
frappé l’Allondon dans la nuit du 27 au 28 août dernier réunit
autorités françaises et genevoises autour d’un principe
fondamental: "Les équilibres écologiques ne connaissent pas de
frontières." Hier, le chef du Département de l’intérieur, de
l’agriculture et de l’environnement (DIAEE) Robert Cramer et le
vice-président de la Communauté de communes du Pays de Gex (CCPG),
Guy Maurin ont convoqué la presse pour faire part des mesures
entreprises en commun pour que l’Allondon ne connaisse "plus
jamais ça!".
"Ça",
ce sont des milliers de poissons morts et une faune aquatique dévastée
sur la quasi-totalité du cours d’eau. Il faudra quatre à cinq ans
pour que la rivière retrouve son équilibre. La station d’épuration
de Saint-Genis-Pouilly a également souffert. Il a fallu plusieurs
jours pour que le traitement bactériologique reprenne une activité
normale.
La
société Faborga a reconnu être à l’origine de la pollution. Elle
explique le désastre par la rupture d’une pompe et se dit prête à
tout mettre en œuvre pour réparer ses méfaits.
Pollutions
récurrentes
La
pollution de l’Allondon est un problème récurrent. Les STEP de
Saint-Genis-Pouilly et de Prévessin-Moëns sont trop petites et trop
vieilles pour faire face tant à l’augmentation de la population
qu’à l’implantation de nouvelles entreprises dans le Pays de Gex.
Surchargées, leurs débordements sont la source de petites
pollutions; notamment lors de fortes précipitations. D’autre part,
la rivière est régulièrement victime de ce que Robert Cramer
appelle "des accidents". Cet été, l’Allondon en a subit
deux. Le premier remonte à mi-juillet. Près d’un millier de
poissons avaient déjà crevé, suite au déversement, par des
agriculteurs du Mandement, de produits phytosanitaires. "Quant
au second - celui du 27 et 28 août -, ses conséquences sont
catastrophiques!", s’exclame le conseiller d’Etat genevois.
Mesures
envisagées
Consciente
des lacunes de ses STEP, la Communauté de communes du Pays de Gex
étudie trois possibilités pour améliorer les rejets de ses stations
dans les rivières. Première option: la réhabilitation, voire la
reconstruction des stations d’épuration existantes. Seconde
possibilité: la construction d’une nouvelle STEP remplaçant les
deux qui sont en service actuellement. Dernière solution envisagée:
le raccordement des stations françaises de Saint-Genis-Pouilly et
de Prévessin-Moëns au réseau de collecte suisse pour un traitement
à la STEP du Nant-d’Avril. Les élus de la CCPG se sont donné
jusqu’à la fin de cette année pour prendre une décision.
Autorités
suisses et françaises ont également adopté cinq "mesures
immédiates" pour protéger l’Allondon: 1) mise en place d’une
cellule d’alerte en cas de problème; 2) construction
d’installations de surveillance en continu des déversoirs d’orage;
3) vérification des différentes canalisations aboutissant dans les
rivières; 4) récupération des bouillies phytosanitaires dans la
région de Peissy-Satigny; 5) campagne d’information des deux côtés
de la frontière.
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