Samedi 29 septembre 2001 17h21

 

 

Pollution de l’Allondon: autorités françaises et genevoises s’allient (29/09/2001)

 

COOPÉRATION - La STEP du Nant-d’Avril pourrait recevoir les eaux usées françaises.

 

 

 

CHRISTOPHE MINDER

 

Le désastre écologique qui a frappé l’Allondon dans la nuit du 27 au 28 août dernier réunit autorités françaises et genevoises autour d’un principe fondamental: "Les équilibres écologiques ne connaissent pas de frontières." Hier, le chef du Département de l’intérieur, de l’agriculture et de l’environnement (DIAEE) Robert Cramer et le vice-président de la Communauté de communes du Pays de Gex (CCPG), Guy Maurin ont convoqué la presse pour faire part des mesures entreprises en commun pour que l’Allondon ne connaisse "plus jamais ça!".

"Ça", ce sont des milliers de poissons morts et une faune aquatique dévastée sur la quasi-totalité du cours d’eau. Il faudra quatre à cinq ans pour que la rivière retrouve son équilibre. La station d’épuration de Saint-Genis-Pouilly a également souffert. Il a fallu plusieurs jours pour que le traitement bactériologique reprenne une activité normale.

La société Faborga a reconnu être à l’origine de la pollution. Elle explique le désastre par la rupture d’une pompe et se dit prête à tout mettre en œuvre pour réparer ses méfaits.

Pollutions récurrentes

La pollution de l’Allondon est un problème récurrent. Les STEP de Saint-Genis-Pouilly et de Prévessin-Moëns sont trop petites et trop vieilles pour faire face tant à l’augmentation de la population qu’à l’implantation de nouvelles entreprises dans le Pays de Gex. Surchargées, leurs débordements sont la source de petites pollutions; notamment lors de fortes précipitations. D’autre part, la rivière est régulièrement victime de ce que Robert Cramer appelle "des accidents". Cet été, l’Allondon en a subit deux. Le premier remonte à mi-juillet. Près d’un millier de poissons avaient déjà crevé, suite au déversement, par des agriculteurs du Mandement, de produits phytosanitaires. "Quant au second - celui du 27 et 28 août -, ses conséquences sont catastrophiques!", s’exclame le conseiller d’Etat genevois.

Mesures envisagées

Consciente des lacunes de ses STEP, la Communauté de communes du Pays de Gex étudie trois possibilités pour améliorer les rejets de ses stations dans les rivières. Première option: la réhabilitation, voire la reconstruction des stations d’épuration existantes. Seconde possibilité: la construction d’une nouvelle STEP remplaçant les deux qui sont en service actuellement. Dernière solution envisagée: le raccordement des stations françaises de Saint-Genis-Pouilly et de Prévessin-Moëns au réseau de collecte suisse pour un traitement à la STEP du Nant-d’Avril. Les élus de la CCPG se sont donné jusqu’à la fin de cette année pour prendre une décision.

Autorités suisses et françaises ont également adopté cinq "mesures immédiates" pour protéger l’Allondon: 1) mise en place d’une cellule d’alerte en cas de problème; 2) construction d’installations de surveillance en continu des déversoirs d’orage; 3) vérification des différentes canalisations aboutissant dans les rivières; 4) récupération des bouillies phytosanitaires dans la région de Peissy-Satigny; 5) campagne d’information des deux côtés de la frontière.