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Conseil d'Etat

Point de presse du mercredi 5 septembre 2001

 

 AFFAIRES GENEVOISES

 

Pollution de l'Allondon, l'Etat de Genève demande réparation

Suite à la grave pollution qu'a subi l'Allondon, dans la nuit du 27 au 28 août 2001 et à ses conséquences catastrophiques sur l'écosystème de cette rivière, le Conseil d'Etat a décidé d'intervenir par toutes voies de droit civiles, administratives et pénales, en vue d'obtenir réparation du dommage et afin que des sanctions soient prises à l'encontre de ses auteurs.

Rappel des faits. Dans la nuit du 27 au 28 août 2001, un produit toxique s'est déversé dans le cours d'eau et a également perturbé le fonctionnement de la station d'épuration française de Saint-Genis, dont l'effluent s'écoule dans l'Allondon; plusieurs milliers de poissons (truites fario, ombres de rivière, chabots) sont morts.

Alertés, le SIS (Service cantonal d'incendie et de secours), les collaborateurs du service des contrôles de l'assainissement (SCA) et les gardes de l'environnement du SFPNP (Service cantonal des forêts, de la protection de la nature et du paysage) sont immédiatement intervenus. Après 60 heures de travail, l'hécatombe ne faisait plus de doute : 1700 poissons avaient été ramassés.

Le 29 août, les autorités françaises nous informaient avoir trouvé le responsable et identifié le produit toxique, de la soude caustique, déversée dans des conditions qui doivent encore être établies, dans le réseau des eaux claires puis dans celui des eaux usées. Une instruction pénale, dans laquelle l'Etat de Genève entend se constituer partie civile, s'est immédiatement ouverte en France.

Des prélèvements opérés dès le 29 août par le service d'hydrobiologie ont révélé que la macrofaune avait été gravement atteinte, mettant en péril la survie de toute la faune pour laquelle elle sert de nourriture de base. Afin d'évaluer le dommage sur la piscifaune, des pêches de contrôle ont eu lieu le 3 septembre sur tout le cours suisse et limitrophe de l'Allondon. Des pêches d'inventaire effectuées en été 2000 servent aujourd'hui de référence. La mortalité a été totale jusqu'à 5 kilomètres en aval de la station d'épuration de St-Genis, allant ensuite en décroissant jusqu'au secteur de l'embouchure qui ne semble pas avoir été touché. Au vu des premiers résultats, on peut d'ores et déjà estimer que 4 à 5 ans d'efforts seront nécessaires pour remettre le cours d'eau en état.

Le Conseil d'Etat rappelle les mesures d'urgence déjà prises et les mesures à long terme envisagées.

Mesures d'urgence. Par arrêté du Conseil d'Etat du 29 août, la pêche et la baignade ont été interdites jusqu'à nouvel avis.

Mesures à plus long terme. Un plan d'assainissement est à l'étude avec les autorités françaises pour discuter du projet de raccordement des eaux usées suisses et françaises et de l'extension de la station d'épuration du Nant d'Avril située sur Suisse dont l'effluent s'écoule dans le Rhône. Par ailleurs, le gouvernement genevois entend élaborer rapidement, d'entente avec ses partenaires français, un plan de mesures afin de préserver autant que possible la qualité de l'Allondon face aux accidents qui risquent hélas de se reproduire encore d'ici la construction d'une nouvelle station d'épuration.


Chancellerie d'Etat