Conseil d'Etat

Point de presse du mercredi 29 août 2001

 

AFFAIRES GENEVOISES

Pollution de l'Allondon : le Conseil d'Etat interdit baignade et pêche jusqu'à nouvel avis

Le Conseil d'Etat a pris un arrêté interdisant, jusqu'à nouvel avis, la pêche et la baignade dans les eaux de l'Allondon.

Dans la nuit du 27 au 28 août 2001, le déversement d'un produit toxique a perturbé le fonctionnement de la station d'épuration de Saint-Genis, dont l'effluent s'écoule dans l'Allondon. Des eaux polluées se sont déversées dans la rivière entraînant la mort de plus d'un millier de poissons (truites fario, ombres de rivière, chabots). Alerté, le SIS (Service d'incendie et de secours) s'est immédiatement rendu sur le terrain, rapidement rejoint par les inspecteurs du service des contrôles de l'assainissement (SCA), puis par les gardes de l'environnement du SFPNP (Service cantonal des forêts, de la protection de la nature et du paysage), ainsi que par les responsables français. Au début de l'après-midi du 28 août, 900 poissons avaient déjà été ramassés morts.

Cette mortalité, qui s'ajoute à celles déjà constatées ces dernières années, voire le mois dernier ( !), constitue une nouvelle et catastrophique atteinte aux populations de salmonidés de cette rivière.

L'accident s'étant produit sur France, il appartient aux autorités concernées d'en rechercher les causes et de prendre les mesures qui s'imposent. Pour sa part, le canton de Genève entend dénoncer cette pollution très grave du patrimoine naturel et piscicole unique de l'Allondon.

Le Conseil d'Etat a décidé d'interdire la pêche et la baignade dans l'Allondon jusqu'à nouvel avis. Ceci afin de préserver les derniers poissons sauvages qui auraient survécu à l'hécatombe et du fait du déversement d'eaux usées mal épurées dans la rivière qui présentent un risque sanitaire. Ces mesures d'urgence sont temporaires, elles seront levées dès que la situation le permettra.

D'autres mesures à plus long terme sont également prévues et en cours d'étude. Afin de résoudre le problème récurrent du dysfonctionnement des stations d'épuration déversant leurs eaux dans l'Allondon, un plan d'assainissement est à l'étude dans le cadre d'un contrat de rivière transfrontalier. Le conseiller d'Etat, Robert Cramer rencontrera prochainement les responsables français de la Communauté de communes du Pays de Gex pour discuter d'un projet de raccordement des eaux usées suisses et françaises et de l'extension de la station d'épuration du Nant-d'Avril située sur Suisse dont l'effluent s'écoule dans le Rhône. Cette rencontre, agendée de longue date pour la fin septembre, doit permettre d'accélérer les processus de concertation afin que la construction puisse débuter dès 2005.

Sans attendre ces réalisations, le gouvernement genevois entend élaborer rapidement un plan de mesures, d'entente avec les autorités françaises compétentes, afin de préserver la qualité de l'Allondon et de prévenir mieux les accidents d'ici la construction d'une nouvelle station d'épuration.

Par ailleurs, le Conseil d'Etat sera attentif à ce que les responsables de cette pollution soient recherchés et amenés à assumer leurs responsabilités conformément au droit.

Conseil d'Etat

Point de presse du jeudi 26 Juillet 2001

 

Conseil de l'environnement:
compétences étendues et composition élargie

Le conseil de l'environnement a été institué par la loi d'application de la loi fédérale sur la protection de l'environnement du 2 octobre 1997. L'article 3 de cette loi attribue au conseil de l'environnement des compétences en matière de protection de l'environnement.
Dès mars 2001, la mission du conseil de l'environnement a été étendue par l'adoption, par le Grand Conseil, de la loi sur l'action publique en vue d'un développement durable (Agenda 21). En particulier, l'article 6 de cette loi détaille la mission et les compétences du conseil de l'environnement en matière de développement durable.
Le règlement du conseil de l'environnement est donc modifié et intègre ces éléments : le conseil est consulté avant le dépôt de projets modifiant la loi sur l'action publique en vue d'un développement durable, il est associé à l'élaboration du calendrier de législature et participe à l'évaluation de la mise en oeuvre de la stratégie en vue d'un développement durable. Par ailleurs, il participe à l'attribution du prix et des bourses du développement durable visant à soutenir et encourager la réalisation de projets spécifiques en la matière.
De même, la composition du conseil de l'environnement, qui doit refléter ses nouvelles compétences en matière de développement durable, est élargie. Précédemment composé de représentants des milieux de la protection de l'environnement et des milieux économiques, le conseil, dont le nombre de membres passe de 16 à 24, s'ouvre à la composante sociale du développement durable.
Le secrétariat du conseil de l'environnement est assuré par le service cantonal du développement durable.

Les cours d'eau genevois protégés par la loi

Le projet de loi modifiant la loi sur les eaux (L 2 05), adopté par le Conseil d'Etat, propose d'offrir une protection juridique claire aux cours d'eau, en vue de préserver ces espaces naturels rares et précieux ainsi que des espèces végétales et animales menacées. Il donne également une base légale aux zones de danger dû aux crues et définit leurs conséquences juridiques du point de vue de l'aménagement du territoire.
Par le biais d'un nouvel instrument de planification, ce projet de loi fixe permet de fixer les objectifs de qualité des eaux, de régler la gestion quantitative des cours d'eau, de veiller à une utilisation parcimonieuse de l'eau, de définir et de gérer l'espace nécessaire aux cours d'eau.
Ce projet introduit également une coordination formelle et matérielle en matière de gestion des eaux. Il prévoit que tout projet qui ne relève pas de la loi sur les constructions et installations diverses ou de la loi fédérale sur la pêche tombe sous le coup de la loi sur les eaux, et doit de ce fait être approuvé par le département chargé de l'environnement. Il rappelle en outre des principes déjà connus en matière de droit environnemental, à savoir les principes de prévention et de causalité, et le devoir de renseigner.