Monsieur le Conseiller d'Etat,

La Commission de la pêche tient à vous faire part d'un sujet qui la préoccupe considérablement. En effet, depuis maintenant plusieurs années, L'Allondon subit des pollutions chronique liées probablement aux rejets des STEPS de St-Genis et de Prévessin. Des faits encore plus inquiétants -puisqu'il y a eu mortalité importante de poissons -se sont produits pendant la période estivale et ceci les trois dernières années. A chaque fois le même scénario se répète: après une période d'étiage, puis la survenue d'orages, des pêcheurs alertent le SFPNP et le SIS que des poissons morts dérivent dans le secteur de la Haute-Allondon et, à chaque fois, la mortalité de poissons est constatée sans que l'on puisse de manière certaine en déterminer la cause. Ou est-elle hélas trop bien connue ?

Alors que des efforts importants sont consentis par les sociétés de pêche afin de favoriser le repeuplement naturel sur le secteur aval de l'Allondon, alors que l'on s'efforce de préserver les géniteurs potentiels en créant un parcours à gestion différenciée sur le même tronçon, alors que l'on crée des conditions favorables à la migration des truites et ombres ...des pollutions, chroniques ou aiguës, viennent régulièrement anéantir une partie de la faune piscicole de ce cours d'eau. Cette situation n'a que trop duré !!

Le contrat-rivière transfrontalier du Pays de Gex va entrer maintenant dans une phase cruciale. Il est impératif que tous les acteurs politiques soient mis devant leurs responsabilités: on ne pourra plus continuer à déverser des eaux de STEPS dans le bassin versant de l'Allondon. Il est probable que la seule solution viable et réaliste pour sauver cette rivière consistera, d'une part à raccorder le réseau d'assainissement de tout le Pays de Gex à la STEP d'Aïre et, d'autre part, d'approvisionner ce même secteur en eau potable à partir du Lac Léman. Ce n'est qu'à ces conditions que les cours d'eau du pied du Jura retrouveront leur qualité d'antan.

Enfin, la pollution survenue à la fin juillet 2000, nous a démontré de manière très criante les faiblesses du réseau d'alerte en cas de pollution d'un cours d'eau sur territoire genevois. La procédure d'alerte et l'information aux différents services méritent d'être repensées très rapidement.

En vous remerciant de votre intervention afin de résoudre dans les délais les plus brefs ces problèmes, et à votre disposition pour toute information complémentaire qui vous ferait défaut, je vous prie de croire, Monsieur le Conseiller d'Etat, à l'expression de ma parfaite considération.

Le président de la CP: Pierre REICHENBACH