Allondon: le coupable plaide la défaillance technique (07/09/2001)

 

POLLUTION - Une pompe défaillante est à l’origine du sinistre.

 

 

 

CHRISTOPHE MINDER

  Pascal Frautschi

Le coupable a avoué. La société Faborga, installée dans le technoparc de Saint-Genis-Pouilly, a reconnu être à l’origine du désastre écologique de l’Allondon. Son gérant, Gabriel Martiner, plaide la défaillance technique. "Aucune erreur humaine n’a été commise. C’est une pompe défectueuse qui s’est déclenchée accidentellement et qui a provoqué la pollution", déclare le responsable. "Ce qui a été raconté dans la presse jusqu’à ce jour est complètement faux." Si les responsables de la Communauté de communes du Pays-de-Gex ne remettent pas en cause la dernière explication du patron, ils relèvent cependant qu’elle a évolué radicalement depuis le jour de l’accident. "Ils ont livré des versions différentes et contradictoires tout au long de l’affaire", dénonce Dominique Bertin, chargé de mission à la CCPG. "On a beaucoup de mal à comprendre ce qui s’est véritablement passé." Autre bémol: le taux d’acidité du produit incriminé. Gabriel Martiner affirme que son PH était proche de 9. "C’est faux", rétorque Dominique Bertin. "Le garde-pêche a pris des mesures le mardi après-midi devant lui à la sortie de l’entreprise. Et le PH dépassait les 12." Genève demande réparation Deux plaintes ont été déposées. La première contre X par la CCPG, la seconde contre Faborga par la mairie de Saint-Genis. Une enquête est en cours. Côté suisse, le Conseil d’Etat a déclaré mercredi avoir "décidé d’intervenir par toutes les voies de droit civiles, administratives et pénales dans le cadre de la procédure ouverte en France en vue d’obtenir réparation et dommage et afin que des sanctions soient prises à l’encontre de ses auteurs". En outre, le conseiller d’Etat Robert Cramer continue de rencontrer les autorités françaises afin de résoudre les problèmes récurrents des STEP de Saint-Genis-Pouilly et de Prévessins.

Deux projets sont envisagés: la construction d’une nouvelle station à Thoiry et le raccordement des canalisations françaises sur la STEP suisse du Nant-d’Avril. "Je vois mal cependant un chantier s’ouvrir avant 2005 et on ne peut pas attendre si longtemps pour faire quelque chose. Des mesures seront prises d’ici là pour préserver la qualité de l’Allondon face aux accidents qui risquent hélas de se reproduire d’ici la construction d’une nouvelle station", informe le magistrat.

Premières estimations

Mandatée par la CCPG, la société de biologie appliquée Gren a effectué lundi des pêches électriques afin de déterminer l’ampleur des dégâts occasionnés par le produit chimique. "La mortalité est totale sur près de la moitié de la rivière", relate le biologiste Jean-Daniel Pilotto. "On espère que les poissons qui ont survécu en aval recoloniseront la rivière. Quoi qu’il en soit, il faudra quatre à cinq ans pour que l’Allondon retrouve son équilibre." Quant à la station d’épuration de Saint-Genis-Pouilly, ses responsables affirment qu’elle fonctionne à nouveau depuis jeudi dernier. De son côté, le patron de Faborga Gabriel Martiner se dit décidé à faire le nécessaire pour réparer les dégâts. "Nous sommes navrés de ce qui est arrivé. Nous allons réhabiliter l’Allondon le plus vite possible, à nos frais et sans attendre les indemnités de nos assurances", promet-il.