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Le coupable a avoué. La société Faborga, installée dans
le technoparc de Saint-Genis-Pouilly, a reconnu être à l’origine du
désastre écologique de l’Allondon. Son gérant, Gabriel Martiner, plaide la
défaillance technique. "Aucune erreur humaine n’a été commise. C’est
une pompe défectueuse qui s’est déclenchée accidentellement et qui a
provoqué la pollution", déclare le responsable. "Ce qui a été
raconté dans la presse jusqu’à ce jour est complètement faux." Si les
responsables de la Communauté de communes du Pays-de-Gex ne remettent pas en
cause la dernière explication du patron, ils relèvent cependant qu’elle a
évolué radicalement depuis le jour de l’accident. "Ils ont livré des
versions différentes et contradictoires tout au long de l’affaire",
dénonce Dominique Bertin, chargé de mission à la CCPG. "On a beaucoup
de mal à comprendre ce qui s’est véritablement passé." Autre bémol: le
taux d’acidité du produit incriminé. Gabriel Martiner affirme que son PH
était proche de 9. "C’est faux", rétorque Dominique Bertin. "Le
garde-pêche a pris des mesures le mardi après-midi devant lui à la sortie
de l’entreprise. Et le PH dépassait les 12." Genève demande réparation
Deux plaintes ont été déposées. La première contre X par la CCPG, la
seconde contre Faborga par la mairie de Saint-Genis. Une enquête est en
cours. Côté suisse, le Conseil d’Etat a déclaré mercredi avoir "décidé
d’intervenir par toutes les voies de droit civiles, administratives et
pénales dans le cadre de la procédure ouverte en France en vue d’obtenir
réparation et dommage et afin que des sanctions soient prises à l’encontre
de ses auteurs". En outre, le conseiller d’Etat Robert Cramer continue
de rencontrer les autorités françaises afin de résoudre les problèmes
récurrents des STEP de Saint-Genis-Pouilly et de Prévessins.
Deux projets sont
envisagés: la construction d’une nouvelle station à Thoiry et le
raccordement des canalisations françaises sur la STEP suisse du
Nant-d’Avril. "Je vois mal cependant un chantier s’ouvrir avant 2005
et on ne peut pas attendre si longtemps pour faire quelque chose. Des
mesures seront prises d’ici là pour préserver la qualité de l’Allondon face
aux accidents qui risquent hélas de se reproduire d’ici la construction
d’une nouvelle station", informe le magistrat.
Premières estimations
Mandatée par la CCPG, la
société de biologie appliquée Gren a effectué lundi des pêches électriques
afin de déterminer l’ampleur des dégâts occasionnés par le produit
chimique. "La mortalité est totale sur près de la moitié de la
rivière", relate le biologiste Jean-Daniel Pilotto. "On espère
que les poissons qui ont survécu en aval recoloniseront la rivière. Quoi
qu’il en soit, il faudra quatre à cinq ans pour que l’Allondon retrouve son
équilibre." Quant à la station d’épuration de Saint-Genis-Pouilly, ses
responsables affirment qu’elle fonctionne à nouveau depuis jeudi dernier.
De son côté, le patron de Faborga Gabriel Martiner se dit décidé à faire le
nécessaire pour réparer les dégâts. "Nous sommes navrés de ce qui est
arrivé. Nous allons réhabiliter l’Allondon le plus vite possible, à nos
frais et sans attendre les indemnités de nos assurances", promet-il.
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