60 000 jeunes poissons déménagent dans l’Allondon (15/04/2002)
 
Ce repeuplement lutte contre les désastres écologiques subis par la rivière.
 
MÉLANIE CHAPPUIS
  Photo Laurent Guiraud
Ils sont jeunes, vigoureux et facilement adaptables à leur nouveau milieu. Ces 60 000 alevins, immergés samedi matin dans l’Allondon par une cinquantaine de pêcheurs et de personnes soucieuses de l’écologie, ont une importante mission. Ils doivent redonner vie à un cours d’eau déserté par les poissons, à cause d’une pollution trop conséquente.

La campagne de repeuplement du week-end dernier, mise en place par le Département de l’intérieur, de l’agriculture et de l’environnement et par la Commission de la pêche, fait suite à celle, plus modeste, qui a eu lieu en septembre dernier. Elle est la seconde d’une série qui durera jusqu’à la fin de l’année.

Placées, dès 9 heures du matin, sur les secteurs peu accessibles de la rivière, des équipes de deux personnes ont mis les alevins à l’eau tout au long du parcours. Grâce à cette opération, soucieuse d’une répartition homogène, chaque mètre carré de l’Allondon comptera au moins un poisson.

Le travail achevé, les participants se sont retrouvés autour d’un apéritif au Café des Granges, en bordure de l’Allondon. Heureux du bon déroulement de la manifestation, chacun songeait pourtant déjà aux prochaines étapes d’assainissement de la rivière. Robert Cramer le premier.

Pression humaine

Le conseiller d’Etat s’est d’abord félicité du succès de l’opération, "fruit des efforts conjoints des autorités françaises et genevoises, des sociétés de pêche et de la population". Mais il sait que la résurrection de l’Allondon dépend d’une action à longue échéance.

En juillet 2001, la rivière est victime d’une grave pollution en raison d’un traitement des vignes sur sol helvétique, peu respectueux de la faune aquatique. En août de la même année, c’est un dysfonctionnement survenu à la station d’épuration de Saint-Genis-Pouilly qui est à l’origine d’un nouveau désastre écologique. A ces deux catastrophes, s’ajoute la pression humaine, responsable de pollutions chroniques que subit quotidiennement le cours d’eau.

A l’heure actuelle, les autorités franco-genevoises prennent des mesures de surveillance des sites industriels et informent la population, en particulier les ouvriers ruraux, des risques de pollution. Parallèlement, elles créent des emplacements pour nettoyer les machines agricoles qui fonctionnent avec des produits chimiques.

A long terme, les autorités s’acheminent vers une mise hors service des stations d’épuration "Gex" et "Allondon", toutes deux du côté français. Leur abandon engendrera soit la construction d’une nouvelle station, soit une transmission de leur compétence à la station du Nant-d’Avril, agrandie pour l’occasion. Sur ses consœurs françaises, la station suisse a l’avantage d’être au bord du Rhône, un cours d’eau plus grand et mieux à même de supporter la pollution.