Ils sont jeunes,
vigoureux et facilement adaptables à
leur nouveau milieu. Ces 60 000 alevins,
immergés samedi matin dans l’Allondon
par une cinquantaine de pêcheurs et de
personnes soucieuses de l’écologie,
ont une importante mission. Ils doivent
redonner vie à un cours d’eau déserté
par les poissons, à cause d’une
pollution trop conséquente.
La campagne de repeuplement du
week-end dernier, mise en place par le Département
de l’intérieur, de l’agriculture et
de l’environnement et par la
Commission de la pêche, fait suite à
celle, plus modeste, qui a eu lieu en
septembre dernier. Elle est la seconde
d’une série qui durera jusqu’à la
fin de l’année.
Placées, dès 9 heures du matin, sur
les secteurs peu accessibles de la rivière,
des équipes de deux personnes ont mis
les alevins à l’eau tout au long du
parcours. Grâce à cette opération,
soucieuse d’une répartition homogène,
chaque mètre carré de l’Allondon
comptera au moins un poisson.
Le travail achevé, les participants
se sont retrouvés autour d’un apéritif
au Café des Granges, en bordure de l’Allondon.
Heureux du bon déroulement de la
manifestation, chacun songeait pourtant
déjà aux prochaines étapes
d’assainissement de la rivière.
Robert Cramer le premier.
Pression humaine
Le conseiller d’Etat s’est
d’abord félicité du succès de
l’opération, "fruit des efforts
conjoints des autorités françaises et
genevoises, des sociétés de pêche et
de la population". Mais il sait que
la résurrection de l’Allondon dépend
d’une action à longue échéance.
En juillet 2001, la rivière est
victime d’une grave pollution en
raison d’un traitement des vignes sur
sol helvétique, peu respectueux de la
faune aquatique. En août de la même
année, c’est un dysfonctionnement
survenu à la station d’épuration de
Saint-Genis-Pouilly qui est à
l’origine d’un nouveau désastre écologique.
A ces deux catastrophes, s’ajoute la
pression humaine, responsable de
pollutions chroniques que subit
quotidiennement le cours d’eau.
A l’heure actuelle, les autorités
franco-genevoises prennent des mesures
de surveillance des sites industriels et
informent la population, en particulier
les ouvriers ruraux, des risques de
pollution. Parallèlement, elles créent
des emplacements pour nettoyer les
machines agricoles qui fonctionnent avec
des produits chimiques.
A long terme, les autorités
s’acheminent vers une mise hors
service des stations d’épuration
"Gex" et "Allondon",
toutes deux du côté français. Leur
abandon engendrera soit la construction
d’une nouvelle station, soit une
transmission de leur compétence à la
station du Nant-d’Avril, agrandie pour
l’occasion. Sur ses consœurs françaises,
la station suisse a l’avantage d’être
au bord du Rhône, un cours d’eau plus
grand et mieux à même de supporter la
pollution.